Incendie, coups et blessures volontaires… : L’affaire du siècle au Wassoulou

Début décembre 2016, certains jeunes du village de Guélélékoro, chef-lieu de la Commune du Djalon Foula dans le cercle de Yanfolila (Wassoulou), au petit matin, ont attaqué les villageois voisins de Kignékan.

Armés de machettes, de haches et de fusils, les agresseurs ont rencontré pour la plupart des femmes levées tôt pour les travaux ménagers. Animés par une haine indescriptible, ils ont mis à exécution ce pourquoi ils s’étaient préparés depuis des mois.

En effet, les agresseurs avaient prévenu qu’ils allaient attaquer le village de Kignékan et même le faire disparaître. Vaines furent les interventions des notabilités des villages environnants. L’affrontement a duré la moitié de la matinée avant que les gardes appelés par le sous-préfet interviennent pour limiter les dégâts.

Dégâts déjà majeurs puisque ce sont des coups et blessures volontaires, un incendie volontaire des récoltes, souillure, voire empoisonnement de puits qui ont été constatés par les autorités locales et un huissier de justice. Un fusil et des munitions avaient pu être arrachés aux agresseurs et devraient être consignés à la gendarmerie.

Il a fallu deux jours de présence de la protection civile à Kignékan pour éviter d’autres atrocités.

C’est donc vrai que l’objectif des agresseurs était de faire disparaître Kignékan, voire d’exterminer les villageois. Dessein hitlérien au Mali ?

Même pour les premiers soins de la dizaine de blessés au dispensaire communal de Guélélékoro, il a fallu des discussions pour y accéder. Le chef de village de Kignékan a porté plainte pour les faits d’incendie volontaire, coups et blessures volontaires sur une dizaine de personnes dont six femmes y compris une femme enceinte.

Une dizaine des agresseurs après avoir été entendue était bouclés pendant un peu plus d’un mois à Yanfolila sur décision du juge de la localité, actuellement muté.

Mais les personnes incarcérés ont été mises en liberté par le même juge depuis quelques semaines alors que la plainte n’a pas été retirée et même sans un arrangement à l’amiable par la voie coutumière. Le juge aurait-il occulté les faits réels pour une qualification mineure ?

Certes la qualification des faits relève du juge mais peut-on occulter les coups et blessures, l’atteinte à la vie humaine ? Un incendie volontaire ? L’interdiction de se rendre en un lieu de notre pays à des citoyens par d’autres ? Il y a-t-il cécité intellectuelle, incompétence ou complaisance ?

De plus, les villageois de Kignékan sont interdits par certains de Guélélékoro de venir au chef-lieu de commune. C’est ainsi que le nommé Diakaridia Sidibé de Kignékan avait été encerclé dans son lieu de service (Kafo Jiginew) avec la ferme volonté manifeste de le “brûler” pour s’être rendu dans un village qui lui était interdit.

Un nouvel Etat à part, avec ses lois

Il a fallu l’intervention de la protection civile pour extraire le jeune homme séquestré et le ramener dans son village. Cet acte ignoble est intervenu au moment où les ressortissants de la Commune à Bamako cherchaient une solution amiable.

Pis, il y a une semaine, un ressortissant de Kignékan de passage dans le “village république de Guélélékoro” a été agressé. Toujours confiant en notre justice, une plainte a été déposée contre le nommé Mamady Sidibé qui s’est présenté à la gendarmerie de Yanfolila. Suite à l’audition des deux parties, le sieur Mamady Sidibé dit Dial a compris qu’il ne fait pas la loi au Mali et a fui.

Pour éviter de nouveaux affrontements, les villageois de Kignékan avaient demandé à ceux de Guélélékoro auxquels ils avaient prêté des terres conformément aux coutumes de les rendre. Ayant constaté qu’ils ne s’étaient pas exécutés, une mise en demeure leur a été notifiée par l’intermédiaire d’un huissier conformément aux procédures. Le nouveau juge est saisi.

Cette affaire a attiré notre attention pour les faits générateurs, les motifs de l’agression qui, nous y reviendrons, tournent semble-t-il autour des questions de redevances dans les zones d’orpaillage.

Nous y reviendrons au fur et à mesure de nos investigations sur le terrain, à Bamako et même en Côte d’Ivoire où, selon nos informations, les ressortissants du village de Guélélékoro auraient cotisé pour régler l’affaire auprès des administrations concernées.

Manque de pot : “Notre justice ne se vend pas et ne se paie pas”.

Bara De Dara

Source : aBamako

aBamako

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