A la rencontre de Barkhane à Gao : Le Président Macron sur les traces de ses prédécesseurs

Le Président français, fraichement élu, Emmanuel Macron est manifestement satisfait de sa première visite en Afrique. Le message qu’il a porté est destiné directement aux armées de la France. Il se trouve que l’armée française, à travers l’opération Serval, depuis le 11 janvier 2013 est sur le sol malien en guerre contre les terroristes. Aujourd’hui le relai de cette mission est porté par Barkhane et s’étend sur la région du Sahel, avec une base importante à Gao, la plus grande ville malienne au nord du pays.

C’est là que le Président Emmanuel Macron a atterri ce vendredi 19 mai, à un millier de kilomètres de Bamako, la capitale. Il y a été accueilli par le Président du Mali Ibrahim Boubacar Kéita, qui a effectué le déplacement de Gao, à cet effet. Le président Emmanuel Macron a également reçu IBK sous la tente, mais le message de Gao était de loin celui relatif à la présence des forces françaises au Mali et dans le Sahel, que celui des préoccupations majeures d’un peuple malien, aujourd’hui préoccupé par la compromission de l’intégrité de son territoire, de l’insécurité croissante et quasi permanente, provoquée par des forces occultes (groupes armés, extrémistes religieux dits djihadistes), et fauchant des soldats maliens et étrangers engagés pour la stabilisation du Mali.
« Je serai un chef des armées exigeant, lucide et toujours présent. Je ne risquerai pas vos vies pour rien. Notre engagement pour la sécurité, ce ne sont pas des mots, ce sont des vies », dira le Président Macron dans ses tweets. L’opération Barkhane ne s’arrêtera pas avant que l’ensemble des groupements terroristes n’aient été éradiqués, promet-il. « Si nous voulons réussir dans le Sahel, nous devons dans le même temps gagner la guerre et gagner la paix », dit-il avant d’annoncer, « je participerai au G5 réuni par le président du Mali dans les prochaines semaines, pour améliorer la feuille de route ».
Certes, le chef des armées a déclaré que « la détermination de la France sera complète pour la sécurité du Mali et du Sahel. La France est engagée depuis le début aux côtés du Mali. Elle continuera à l’être », mais le doute l’emporte chez les Maliens en général, qui entendent ces propos et les prennent avec des pincettes. Si les Etats ont des amis à travers des intérêts convergents, des Maliens se posent la question, comment le Président Macron, qui ne s’est pas arrêté à Bamako, et son homologue du Mali IBK, qui s’est déplacé pour l’accueillir à Gao, peuvent démontrer les intérêts convergents de la France et du Mali à Kidal ?
Ceux qui pensent que Macron n’est pas Hollande se trompent-ils ? Emmanuel Macron a tout de même ‘’chaussé les chaussures’’ de ses prédécesseurs et commence à marcher sur leurs traces. « C’est à croire qu’ils ne considèrent même pas les pays africains comme des Etats dignes de ce nom, des Etats au même pied que la France. Et cette première visite de Macron, réservée au Mali, en cache bien des évidences. Emmanuel Macron est arrivé au Mali, à la base militaire française de Gao pour rencontrer les troupes engagées dans l’opération Barkhane. Ainsi, le tout nouveau Président consacre sa première visite en Afrique au Mali, ou du moins à ses militaires déployés à Gao. Sur place d’ailleurs, Macron rencontre le Président du Mali, Ibrahim Boubacar Keita pour un entretien officiel qui, dans les règles de l’art, devait se tenir à Bamako. Quoi de plus humiliant pour un Président d’être reçu sur son propre territoire par un autre Chef d’Etat ? », écrit notre confrère sénégalais, Keppar.com. C’est ce que les Maliens pensent tout bas.
Daou

Source : aBamako

aBamako

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