Déclaration de politique générale : Toujours les mêmes priorités, mais avec plus de conviction

Après leur avoir soumis sa Déclaration de politique générale (DPG) lundi dernier (13 juin 2017), le Premier ministre sera devant les élus du peuple ce jeudi 15 juin 2017 pour les débats en profondeur.

La déclaration d’Abdoulaye Idrissa Maïga «AIM» est axée sur quatre charpentes. Il s’agit notamment de l’accélération de la mise en œuvre de l’Accord pour la paix et la réconciliation, l’apaisement du climat social, le Programme présidentiel d’urgences sociales et de l’adaptation de la diplomatie malienne aux ambitions du Mali.

«La mise en œuvre efficace de l’Accord pour la paix et la réconciliation constitue un pilier solide pour le retour de la paix, le renforcement de notre souveraineté nationale et le développement harmonieux de notre pays», a martelé AIM avec forte conviction. C’est ainsi qu’une «mission de bons offices» est prochainement attendue à Kidal et au centre du Mali pour «rendre effective la présence de l’Etat».

Le hic, c’est que cette présence de l’Etat ne dépend pas que des Mouvements armés ou des populations concernées, mais surtout des groupes terroristes, plus précisément d’Iyad Ag Ghali dont l’influence et la nuisance se sont accrues avec le commandement de la nébuleuse alliance Nusrat Al Islam Wal Muslimin (Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans).

Pour la promotion du dialogue social, Abdoulaye Idrissa Maïga a annoncé deux mesures-phares. Primo, l’adaptation du Code du travail en vigueur à l’évolution du contexte socioéconomique et institutionnel afin d’apaiser les tensions sociales et stimuler le secteur privé pour en faire le moteur de l’économie nationale. Secundo, la création d’un Conseil national du dialogue social favorisant l’animation d’un cadre permanent de concertation entre le gouvernement et les partenaires sociaux pour prévenir d’éventuels conflits.

Le commerce, les affaires religieuses et du culte, la promotion de la Femmes et la protection de l’Enfant, le sport et l’artisanat… ne sont pas «les enfants gâtés» de cette DPG. Ce sont presque les mêmes promesses que les prédécesseurs de AIM.

Ainsi, les Maliens attendent toujours une vision claire et concrète en matière de réduction des inégalités sociales par rapport à l’accès aux services sociaux de base comme l’eau, les soins de santé, l’énergie, les pistes rurales qui sont la trame du Programme présidentiel d’urgences sociales. Au moment de la DPG du PM, de nombreux quartiers de la capitale étaient privés d’eau depuis au moins 24 heures.

Mais, l’actuel chef du gouvernement mise sur le projet d’alimentation en eau potable de la ville de Bamako à partir de Kabala. A partir de 2018, cette installation permettra à plus d’un million de personnes d’avoir de l’eau potable. Entre temps, la population de Bamako aura augmenté de combien de personnes créant des besoins nouveaux en termes d’accès ?

Pour la concrétisation de ce vaste programme, le Premier ministre a annoncé la mobilisation d’un ensemble de dotations budgétaires d’un montant de 2 201, 164 milliards F CFA soit une augmentation de plus 500 milliards par rapport à l’exercice budgétaire de 2017 s’élevant à 1 682, 829 milliards F CFA. Comment mobiliser tant de ressources financière ?

Les débats prévus ce jeudi à l’Assemblée nationale nous édifiera sans doute d’avantage. La seule évidence, c’est que la DPG a des chances de passer. Car même certains ténors de l’opposition reconnaissent sa pertinence même s’ils s’interrogent sur la capacité du gouvernement à mobiliser son financement.

Dan Fodio

Source : aBamako

aBamako

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