Le président de la Femafoot Boubacar Baba Diarra à propos de l’AG. extraordinaire du 12 juin : “Il s’agit de donner une forme légale à la décision du comité exécutif portant sur la levée des sanctions de certains dirigeants”

L’ordre du jour de l’Assemblée générale extraordinaire de ce 12 juin de la Fédération malienne de football (Fémafoot) portera uniquement sur la validation de la levée des sanctions qui frappaient certains membres du comité exécutif du bureau fédéral. Pour le président de la Fémafoot, le général Boubacar Baba Diarra, l’esprit et la lettre de la dernière correspondance de la Fifa s’opposant aux termes du protocole d’accord convenu dans le cadre de la décrispation, force devra rester au principe de non-ingérence politique dans le football cher à la Fédération internationale. Les vérités crues d’un président de la Fémafoot balloté par ses adversaires résolus, mais auréolé par le récent succès des Aiglonnets à la Can de leur catégorie au Gabon et surtout déterminé à poursuivre son mandat jusqu’au bout du compte. Interview.

AUJOURD’HUI : Monsieur le président, les cadets maliens viennent de remporter la Can de leur catégorie au Gabon, qu’est-ce que vous avez à dire ?

Boubacar Baba Diarra : Je ne peux qu’être heureux. C’est un sentiment légitime qui s’accompagne d’une fierté amplement justifiée. Gagner une coupe continentale est en soi motif à satisfaction et appelle à une joie immense. Pour comprendre ma joie et ma fierté, il suffit de se rappeler les circonstances de la participation de notre équipe nationale qui nous fait honneur. En un mot : je suis heureux pour le football malien, pour le Mali et pour moi.

Et pourtant le Mali avait failli ne pas y aller ?

Comme déjà dit tout à l’heure, le Mali est revenu de très loin. Nos cadets, à quelques heures du délai de qualification, n’étaient pas certains d’aller défendre le titre gagné par leurs aînés à Niamey (Niger) en 2015. En effet, une décision injustifiée du ministre des Sports avait conduit la Fifa à suspendre le Mali. C’est après une véritable course contre la montre que le gouvernement a rapporté les décisions du ministre des Sports afin que la Fifa consente à lever sa sanction à quelques heures de la limite permise.

Le moins que l’on puisse dire, c’est que le Mali frôlé la catastrophe. Fort heureusement un ange veillait sur nos cadets qui, du coup, sont entrés dans l’Histoire par une première : remporter deux fois de suite la Coupe de la catégorie. C’est en cela qu’il faut louer le sens de la responsabilité des plus hautes autorités de l’Etat pour avoir indiqué la voie de la raison.

Où en sommes-nous avec l’application du protocole d’accord signé le 27 avril dernier ?

Je peux affirmer qu’au regard du contenu du protocole d’accord la grande part des tâches incombait au comité exécutif de la Fédération malienne de football, qui a accepté de renoncer à beaucoup de droits par respect pour son gouvernement et son pays. Tout cela pour que le football malien puisse se développer, pour que les amateurs du sport roi renouent avec leur passion dans une saine émulation sur les stades. C’est pour toutes ces considérations que le comité exécutif de la Fédération malienne de football a exécuté avec diligence et honnêteté tous les points contenus dans le protocole d’accord avec le secret espoir que le sacrifice ne sera pas vain et que la leçon sera comprise et appréciée.

Est-ce que la lettre que la Fifa vous a adressée ne remet pas en cause l’accord notamment la mise en place du Comité de normalisation ?

La correspondance de la Fifa est la réponse au respect de ses exigences après ce qu’elle considère comme une immixtion de l’Etat dans la gestion du football. Dans sa simplicité, dans sa clarté et dans la précision des termes, la lettre de la Fifa a dissipé tous les doutes sur ses intentions et l’impartialité de l’institution internationale. Les exigences de la Fifa s’appliquent non pas à un pays en particulier, mais au monde entier sans état d’âme.

Dans sa mission, elle ne lésine pour appliquer les textes. Sa lettre a non seulement mis un terme à la suspension du Mali mais aussi et surtout elle empêche la création de tout autre organe ou Comité en remplacement du bureau légalement élu. Cette disposition est valable pour toutes les fédérations membres sans distinction aucune. Le Mali ne fera exception : la Fifa est seule habilitée à implanter un Comité de normalisation dans un pays et selon ses critères à elle seule. Au Mali, les conditions ne sont pas réunies pour cela, donc point de Comité de normalisation.

A la publication de cette lettre, quelle a été la réaction des deux parties ?

Mon sentiment est encore la joie pour le respect de la légalité et du bon droit. Je ne peux d’accueillir favorablement l’imposition du respect des textes. La Fifa ne tergiverse jamais quand il s’agit d’appliquer des textes.

Par rapport à l’Assemblée générale extraordinaire du 12 juin prochain, quel est l’état d’évolution des préparatifs ?

La tenue de l’Assemblée générale extraordinaire du 12 juin est une obligation pour respecter un point du protocole d’accord. Nous sommes dans cette logique et le comité exécutif, conformément aux textes, a déjà envoyé les invitations. Vous pouvez vous rassurer, tout le monde recevra son invitation, si ce n’est déjà fait. Jusqu’à ce jour je n’ai pas été saisi pour un problème particulier.

Ne craignez-vous pas un dérapage comme lors de l’AG de 2015 ?

Vous faites sans doute référence au comportement de certains délégués qui ont, par deux fois, brillé par leur absence aux Assemblées générales de la Fédération malienne de football, quand bien même ils ont été invités. Certains ont prétexté n’avoir pas reçu leur invitation. Cette fois elles ont été envoyées par voie d’huissier. Si d’aventure certains décidaient de ne pas se présenter, libre à eux, mais les assises se tiendront en toute conformité légale.

Je peux penser aussi à des invités qui se présenteront dans le but de perturber les travaux en créant des incidents. Soyez rassurés que rien dans ce sens ne se produirait. L’objet, le sujet de cette Assemblée n’est autre que d’entériner, de donner une forme légale à une décision prise par le comité exécutif, la levée des sanctions comme dit dans le protocole. Il n’est pas question de reprendre des débats mais plutôt de légaliser par l’Assemblée générale une disposition déjà prise, car elle seule a une telle compétence.

Si l’AG se passe bien et sanctionnée par la confirmation de la levée des sanctions des différents responsables, est-ce qu’on peut espérer enfin sur un retour définitif dans le milieu du football malien ?

Je pense que la mission de la médiation conduite par deux ministres de la République désignés par le Premier ministre Abdoulaye Idrissa Maïga ne visait que le retour au calme, à la sérénité au sein du football malien, aussi je ne comprendrais pas qu’après tant de sacrifices et d’efforts que quelqu’un puisse chercher à saboter ou détruire ce que d’autres ont si laborieusement construit. Je précise que l’Assemblée du 12 juin n’est point pour reprendre les débats, mais donner la touche finale par l’Assemblée générale seule habilitée à cela. Je reste convaincu qu’après cette rencontre le football malien connaitra enfin sa sérénité.

Pour le reste de votre mandat, quelles sont vos priorités ?

Vous savez tout est prioritaire pour moi. Je compte poursuivre l’œuvre de développement du football, renforcer la cohésion et l’entente, raffermir les acquis.

Parlons du bilan de votre mandat, êtes-vous un président comblé, eu égard aux résultats réalisés et surtout les actes que vous avez posés en termes d’infrastructures ?

Je ne peux pas parler de bilan qui comble. Je laisse à d’autres le soin de porter un jugement de valeur sur mon mandat. Vous savez un mandat n’est rien au regard de la tâche de développement de tous les jours. Je crois que je serai comblé de vrai quand les clubs, les équipes nationales seront au sommet du football africain et mondial, le jour où unanimement l’on reconnaîtra la valeur du football malien. Pour l’heure, je compte poursuivre l’aménagement, l’électrification des terrains ; donner aux jeunes du septentrion les moyens de se battre sur les terrains de sport en les détournant des armes létales. Déjà les travaux d’aménagement des terrains de Tombouctou et de Gao sont quasiment terminés. Il reste à envisager ceux de Kidal.

Un mot sur le match contre le Gabon comptant pour la première journée des éliminatoires de la Can-2019, prévue ce samedi à Bamako ?

Le match Mali-Gabon en éliminatoire de la Can-2019 se présente comme une finale, car dans notre groupe un seul pays sera qualifié et le Mali et le Gabon font figure de favoris. En considérant le fait que l’aller se joue chez nous, il est évident que les Aigles du Mali doivent préparer leur qualification à domicile. C’est au regard de cet enjeu que nous n’avons pas compris le récent charivari autour de l’installation des Aigles du Mali au Centre de Kabala. Et nous ne nous expliquons pas l’attitude du département des Sports face à un problème aussi simple, s’il en était un. Autrement dit d’une peccadille on a voulu faire un cas pendable.

Ayant souci d’une bonne prestation ce samedi, les joueurs, à travers leur entraîneur, nous ont saisis à partir de Casablanca où ils étaient en préparation, pour nous demander de trouver une installation hôtelière offrant des conditions de séjour que le Centre de Kabala qui se trouvait dans un état d’in-habitabilité à leurs dires. Nous avons accédé à cette demande après l’envoi d’une mission de contrôle à Kabala, mission composée de représentants de la Fémafoot et du chargé des installations de la direction nationale des sports. Un rapport en a été rédigé et disponible à notre niveau. Le constat ayant été confirmé nous avons choisi l’hôtel Micasa. Le premier groupe de joueurs s’était déjà présenté à Micasa lorsque nous avons été informés de la fin des travaux entrepris pour la remise en condition des locaux du Centre de Kabala.

Dans ces conditions, la rationalité requise du décideur aurait conseillé de maintenir en l’état l’organisation du séjour des joueurs à Micasa et laisser le temps au département de peaufiner les travaux entrepris à Kabala. Cela d’autant plus que l’entraîneur après avoir visité les installations rénovées, le dimanche dernier, a émis des réserves sur l’habitabilité de Kabala.

La Fédération malienne de football ne s’explique pas l’attitude agressive du département à travers le refus d’accorder l’accès du stade Modibo Kéita aux Aigles du Mali, notre équipe nationale venue pour s’entraîner à la veille d’une si importante rencontre.

Il convient de signaler que c’est le directeur du stade Modibo Kéita qui avait touché le secrétaire général adjoint de la Fémafoot pour que les matches du championnat de Ligue 1 programmés au stade Omnisports soient transférés au stade Mamadou Konaté, car ce jour les Aigles devaient occuper le terrain. Tout devait concourir à la sérénité du groupe en cette phase préparatoire cela d’autant plus que la Fédération s’était engagée à supporter les frais de séjour de l’équipe à Micasa afin de moins obérer les charges du département.

Nous pensons qu’il doit y avoir des relations de complémentarité entre nos deux structures et dans ce cas précis une simple concertation aurait évité la levée de boucliers qui s’en est suivie. Au nom de cette complémentarité nous n’avons jamais exposé sur la place publique les affres de nos champions d’Afrique, nos cadets lors de leur préparation à Kabala lorsqu’ils étaient obligés de transporter de l’eau dans des seaux pour leur toilette après les séances d’entraînement. A cela s’ajoutent beaucoup d’autres imperfections qui n’ont jamais été portées sur la place publique.

Un appel au public sportif et aux acteurs du football malien ?

En guise d’appel, je demanderais à tous, sportifs et responsables, de dépasser les clivages claniques pour ne considérer que le Mali, notre patrie. La force réside en l’union des cœurs et des esprits.

Réalisé par A.B. HAÏDARA

Source : aBamako

aBamako

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