Renforcement de la démocratie : Les éclairages de cri 2002

Le Cercle de réflexion et d’information pour la consolidation de la démocratie au Mali (CRI- 2002) a organisé, hier, un débat sur le thème : «La réflexion et l’action pour la consolidation de la démocratie dans notre pays par le traitement du passé ». La conférence était animée par le président de Cri-2002, Dr Abdoulaye Sall, et avait pour modérateur, Me Amadou Tiéoulé Diarra.
«Ce qui fait la République, ce n’est pas la Constitution mais la citoyenneté et le civisme », a expliqué Dr Abdoulaye Sall. Selon lui, la Constitution est la loi fondamentale, à travers laquelle est organisée la démocratie. C’est à ce titre qu’elle est à la fois une « latence » et une « permanence » dans sa dynamique d’organisation ou de réorganisation de la démocratie. « La Constitution est à la fois une latence pour les citoyens que nous sommes, vivant à l’abri et sous la protection de ses règles, et elles est une permanence pour l’État qui est sous une double contrainte », a développé le conférencier avant d’ajouter que le gouvernement ne peut et ne doit modifier la Loi fondamentale sans consulter la population.

«Par nature, et notamment dans un pays en co-construction démocratique, et en crise comme le nôtre, toute proposition de révision constitutionnelle fait l’objet de chaudes discussions tant sur le plan politique, juridique, qu’institutionnel», a-t-il soutenu.
Le président de CRI-2002 a aussi souligné qu’il est primordial d’avoir une connaissance et une compréhension communes, partagées et acceptées sur les concepts fondateurs et fédérateurs de la démocratie au Mali à travers, notamment, les Constitutions de la 1ère République du 22 septembre 1960, de la 2è République du 2 juin 1974 et de la 3è République du 25 février 1992. Il a affirmé que le traitement du passé consiste à «guérir les mémoires» ou plutôt «nos mémoires de Maliennes et de Maliens» à travers ses piliers que sont le droit de savoir et de vérité ; le droit à la justice et aux réparations.

En outre, Dr Sall a expliqué que les étapes de la démocratie sont : l’information, la participation, l’implication, la responsabilisation et enfin l’autonomisation. « Pour le moment, nous sommes dans la phase d’information. Cette rencontre n’a pour but que d’informer afin de voir si nous avons une compréhension commune sur le concept et la réforme de la Constitution et même sur le référendum », a-t-il détaillé. Le conférencier a noté qu’en matière de démocratie, le referendum est une question de « oui » ou « non », la Constitution renfermant plusieurs questions importantes sur lesquelles les points de vue divergent.

Il a également expliqué que l’Accord pour la paix et la réconciliation issu du processus d’Alger fait partie des enjeux de la révision constitutionnelle au Mali.

Moussa Traoré du Réseau des jeunes des partis politiques du Mali (RJPPM) a, pour sa part, soutenu qu’avec le nouveau projet de révision constitutionnelle, il n’est plus possible d’officialiser nos langues nationales. «A l’Assemblée nationale, les amendements ont été faits sur les virgules et les points virgules. Les députés n’ont pas tenu compte de la réalité malienne», a-t-il déploré. En réaction, Dr Abdoulaye Sall dira que tant que la Constitution n’est pas promulguée par le président de la République, il est toujours possible d’apporter des changements.

M. SY

Source : aBamako

aBamako

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