Mali : La MINUSMA dans les tranchées d’une guerre sans visage

N’éludons pas et n’ayons pas peur des mots. Si pour le monde entier, la MINUSMA est une force d’intervention de l’ON U, pour les djihadistes, c’est comme forces d’occupation qui leur met des bâtons dans les roues.

La guerre des tranchées du désert sans visage a changé de vitesse, de stratégie, de tactique et de cible. Les civiles ne suffisent plus pour faire assez de bruit et d’effet, les terroristes s’en prennent désormais aux forces d’intervention de l’ONU au nord, où les autorités intérimaires marchent sur des œufs. On se demande si ces autorités intérimaires répondent à l’aspiration commune de paix entre l’Etat central et le MNLA et les différentes fractions, si l’administration est installée et fonctionne en toute assurance avec le drapeau malien sur les frontons des édifices publics. Mais si les écoles n’ont pas rouvert les portes, chose nodale, cela signifie que l’Etat malien n’existe pas véritablement. La présence des Casques bleus dans ces conditions, pour les terroristes, n’est autre qu’une force d’occupation.

Ces attaques sporadiques deviennent de plus en plus fréquentes et meurtrières, cela démontre, si besoin en était, que les artilleurs-pointeurs djihadistes se font de jour en jour la main en rectifiant les tirs dans les bombardements et pilonnages des camps de l’ONU, leurs cibles de prédilection. Des premiers obus de mars-avril qui tombaient à côté et aux abords, les derniers de mai-juin mettent de plus en plus dans le mille. Ceci est alarmant et un avertissement solennel. Quoi et comment faire pour sortir vite de cette fourmilière ?

L’objectif premier des djihadistes est affiché : rendre le nord ingouvernable. On ne sait pas si c’est pour ramasser les gants de Emmanuel Macron ou pour les jeter au gouvernement malien que les attaques se multiplient et deviennent de plus en plus meurtrières pour tout le monde, mais le défi est bien relevé, la dragée est tenue haute. Il faut arrêter ça !

Mais comment ? La tactique se rapproche. Les terroristes savent que leurs attaques seront suivies de représailles immédiates. Les dernières représailles dans la forêt avait fait des dégâts dans leur camp. Pour contrer cela, ils ont installé une deuxième colonne bien embusquée pour stopper les poursuites. On n’a pas entendu de suite après ces derniers bombardements, dans lesquels des Guinéens ont été touchés. On parle aussi des armes et des matériels de guerre emportés.

Dans ces conditions, les puissances hésitent de pourvoir les forces africaines d’armes de dernière génération, de crainte qu’elles ne tombent entre les mains des terroristes, mais sans les armes performantes et sophistiquées, comment peuvent-elles faire face ? Le dilemme est là comme un casse-tête.

Et comme si de rien n’était, les Maliens n’ont autre souci que de s’entre-déchirer et se bouffent le nez au sujet de la modification de leur constitution pour, disent-ils, donner plus de pouvoir à IBK. Dans une situation de guerre sans nom et sans visage au nord comme au sud, d’attaques fréquentes aux abords de Bamako, puisque Mopti n’est pas loin, le Mali est bien mal parti. Aucune solution n’est en vue. En attendant, les casques bleus tombent…

Les stratèges ont-ils la solution au nœud malien ?

Source : aBamako

aBamako

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