Plus de 25% des ménages maliens sont en insécurité alimentaire selon l’ENSAN 2017

Le rapport définitif de l’Enquête Nationale sur la Sécurité Alimentaire et Nutritionnelle (ENSAN 2017) qui vient d’être rendu disponible est un document de référence qui fournit des indicateurs clés sur la sécurité alimentaire et nutritionnelle des ménages.

Selon l’ENSAN 2017, plus de 25% des ménages maliens sont en insécurité alimentaire (essentiellement dans sa forme modérée 22% contre 3,6% pour la forme sévère) au niveau national. Cette évolution des chiffres de l’insécurité alimentaire cache d’importantes disparités de la situation de l’insécurité alimentaire qui existent entre les différentes régions, cercles et zones de moyens d’existence du Mali.

L’insécurité alimentaire touche principalement les ménages pauvres ; les ménages dirigés par des femmes et des personnes à faible niveau d’éducation (aucun ou simplement alphabétisée) ; les ménages vivant des dons et assistance, du travail journalier agricole et non agricole, de l’artisanat, de l’emprunt et de la mendicité ; les ménages ruraux.

L’insécurité alimentaire touche plus de 40% des ménages dans onze cercles. Il s’agit des cercles de Youwarou (74%) ; Gao (73%), Abeïbara (60%), Koro (57%), Douentza (56%), Kolokani (56%), Bandiagara (54%), Gourma Rharous (52%), Bankass (50%), Tominian (45%), Bafoulabe (45%).

Ils apparaissent actuellement comme des zones d’interventions prioritaires pour la lutte contre l’insécurité alimentaire au Mali. Il est important également d’inclure les autres cercles, principalement ceux dans les régions du nord et du sahel occidental, où la fragilité du contexte sécuritaire ainsi que la récurrence des chocs climatiques ne sont pas de nature à permettre des améliorations rapides de la sécurité alimentaire malgré les importants efforts déployés par l’Etat, le PAM, la FAO et tous les autres acteurs humanitaires oeuvrant dans cette zone.

Comparativement aux résultats de l’ENSAN de Février 2016 ; l’insécurité alimentaire s’est significativement détériorée dans sept cercles. Il s’agit des cercles d’Abeïbara plus de 50%, Gao 49%, Bafoulabe 37%, Youwarou 32%, Bandiagara 25%, Tin-Essako 24%, et Gourma Rharous 19%.

Les causes de la vulnérabilité à l’insécurité alimentaire des ménages sont nombreuses et variées. Avec une production record de plus de 8 millions de tonnes de céréales au cours de la campagne 2016-2017 (résultats définitifs), le Mali n’est pas globalement confronté à un problème de disponibilité alimentaire.

D’ailleurs, le bilan céréalier dégage un excédent de 1,6 millions de tonnes qui est de nature à favoriser un bon approvisionnement des marchés durant l’année alimentaire 2016. Les prix sur les marchés en septembre 2016 sont relativement stables, excepté dans la région de Kidal où une hausse importante due aux conflits et à ’insécurité a été notée. De ce fait, ce sont les difficultés d’accès aux aliments et les problèmes d’utilisation des aliments constituent les principales causes de la vulnérabilité à l’insécurité alimentaire des ménages.

Le caractère structurel de l’insécurité alimentaire au Mali est en partie lié à la pauvreté sachant que la situation alimentaire d’un ménage est aussi déterminée par le mode de vie ; l’accès à l’éducation et au crédit ; la pratique de l’agriculture, du maraîchage et de l’élevage ; la taille des superficies cultivées ; la proximité des services sociaux de base ; la taille de la famille ; le sexe ainsi que le statut matrimonial du chef de ménage.

A cette situation structurelle s’ajoutent les chocs qui viennent fragiliser la situation des ménages ainsi que l’affaiblissement de la résilience des ménages du fait de la récurrence importante de ces chocs, l’insécurité, les dépenses importantes, la hausse des prix, la perte de bétail, et le recours fréquent à des stratégies de stress, de crise voire d’urgence.

Evolution probable de la situation de l’insécurité alimentaire dans les prochains mois
Du fait de la fin de la période de récolte des cultures vivrières et de rente, les prix des denrées alimentaires auront tendance à augmenter dans les prochains mois et de nombreux ménages épuiseront leurs stocks, notamment sur la période juin-aout 2017. La période de soudure pour les éleveurs et agropasteurs a commencé à partir de février – mars 2017 avec une dégradation des conditions pastorales, notamment dans les zones de déficit de biomasse.

La situation alimentaire devrait donc globalement se détériorer dans les mois à venir, notamment dans les zones affectées par l’insécurité, les inondations, le déficit pluviométrique ou les dégâts des déprédateurs.

Fsanogo/abamako.com

Source : aBamako

aBamako

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