Les djihadistes avancent, IBK recule !

Incendie des écoles, des mairies, des services publics, assassinats ciblés, fuite des populations prises dans l’étau de la terreur…. Telle est la triste réalité dans le centre du pays, notamment, dans la région de Mopti où, les populations semblent être abandonnées aux mains des djihadistes de tout poil.

« Le Parena invite le gouvernement à sortir de l’immobilisme, à prendre la mesure de la gravité de la situation et agir de manière à assurer la sécurité des biens et des personnes ». Dans un communiqué, publié par le quotidien Le Républicain dans sa parution du 1er juin, le « parti du bélier blanc » invite les autorités maliennes à agir. Vite et bien. Avant qu’il ne soit trop tard.

Les populations terrorisées par les djihadistes

Sur le terrain, l’insécurité semble avoir franchi le seuil du supportable. Près de 300 écoles seraient fermées dans la région de Mopti par les djihadistes. Des milliers de jeunes scolaires se retrouvent dans la rue. Avec le risque de se voir happés par les djihadistes.
Censées veiller sur la sécurité des personnes et de leurs biens, les Brigades de gendarmerie sont dépourvues de moyens adéquats. A en croire des témoins joints sur place, une dizaine d’entre elles sont sans moyens de déplacement. Incendié, courant 2016, le véhicule du peloton de la Garde nationale n’aurait pas été remplacé. Jusqu’au moment où, dit-on, nous mettons sous presse.
Par dizaines, les populations fuient la terreur, installée par les djihadistes. Avec, à leur tête, le tristement célèbre Amadou Koufa, lieutenant du non moins tristement célèbre Iyad Ag Ghali, l’émir d’Ansar Dine. Tour à tour, les écoles et les mairies de Sah et de Guidjo-Saré ont été saccagées. Avant d’être incendiées. « S’attaquer à l’éducation des enfants, par l’incendie des écoles, constitue un acte aux conséquences très lourdes sur l’avenir de notre pays. Ces actes doivent obliger le gouvernement à sortir de l’inertie qui le caractérise et surtout à passer des tergiversations aux décisions urgentes et concrètes, qui vont dans le sens de la sécurisation des personnes, de leurs biens et de tous les symboles de l’Etat », indique l’URD dans son communiqué.
S’y ajoute l’attaque des convois de l’armée sur les axes routiers. Comme c’est le cas, le 31 mai dernier, à Kassoum, localité de la région de Tombouctou. Bilan : 4 soldats blessés, dont 3 grièvement.

L’Etat malien sourd aux complaintes de ses citoyens

Après avoir « plombé » la mise en œuvre de l’accord pour la paix et la réconciliation nationale, transformé le nord du pays en zone de non- droit, Iyad Ag Ghali et ses « alliés » s’intéressent, désormais, au centre du pays. Avec les résultats que l’on sait : fermeture des écoles, absence de l’administration et des services sociaux de base dans plusieurs villes de la région, fuite des populations…
Plus grave, aucune mesure en vue pour contenir l’avancée macabre des « barbus ». « Le régime issu des élections générales de 2013 a conduit le Mali dans l’impasse. Le chef de ce régime a battu campagne à Kidal où, il est incapable de se rendre aujourd’hui. Plus de 2/3 du territoire échappe au contrôle du pouvoir central », déplore Dr Soumana Sacko, président d’honneur du parti CNAS FASO-HERE. C’était le jeudi 25 mai, à l’occasion des festivités commémorant le sixième anniversaire de la création de son parti politique.
S’agissant de la révision constitutionnelle entamée par le régime IBK, Dr Sacko est formel : « Il ne faut pas se faire d’illusion. Le projet de révision de la constitution de janvier 1992 est un symptôme de ce blocage et de ce manque de perspective politique ».
A tout cela s’ajoutent une pauvreté endémique et une misère ambiante. Sept familles sur dix peinent à s’octroyer trois repas par jour. Dans certains quartiers de notre capitale, la misère est si forte que certains chefs de famille se lèvent, dès l’aube, pour fuir le regard de leurs enfants. Et sur la pointe des pieds. Parce qu’ils ne disposent pas des 500 ou 1.000 CFA pour faire bouillir la marmite. Jugée pléthorique et inefficace, l’administration est gangrénée par la corruption, le népotisme ; mais aussi, par le laisser-aller et le laisser-faire général. Et généralisé.
Annoncée à grands renforts de publicité, la loi de programmation militaire peine à porter ses fruits. Estimée, en 2015, à plusieurs dizaines de milliards de nos francs, ses effets sur le réarmement moral et matériel de la troupe semblent mitigés. Du moins, pour l’instant.
C’est dans ce contexte de désespoir et de désespérance, que le président de la Rue publique annonce sa candidature pour un second mandat en 2018. Le tollé est général. Ou presque.

Une fin de mandat chaotique

Ramener la paix et la sécurité au nord et, partant, sur tout le territoire national, lutter contre la corruption et la délinquance financière, instaurer une justice équitable pour tous et une école performante et apaisée…….
Telles sont, entre autres, les promesses électorales sur la base desquelles le candidat IBK a été élu, en 2013, avec un score de 77 % au second tour, face à son challenger Soumaïla Cissé. A 13 mois de la fin de son quinquennat, le résultat est là, amer. « C’est son droit de vouloir rempiler à la tête du pays, puisque la constitution le lui permet. Mais, je ne sais pas si cela est une bonne chose pour le pays dans la situation actuelle », fait remarquer Mr Oumane Sy, ancien ministre de l’Administration Territoriale, dans un entretien accordé à notre confrère L’indépendant.
Oumar Babi

Source : aBamako

aBamako

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