Dramane Dembélé, 1er vice-président de l’Adema-Pasj : «Je suis le symbole du renouveau et la passerelle entre les générations»

A quelques encablures de la présidentielle de 2018, des candidatures sérieuses s’annoncent pour tenir la dragée haute au président de la République sortant. A cinquante (50) ans, Dramane Dembélé, ancien ministre de l’Urbanisme et de l’Habitat, est le symbole du renouveau, candidat à la présidentielle de 2013. Ancien militant de l’Association des élèves et étudiants du Mali (AEEM), ancien directeur national de la géologie et des mines, militant de l’ADEMA-PASJ, Dramane, doublé d’une carrière administrative et politique est resté fidèle à son parti. Rares sont les militants de la ruche qui ont résisté aux conflits internes du parti.
En 2002, dix (10) barons ont quitté l’ADEMA pour soutenir la candidature d’un indépendant.
En 2012, ces mêmes barons ont refusé de présenter un candidat, contre toute attente, Dramane Dembélé s’est lancé dans la course. C’est un risque et un courage politique qu’il a pris. Mais hélas ! Comme dit l’adage: «Aux âmes bien nées, la valeur n’attend point le nombre des années». La candidature de Dramane Dembélé est un appel en direction de la jeunesse malienne qui souhaite de tout son vœu le renouvellement de notre classe politique.
L’Inter de Bamako. Comment vous présentez au peuple malien ?
Dramane Dembélé (DD): Je suis né en 1967 à Ségou. Je suis diplômé de l’Ecole nationale des ingénieurs (ENI), spécialité industries et mines. Je suis aussi détenteur d’un master II en gestion des projets. Consultant indépendant dans le secteur des mines et de la géologie après avoir été directeur national des mines et de la géologie du Mali. Chef de projet du Fonds minier Mali/Banque européenne d’investissements et géologie d’exportation de compagnies privées.
A cinquante (50) ans, je suis le symbole du renouveau et la passerelle entre les générations. J’estime trois choses : la franchise, le courage, la sincérité. J’évite la honte, la paresse, l’orgueil. Je défends la patrie, le foyer, l’honneur. Je contrôle ma conduite, le caractère, mon langage.
L’Inter de Bamako: Quels contenus donnez-vous aux mots démocratie et consensus ?
D.D.: La démocratie est un corps vivant. L’élection est sa respiration. La tenue régulière d’élections transparentes, libres et justes afin d’institutionnaliser une autorité et un gouvernement légitimes ainsi que les changements démocratiques de gouvernement est un impératif conforme à la Charte africaine de la démocratie, de la gouvernance et des élections adoptées par l’Union africaine.
Le Mali ne peut pas se passer d’une partie de ses enfants. Il ne peut, non plus, confier son destin à un «homme providentiel». Notre pays a besoin de l’expertise de tous ses fils pour gagner la bataille du développement. J’en appelle à cette synergie des compétences, en dépit des appartenances partisanes, pour placer le Mali sur la rampe de l’émergence.
Le «Consensus» malien a conduit à une impasse. C’est pourquoi je propose un pacte de gouvernance publique au-dessus des stratégies de partage du pouvoir. Je m’engage à limiter à deux (02) le nombre de mandats successifs du Président de la République, à réduire le pouvoir de nomination du Président de la République et impliquer le Parlement dans un certain nombre de nominations importantes, à limiter à vingt cinq (25 le nombre de ministres de plein exercice, à renforcer le pouvoir du Parlement, notamment en matière de défense, sécurité, budget et affaires étrangères, à donner au Parlement les moyens de contrôler l’action du gouvernement et l’utilisation des ressources publiques, à imposer une déclaration de patrimoine pour toute fonction de responsabilité au sein des Institutions, avant et après la prise de fonction et, enfin, à réformer le fonctionnement de la justice.
L’Inter de Bamako: Toute fonction nécessite une probité moindre soit-elle. A Bamako, on dit que Dra n’est pas «bon». Que répondez-vous à ce jugement non innocent ?
D.D.: Les gens sont libres de leurs opinions, on me reproche beaucoup de choses vu les fonctions occupées. Il faut souvent accepter les critiques des gens. C’est une école pour l’apprentissage de la vie et en même temps un dur exercice pour la conquête du pouvoir. Bon ou mauvais, le verdict des urnes nous édifiera.
L’Inter de Bamako: Dans votre livre de campagne intitulé : «Mon Ambition Pour le Mali», vous écrivez «Debout, le Mali !» Quel message vous voulez ainsi passer ?
D.D.: Debout, les Maliens reviendront au lieu où leur histoire devait les placer sur le piédestal des nations signant un long bail avec la prospérité. La République a flanché sur les échecs du processus politique, de la modernisation de l’armée, de la respectabilité de nos institutions et de l’édification d’une société juste parce qu’accordant la chance à tout citoyen de se réaliser aux plans professionnel et social. Elle est décrite comme un massif décapé, incliné vers la terre comme un mastodonte qui se mettrait à genoux. Des patriotes ont exprimé leur dépit face à la réaction de l’armée qu’ils ressentent, dans leur chair comme une humiliation. Le moral des troupes a éclaboussé celui des civils qui cherchent encore des raisons d’une «débandade».
La honte n’est pas l’attitude définitive, encore moins la résignation. Dès la critique faite sur nos actes et nos paroles ayant sapé l’édifice démocratique, la posture des républicains est de rester debout et droit dans leurs convictions.
La crise est un gros chahut à la République. Elle consacre la faillite d’une certaine manière de gouverner les attentes des populations. Le sommet s’est aménagé un espace de cogestion en ayant oublié d’impliquer l’avis critique des destinataires du service public.
Le consensus a fini dans le bouleversement induit par un coup d’Etat militaire et une occupation des deux tiers du territoire national. L’Etat a cédé le pas à des groupes informels mais résolus à assurer le contrôle de certaines localités. C’est une défection de la gouvernance publique. Les intérêts régionaux, économiques et politiques ont habité le cœur du système au point de le fatiguer et de favoriser l’émergence d’une crise de confiance.
J’envisage de réhabiliter le sentiment national et en faire le fédérateur des ambitions et des dévotions. C’est dans la douleur que la démocratie a poussé au cœur de notre pays pour nous donner ce pays, un bien qui nous est très cher. C’est en acceptant de faire le sacrifice de rester debout, l’œil et la respiration de notre pays, que nous allons en vivifier les organes vitaux.
L’Inter de Bamako: M. Dembélé, un constat s’impose aujourd’hui au Mali: il y a péril en la demeure de notre jeunesse. La plupart des jeunes du Mali ont entre 20 et 30 ans, mais ils sont gouvernés par des vieux. N’est-ce pas un cocktail explosif, sur fond de chômage galopant ?
D.D.: A cinquante (50), ans l’espoir est permis. Nous sommes un peuple extrêmement jeune dirigé par des hommes extrêmement vieux. Le vieillissement du pouvoir est général. Certains ministres et présidents des institutions sont très vieux. Les dirigeants des sociétés d’Etat sont vieux. Les généraux sont vieux. Mêmes les dirigeants des partis sont vieux. Les chefs de certains partis politiques sont en fonction depuis leur création.
L’Inter de Bamako: Votre parti l’ADEMA, acceptera-t-il votre candidature ?
D.D.: Bien sûr, ce ne serait pas facile, nous allons nous battre pour que ma candidature rassemble la majorité autour de moi au sein du parti. L’Adema est la plus grande formation politique. Il est la terminaison de tous les influx nerveux tendant à lui offrir les plus belles émotions démocratiques, économiques et sociales. Il est le cerveau vital et le cœur vaillant de la mobilisation de toutes les fractions politiques et la limite infranchissable des factions armées ou idéologiques. Le Mali est tout simplement, la plus grande idéologie qui fédère les intelligences et les énergies vers un mieux-être. Faillir à l’exigence de transparence, de responsabilité et de solidarité est un complot contre la patrie.
L’Inter de Bamako: Le ministre de l’Habitat, de l’Urbanisme et des Affaires Foncières, Me Bathily, serait prêt à vous traduire devant la justice. Avez-vous peur de répondre des accusations qu’il pourrait porter à votre encontre ?
D.D.: Je suis un patriote, citoyen malien. Un homme politique s’attend à tout. Plusieurs grands hommes sont passés devant les tribunaux ou ont fait la prison avant de présider aux destinées de leur pays: Nelson Mandela, Jerry Rawlings, Thomas Sankara. Concernant mon cas, on verra bien. Au Mali, on se connaît tous, on sait qui a fait quoi et, qui est qui. A force de juger tous ceux qui prétendent briguer la magistrature suprême, on finira par faire le jugement de toute une génération d’hommes politiques.
L’Inter de Bamako: Votre dernier mot.
D.D.: Je remercie toute la rédaction de votre organe pour l’estime placé en ma personne. Bien vrai que votre organe ne fait pas de cadeaux au parti ADEMA, je vous prie d’être mon porte parole auprès des Maliens pour le Renouveau du Mali.
Entretien réalisé par Amy SANOGO

Source : aBamako

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