Emplois fictifs à l’aéroport international de Bamako Sénou : le ministre Baber envisage un audit organisationnel

Le ministre des Transports, Me Baber GANO, a visité, hier lundi, successivement le pavillon présidentiel et la nouvelle Aérogare Terminal 2 de l’Aéroport international Modibo KEITA Sénou, où il a décelé beaucoup de manquements dans l’exécution de ses ouvrages. En sa qualité de juriste, il estime qu’il y a eu tromperie dans la livraison de la fourniture qu’il faut effectivement voir pour situer les responsabilités. Pour ce faire, il se dit prêt à aller jusqu’au bout.

La délégation ministérielle était composée des membres de son cabinet, ainsi que du directeur général de l’ANAC (Agence nationale de l’aviation civile, Mamadou BA, etc.
La délégation ministérielle a été accueillie par la PDG par intérim des Aéroports du Mali, Oumou DEME FAYE ; le directeur de l’Unité de gestion des projets de l’Aéroport, etc.
Le ministre et sa délégation ont eu droit à une visite guidée des divers compartiments du pavillon VIP présidentiel, réalisé dans la mouvance du Sommet Afrique-France ; et la nouvelle aérogare.
Les incommodités du pavillon présidentiel
Selon le ministre des Transports, cette visite lui a surtout permis de toucher du doigt les problèmes réels de l’Aéroport international Président Modibo KEITA de Sénou.
« On m’avait vanté la qualité du travail réalisé au niveau du Pavillon présidentiel, avant mon arrivée sur le terrain et j’avais une belle appréciation de ce pavillon », a-t-il dit.
Cependant, sa visite lui a permis de comprendre que certes le bâtiment en question a été reçu dans un contexte du sommet Afrique-France. Mais à son avis, cela ne peut pas exempter les entreprises de la responsabilité qu’elles avaient de livrer un bâtiment de grand standing. En effet, a constaté le ministre, à beaucoup de niveaux, les travaux de finition sont très mal exécutés. Pis, dans tous les compartiments visités, la peinture est faite en chauve.
« Ce qui est inacceptable dans le cadre de la réception d’un ouvrage de ce standing, destiné à l’accueil des Chefs d’État », a-t-il déploré.
Aussi, s’est-il prononcé sur les aspects de malfaçon dans la réception de quelques matériaux. À ce niveau, il a invité l’AGETYPE-Mali et l’entreprise COVEC à revoir les travaux, parce qu’ils sont encore à l’étape de réception provisoire. Un moment d’ailleurs propice, selon le ministre, pour soulever toutes les réserves et d’exiger leur correction avant la réception définitive du bâtiment.
Par ailleurs, a rappelé le ministre, le cahier de charges soumis aux entreprises était au complet avec des spécificités techniques et des matériaux à livrer et à poser.
Cela, a-t-il regretté, a fait défaut dans le Pavillon VIP présidentiel.
Dans le même registre, le ministre a constaté de sérieux problèmes au niveau de la climatisation centrale qui ne marchait pas, à son passage.
Le déficit de l’électricité
Au niveau de la nouvelle Aérogare Terminal 2, 2e étape de la visite ministérielle, le problème majeur décelé a été l’électrification de l’Aéroport qui nécessite une ligne électrique spéciale dédiée à son alimentation.
En effet, explique-t-il, le problème d’électricité est à la base de beaucoup d’autres dysfonctionnements. Pour preuve, le ministre a fait cas de l’escalator, censé abréger la souffrance des personnes âgées et handicapées, en panne due aux fluctuations électriques et aux coupures intempestives d’électricité.
Autre désagrément lié au déficit d’électricité a été la haute température. Nulle part, a regretté le visiteur du jour, les usagers n’ont un traitement convivial, même le Salon VIP ne fait pas exception.
D’ailleurs, il doit-être totalement refait, a indiqué le ministre. Car estime-t-il, il n’est pas à hauteur d’une aérogare dont le standing est au-dessus de la prestation fournie.
Ayant assisté à l’arrivée d’un vol Air France, le ministre dit témoigner de toutes les souffrances que les passagers de cette nouvelle aérogare endurent réellement.
À l’instar des autres compartiments, la salle de récupération des bagages est également très chaude. Les passagers ont de la peine à rester pour attendre leurs bagages qui peuvent faire une à deux heures avant d’arriver.
Les responsables de l’Aéroport ont tenté d’expliquer, sans convaincre le ministre, cette longue attente des passagers par le contrôle au filtre du scanner des bagages.
Les actions urgentes
En guise de solutions aux problèmes constatés, le ministre envisage d’entreprendre des actions très urgentes qui ne vont pas, pour le moment concerner, la gestion de la direction par intérim des Aéroports du Mali ; mais plutôt celle des entreprises qui ont travaillé sur la nouvelle aérogare, dont la responsabilité est interpellée.
« Nous ne pourrons pas souffrir de la mauvaise acquisition des matériels de mauvaise qualité. Il y a souvent des matériels qui ont été livrés avec des vices de construction ». Et d’ajouter que l’exploitation d’un tel ouvrage ne peut pas marcher avec ces types de fournitures.
En bon juriste, le ministre a estimé qu’il y a eu ‘’tromperie dans la livraison de la fourniture’’ qu’il faut effectivement revoir pour situer les responsabilités. Pour ce faire, il se dit prêt à aller jusqu’au bout. Autrement dit :
« Si quelqu’un a encaissé ce qui ne lui est pas dû, il va le restituer à l’Etat », a-t-il prévenu. Car explique le ministre, l’Etat ne peut pas souffrir de payer l’entreprise pour qu’elle livre un matériel qui n’est pas compétitif.
« Je suis prêt à interpeller ces entreprises qui ont livré ces matériels », a martelé le ministre. Baber Gano a promis d’envoyer très prochainement ses agents afin de faire l’audit organisationnel de l’Aéroport.
« Nous n’avons pas fait aujourd’hui, le point sur le personnel, il y a des emplois fictifs ici ; il y a des rémunérations qui sont payées en contrepartie d’un travail non exécuté, cela est intolérable. Cet aspect aussi sera pris en compte par mes services qui vont revenir pour faire le point de l’audit organisationnel », a révélé le ministre GANO.
La visite marathon a pris fin par une séance de travail, en guise de débriefing, entre la délégation ministérielle et les responsables de l’Aéroport, de l’ANAC et autres acteurs.
Par Sékou CAMARA

Source : aBamako

aBamako

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