La classe politique divisée sur la révision de la Constitution au Mali

La révision de la Constitution au Mali a été adoptée ce week-end du 3 juin après de longs débats. L'opposition a voté contre. Les députés s'opposaient à la possibilité pour le président de nommer un tiers des sénateurs qui composeront le futur Sénat du Mali. Ils estiment que cela renforce les pouvoirs autocratiques du président.

Mody Ndiaye, président du groupe parlementaire d'opposition Vigilance républicaine et démocratique (VRD) critique ce pouvoir de nomination d'un tiers de sénateurs pour le président de la République.

« Nous pensons que ce n’est pas une bonne chose, parce que le Sénat est appelé à représenter les collectivités territoriales. Et il n’y a aucune raison de ne pas faire élire tous les sénateurs pour le Sénat. Naturellement, cela donne une possibilité, beaucoup de pouvoir au président de la République qui non seulement va arracher au gouvernement la mission de la détermination de la politique de la Nation, il va nommer des sénateurs. Dans tous les cas, le texte qui a été pris n’encadre pas vraiment le choix du président. Donc cela veut dire que c’est ouvert. », explique-t-il.

Des lois pour organiser ce pouvoir

Zoumana N'tji Doumbia, président de la Commission des lois, lui, répond que, au-delà de la Constitution, des lois viendront encadrer ce nouveau pouvoir du président.

« Je ne pense pas que cela puisse renforcer le pouvoir présidentiel. Cela améliore la qualité du travail parlementaire. Par la désignation, le président de la République pourrait faire appel à des légitimités traditionnelles, à des autorités coutumières qui pourront apporter leur expertise au travail parlementaire. C’est de cela qu’il s’agit. Un tiers désigné ne pourrait pas contrebalancer les deux tiers qui sont élus. Ce n’est nullement un renforcement du pouvoir du président de la République parce que la Constitution dégage les grands principes. Mais les lois organiques complètent la Constitution. La loi organique sur le Sénat va être plus explicite et va aller plus en profondeur pour pouvoir cadrer tout cela », tente-t-il de rassurer.
Par RFI

Source : aBamako

aBamako

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