Grande commission mixte de coopération Mali Guinée: des ambitions projets en vue

La réalisation d’une voie de chemin de fer et l’interconnexion électrique entre le Mali et la Guinée Conakry ; la création d’une compagnie de navigation commune sur le fleuve Niger qui viendrait compléter la chaine du transport multimodal entre les deux pays ; la réalisation du barrage de Fomi appelé à réguler le cours supérieur du fleuve Niger, voilà autant d’ambitions exprimées par les ministres malien Abdoulaye DIOP, et guinéen, Bourema CONDÉ, à l’ouverture de la 8e session de la Grande commission mixte de coopération Mali-Guinée qui se tient depuis hier dans notre capitale.
Après une longue interruption de 7 ans consécutive à la situation de crise auquel notre pays faisait face, mais qui grâce à l’accompagnement de ses amis et de l’ensemble de la communauté internationale s’est remis debout pour prendre toute la place qui est la sienne dans les concerts des Nations, voilà que Maliens et Guinéens se retrouvent dans le cadre d’une Commission mixte de coopération. 8e du genre, depuis l’institution de cadre de dialogue entre nos deux, ces retrouvailles constituent donc une occasion à saisir par chacune des parties pour faire de cette session qui se tient dans notre capitale, un exemple de réussite. Pour ce faire, les experts des deux parties, rassemblés sur les hauteurs de Koulouba, dans la salle de conférence du ministère des Affaires étrangères, procèdent, depuis hier, à une évaluation de ce qui a été convenu à l’occasion de la précédente session qui s’est tenue à Conakry, en avril 2010. La rencontre devrait également permettre aux deux parties d’explorer les nouveaux axes de coopération tout en planchant sur les moyens de renforcer ceux déjà en cours.
En tous cas, cette 8e session de la Grande commission mixte de coopération se tient dans un contexte particulier à la fois pour le Mali que pour la Guinée.
Engagé dans un processus de paix après la crise multidimensionnelle qu’il a vécue, le Mali est en train de franchir, chaque jour davantage, de nouvelles étapes vers le retour définitif de la paix. Une réalité qui s’illustre par le parachèvement de la mise en place des autorités intérimaires, prévues par l’Accord pour la paix et la réconciliation, pour servir d’organes transitoires chargés de préparer l’avènement d’autorités régionales élues.
Le Mécanisme opérationnel conjoint (MOC) est également en œuvre pour sécuriser cette phase et préparer la démobilisation, le désarmement et la réinsertion des ex-combattants des groupes armés.
De même la Conférence d’entente nationale, qui vient de clore ses travaux, a permis de poser les bases politiques d’une charte qui permettra de mettre un terme définitif de la rébellion récurrente dans le septentrion malien et renforcer l’unité, la paix et la réconciliation.
À ce tableau reluisant, s’ajoutent des efforts fournis en matière d’assistance aux réfugiés et aux déplacés, de préparation de leur retour dans leurs terroirs ainsi que des actions en cours pour le développement économique et social au nord du Mali.
Si c’est avec fierté que le ministre des Affaires étrangères a égrené toutes ces avancées, il n’a pas non plus manqué de rappeler le défi le plus important pour le Mali qui reste : le retour de la sécurité et de l’autorité de l’État sur l’ensemble du territoire national. En toile de fond de cette priorité nationale, le ministre DIOP fait ainsi référence aux groupes terroristes qui ont décidé à faire échouer le processus de paix par des attaques multiples, aussi bien au Mali que dans certains pays voisins.
Occasion toute trouvée par le chef de la diplomatie malienne pour saluer la présence de la République de Guinée aux côtés du pays dans le cadre de la MINUSMA. Mais aussi de s’incliner devant la mémoire des soldats guinéens tombés sur-le-champ de l’honneur dans le cadre de la préservation de l’intégrité du territoire malien et l’unité de notre peuple.
En portant un regard rétrospectif sur le bilan et de ce qui a été convenu à l’occasion de la précédente session, le ministre DIOP se félicite de l’achèvement de la route Bamako- Kourémalé qui vient irriguer les relations humaines et économiques entre les deux pays. S’y ajoute le démarrage imminent des travaux de réalisation des routes Kangaba- Dioulafoundo-frontière guinéenne et Yanfolila-frontière guinéenne qui complètera le corridor Bamako-Conakry pour en faire un outil de développement et de rapprochement de nos deux États.
« Ces chantiers sont l’expression de la volonté de donner un accélérateur à la fluidification de la circulation des personnes et des biens entre les deux pays », a indiqué le maître des lieux pour qui la réalisation d’une voie de chemin de fer et l’interconnexion électrique entre les deux pays devront procéder de cette même ambition commune de donner une nouvelle dimension à la coopération entre le Mali et la Guinée.
Autre ambition exprimée par le ministre : la réalisation du barrage de Fomi appelé à réguler le cours supérieur du fleuve Niger et à faire reculer la crainte d’un assèchement de ce cordon ombilical surtout en période d’étiage.
Si les infrastructures sont en en train de se bâtir et qu’une base juridique minimale existe pour le développement du commerce transfrontalier et les investissements réciproques dans les deux pays, les ministres DIOP et CONDÉ ont rappelé aux experts présents que la voie du futur pour la coopération Mali-Guinée doit aussi passer, sitôt le cadre juridique renforcé et mis à jour, par l’exploration de toutes les opportunités économiques par les opérateurs des deux pays. À cet égard, ils ont appelé les deux parties à œuvrer à la création des conditions pour une plus grande dynamisation des relations commerciales, à travers un Forum économique, des séances de « B to B » et la création d’un Conseil d’affaires dans les meilleurs délais.
Parmi les pistes, le ministre des Affaires étrangères a proposé la création d’une compagnie de navigation commune sur le fleuve Niger qui viendrait compléter la chaine du transport multimodal entre les deux pays.
Quant à son homologue guinéen de l’Administration du territoire et de la décentralisation, il a annoncé l’ambition de son pays consistant à désenclaver le Mali, le Burkina et le Niger (pays enclavé et sans littoral), à travers la construction d’infrastructure dans les domaines du transport maritime, ferroviaire, routier sur la ligne Conakry-Bamako-Ouagadougou-Niamey.
En tout état de cause, les deux personnalités se disent convaincues que les actions de coopération identifiées et celles qui le seront à l’occasion de cette session offriront de nouvelles perspectives aux relations bilatérales qui devraient ainsi connaître un essor qualificatif.
Par Mohamed D. DIAWARA

Source : aBamako

aBamako

LAISSER UN COMMENTAIRE

Please enter your comment!
Please enter your name here