Lancement de la quinzaine de l’environnement à Mopti : Que de défis, mais tout le monde fait semblant !

La Venise malienne n’est plus la Venise malienne. La presqu’île va peut-être disparaître un jour si l’on n’y prend garde. Le Lundi 05 juin 2017, on a vu le lancement de la quinzaine de l’environnement dans la ville de Mopti. Les travaux de ce Lancement étaient parrainés et présidés par l’honorable Issiaka Sidibé, Président de l’Assemblée Nationale du Mali.
En effet, tous les discours, même celui du groupe « Nyogolon » sur qui on sentait l’absence de l’emblématique Ténéman Sanogo dit ‘’Lassidan’’ (Paix à son âme) allaient vers une seule dimension. Tout le monde a parlé des défis sauf des solutions durables. Et tout le monde se plaint, mais tout le monde connaît les réalités. Ainsi, le fleuve Niger, avec le delta central se meurt au moment où l’enfant terrible de la Venise, en exil au Sénégal avait au moins commencé le dragage et l’aménagement des berges.
La rareté des produits halieutiques occasionne toute sorte de dégâts sur ces derniers. La réponse maigre, par la pisciculture moderne ne va jamais résoudre le problème. Mais les techniciens y tiennent comme étant le fer de lance, c'est-à-dire, la solution révolutionnaire. A quand un vrai programme de dragage et d’aménagement des berges du fleuve Niger pour sortir enfin notre pays de ces démarches souvent trop politiciennes ?
Ensuite, la problématique de l’assainissement se résume très souvent en en une seule question : « A qui la faute ?». Si, de façon ponctuelle, des tas d’ordure ont été évacués de Bamako, ce n’est pas le cas à Mopti où les sachets plastiques non biodégradables font la pluie et le beau temps. Vous verrez partout des fruits de plastiques sur les arbres. Et pourtant, depuis 2012, une bonne loi a été votée et promulguée, interdisant l’importation, la fabrication et la détention des sachets plastiques non biodégradables. C’est vrai que l’écart entre les textes et leur mise en œuvre est grand comme le poisson sec et le fleuve.
Alors, que dire de la gestion des déchets solides et liquides ; tout le monde s’en fout ! On fait semblant de trouver des bâtiments de station d’épuration non fonctionnels et après ? On monte des bons slogans comme l’assainissement est une question de santé publique, mais le reste, les populations pauvres n’ont qu’à mourir ; c’est de leur faute.
On a vu le lancement des concours entre villes et villages propres par Madame la Ministre en charge de l’assainissement. On parle de quoi ? Arrêt de la défécation à l’air libre (139 villages certifiés) par qui et pourquoi ? C’est vraiment du faire semblant. Même les villageois ont compris que s’ils déclarent leurs villages sans défécation à l’air libre, ils auront des brouettes et autres matériaux pour les travaux champêtres et personne ne sera là, après, pour les empêcher de déféquer à l’air libre car le droit à la liberté de se soulager biologiquement leur revient.
Eh bien qui se fout de qui entre les politiques, les techniciens cadres de l’Etat et les populations et même les Partenaires Techniques et Financiers ? Tellement que le « faire semblant » est devenu une habitude, les populations locales l’ont aussi adopté, c’est devenu la politique de la « Ruse ». Il s’agit juste de créer le défi pertinent et le cadrer avec le besoin d’intervention et de mobilisation des ressources par une ONG, l’Etat ou les soi-disant Partenaires Techniques et Financiers (PTF). Ces derniers, avec leurs concepts expérimentaux comme, ODD et autres se contentent de rester brancher, comme un striga ou un virus sur une plante, au peuple.
Par ailleurs, concernant l’environnement naturel, ici, il y a une amélioration par rapport aux quinzaines précédentes. Au moins, on ne voit pas des campagnes de reboisement qui sont en réalité des campagnes de déboisement car, ne donnant lieu à aucune réussite, aucune trace n’est visible après la quinzaine. Mais cette fois-ci, l’accent est mis sur l’existant : la régénération naturelle, la protection de l’existant, l’agro écologie, etc. Là aussi, tout le monde fait semblant de contourner le vrai problème qui est le régime foncier rural. Oui, il y a plusieurs textes sur le foncier même le code domanial et foncier est en cours de révision.
Mais la réalité est : tant que l’accès sécurisé à la terre n’est pas garantie pour tous, tout le reste est mensonge. Pourquoi tant de conférences autour de ces sujets ? Est-ce parce que les PTF ont demandé plus de lisibilité et de visibilité de leurs apports, comme si on protège notre environnement pour eux ? De quelle diplomatie environnementale et climatique s’agit-il réellement ? De la COP21 à la 22, Donald Trump change les donnes. Il lâche les pays du Sud pour leur dire qu’il n’est pas leur vache laitière. Mais chez nous on minimise l’effet Trump comme si la lutte contre le terrorisme n’est pas lié à l’exploitation des ressources naturelles.
Quelle naïveté ! On va faire semblant de faire des visites de terrain avec des colonnes de voiture 4X4 pour, au contraire, polluer davantage. Le carburant utilisé pour organiser la quinzaine peut faire au moins 10 points d’eau pour faire un bon reboisement. Non, chez moi, on ne réfléchit pas comme ça, mais on réfléchit selon le taux de mobilisation et de solidarité gouvernementale ou parlementaire. Qui s’est déplacé ? Cela reste la question fondamentale, alors qu’il suffisait de transférer ces compétences de la quinzaine aux collectivités locales avec les mêmes moyens. Là vous serez surpris par des effets inouïs, si le suivi est correctement mené.
Aussi, il y avait question d’eau potable, où l’on pouvait apercevoir un stand de la SOMAGEP, … mais on se moque de qui dans une ville et dans une région où plus de 60% de la population n’a pas accès, à tous les temps, à l’eau potable ? Oui mes chiffres vont être contredits par les chiffres de « faire semblant » de l’État. Ils ont des résultats des enquêtes biaisées où on gonfle les chiffres, en somme, des statistiques fausses, données par des agents faux qui jouent le jeu dans les différents domaines. L’eau est encore dix fois plus chère en milieu rural qu’en milieu urbain. Mais on n’a pas besoin de le savoir car les ruraux doivent voter oui au referendum et aux autres élections et se taire. C’est la classe moyenne qui doit diriger leurs enfants et les enfants de leurs enfants !
Le défi sécuritaire reste toujours incertain. L’on s’amuse au plus haut niveau de dire qu’au-delà du fleuve, à Mopti, c’est chez Amadou Kouffa, ce sont les peulhs…. Même dans le discours du gouverneur militaire, le défi sécuritaire est diffus, dilué comme si tout va bien. Pourquoi tout ça ? Les écoles sont brulées, les femmes persécutées… et quelles solutions à ce problème ? Nos dirigeants, Wallahi, s’amusent avec le feu !
Le tourisme ? Tous les dirigeants qui étaient à Mopti avec la Ministre du Tourisme, Madame Nina Wallet Intalou, ont été maudits par les jeunes déflatés du tourisme. Tout le monde constate, mais personne ne se pose la question que depuis le début de la crise du tourisme, les jeunes guides touristiques étaient tentés par les actions de « jihadisme». Ils sont devenus maçons, menuisiers, techniciens de surface… oui pas de sot métier, mais il y a des sottes gens qui donnent des sots métiers à la jeunesse.
Quant aux PTF, ils sont contents parce qu’on leur a fait voir ce qu’ils veulent voir : des sachets d’oignons, des produits locaux transformés…
Sans marchés locaux, le peuple se meurt. Une complicité parfaite au complot contre le peuple !Un jour, le peuple rural s’éveillera et personne ne peut l’arrêter même les fils des grands dirigeants !
SDF

Source : aBamako

aBamako

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