Me Tapo Abdoulaye Garba Docteur en droit,Avocat et Enseignant à l’université, Ancien Ministre de la Justice : « Une révision illégale et illégitime »

« Je constate avec soulagement que les députés de l’opposition ont voté contre, ce qui est de leur honneur. Pour les députés de la majorité, si on peut les appeler comme ça pour des gens qui ignorent même pourquoi ils sont là, des godillots qui pensent qu’il y va de leur propre survie d’appuyer le pouvoir même dans ses errements, leur position est regrettable et honteuse, mais pas surprenante puisqu’ils sont là pour leurs seuls intérêts et les retombées parfois honteuses qu’ils tirent de leur mission. Sinon les plus avertis auraient dû écouter les avis des juristes et même de certaines corporations qualifiées comme la magistrature qui tous jugent cette révision anti constitutionnelle ne serait-ce que par sa non conformité avec l’article 118 de la Constitution qui prohibe une révision lorsque l’intégrité territoriale est menacée, et il est difficile de nous faire croire que ce n’est pas le cas en un moment aussi tragique que celui-là où la quasi-totalité du pays échappe au contrôle du pouvoir. Pourra-t-on qualifier de référendum la mascarade qui s’annonce, à moins que les députés n’aient pris à la lettre le terme de représentativité qui leur permettrait de voter à la place des maliens empêchés.

Chapeau à tous ceux qui ont refusé de se prêter à ce vote indécent et anti patriotique et honte à ceux qui trahissent la confiance du peuple malien par servilité ou de bas intérêts. Le Mali mérite mieux.

En plus, je trouve que l’opposition en proposant des amendements au projet a fait preuve de bon sens, et permis de démontrer la duplicité du pouvoir.

Une révision illégale et illégitime

Illégale parce qu’en fait c’est une véritable nouvelle constitution tant la modification est substantielle et la dénaturation des pouvoirs accordés au Président de la République. Illégitime parce que le référendum est impossible à tenir et ne reflètera pas la volonté ou l’adhésion d’une bonne partie des maliens privés de fait de leur droit de vote. Une honte nationale qui couvrira le Mali d’opprobre. »

Me Tapo Abdoulaye Garba Docteur en droit,Avocat et Enseignant à l’université, Ancien Ministre de la Justice

Source : aBamako

aBamako

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