Leçon de géopolitique : Les pays du G5 Sahel entrent dans l’œil du cyclone de la lutte contre le terrorisme

Le Burkina Faso, le Mali, la Mauritanie, le Niger et le Tchad entendent prendre en main la sécurité de l’ensemble du Sahel. Fruit de plusieurs mois de travaux herculéens de la part des Etats-Majors respectifs de ses pays, le G5 Sahel disposera dans les tous prochains jours d’une force militaire conjointe de 10 000 hommes.

Mission : lutter contre le terrorisme islamiste et éradiquer toute menace pouvant mettre en péril la sécurité des civils de la zone. Le Sahel qui est une des zones les plus dangereuses de la planète est donc en passe d’en devenir une des régions les plus militarisées. A titre de rappel, la force Barkhane qui a débuté le 1er août 2014, a un champ d’application couvrant l’ensemble du Sahel. Sans oublier la MINUSMA présente au Mali depuis le 1er juillet 2013.

Grâce à un apport de 33 milliards de F CFA de la part de l’Union Européenne, la force conjointe du G5 Sahel devrait très vite monter en puissance. Cette contribution a été dévoilée le lundi 5 juin à Bamako par la Cheffe de la Diplomatie européenne, Frederica Mogherini, entourée pour la circonstance, par les Ministres en charge des Affaires Etrangères des pays concernés.

Certainement, le vibrant appel du président nigérien Mahamadou Issoufou aura été entendu lorsqu’il demandait aux grandes puissances mondiales ainsi qu’à l’ONU d’aider à la mise en exécution rapide de la force militaire du G5 Sahel. Pour cela, il avait profité de la tribune hautement audible du dernier sommet du G7 qui eut lieu en Italie.

Le ministre des Affaires Etrangères du Mali, Abdoulaye Diop, a souligné qu’initialement dans la proposition de composition de cette force, 5000 soldats étaient prévus. Mais vu l’immensité de la tâche et déterminés à lutter efficacement contre le péril terroriste, les Chefs d’Etat du G5 Sahel ont décidé de doubler l’effectif.

Macron à Bamako pour le prochain sommet du G5 Sahel
L’occasion sera donnée aux cinq pays du Sahel, le 2 juillet prochain, de discuter directement avec le président Emmanuel Macron sur les thématiques du terrorisme et de la sécurité lors d’un sommet spécial du G5 Sahel qui aura lieu à Bamako. Selon le ministre Diop, c’est le président français lui-même qui aura émis le souhait d’être présent, lors de sa dernière visite aux troupes de l’opération Barkhane à Gao.

La présence de la France à ce sommet est d’une importance capitale. Rappelons que la base de l’opération Barkhane est située à N’Djamena au Tchad. Un autre fait important, est que les militaires français ont été pendant une longue durée en première ligne de la lutte anti-terroriste dans la zone. La force conjointe du G5 Sahel se voudrait un peu comme la version locale de Barkhane avec le même champ de combat qui s’étend sur l’ensemble du Sahel. L’apport de la force française s’avèrera, à coups sûrs inestimable, notamment dans le domaine du renseignement.

Cette initiative des cinq pays du Sahel de prendre en mains leur propre sécurité est louable. L’on peut, cependant, regretter le fait qu’elle survienne un peu tardivement. Car le péril terroriste dans la zone n’est pas un fait récent. Une force conjointe plus tôt aurait pu sauver bien des vies au sein des populations civiles notamment celles du nord malien. Mais, comme dit un adage, mieux vaut tard que jamais. La mise en orbite de la force conjointe est très attendue. Le Général malien, Didier Dacko, qui a été nommé commandant de cette force, saura être à hauteur de mission.

Ahmed M. Thiam

Source : aBamako

aBamako

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