CONTRIBUTION : L’EDM nous prive de son électricité, mais Dieu nous envoie sa pluie

Dieu est grand deh ! L’EDM nous prive de son électricité, mais Allah nous envoie son eau, sa fraicheur. Cette phrase a été proférée par M. Sidibé un taximan analphabète, mais très pointu dans ses dires et analyses. Juste après cette belle phrase, j’ai décidé de maintenir et développer une conversation avec lui. Agité par la banalité, mais en même temps l’anicroche de cette phrase prononcée de façon tacite, mais ferme.
(Dialogue entre Sidibé (le taximan) et moi).
Moi: mais, même si on ne coupait pas l’électricité, Allah nous gratifiera toujours de sa pluie…
Le taximan: Koro deh, je ne sais pas si tu es proche de ce régime mais le vieux nous a fait avaler une noix de coco alors qu’on n’avait pas prévu comment l’évacuer (forme civilisée de la phrase).
Moi: mais Dogo, le problème d’électricité a toujours respiré dans ce pays, en plus ce n’est pas le vieux qui peut avoir l’œil sur tout…
Le taximan: (ne voulant plus me dire «Koro») Toi, quel est ton nom ? Je veux te dire que moi-même j’ai voté pour le vieux, mais quand j ai vu qu’il a dit que Moussa Traoré est un républicain alors que tout le monde sait ce que cet homme a fait pour ne pas faire bouger le Mali, Koro wallah, depuis ce jour là, mon espoir c’est amoindri («né djiguiya missinyara») si tu ne sais pas, le vieux a la main dans tout, mais, c’est bon. Toi-même tu vas où ?
Moi: Dogo, ne te fâches pas, je vais à Korofina sud. Après un court silence, je lui dis: «Dogo, mais selon toi, tu penses que le manque d’électricité est aussi la faute du vieux ou de son entourage ? Pour moi, le vieux désigne des gens qui doivent faire le travail…».
Le taximan: Grand frère, est ce que tu vis ici ? Parce que la manière dont tu parles là, on dirait que tu ne connais pas les réalités de ce pays. Tous les gens que le vieux désigne sont des gens recommandés par le parti ou par sa famille, en plus, c’est le vieux qui a dit qu’il va faire sortir le Mali et les maliens des problèmes qu’ils vivent.
Moi: (Et dans un français titubant, agacé par le fait qu’il m’ait dit que je ne connais pas les réalités du pays, je rétorque par des tournures logiques pour lui faire comprendre rapidement que je vis ici, et que je connais certaines réalités): Même si je ne connais pas les réalités du pays cela ne m’empêche pas de dire que la gestion actuelle du pays, c’est aussi la faute de tous les gens qui sont autour de lui et qui ne lui disent rien, si ce n’est le flatter.
Il faut aussi se dire que dans ce pays, les gens n’osent pas dire la vérité à leur patron, personne ne peut dire: «vous vous aviez dit ça avant d’être chef, aujourd’hui vous ne faites pas ce que vous aviez dit, alors je ne peux plus continuer avec vous». L’honneur de respecter la parole donnée est une tradition que personne ne respecte plus dans ce pays…
Le taximan: (Apparemment, content) Koro tu as tout dit. (Je vire à gauche ? Oui.). Tu sais, c’est ça le problème de ce pays, par exemple: le propriétaire de mon taxi, n’oublie pas que je ne suis que chauffeur du taxi, le taxi n’ est pas pour moi (il insiste trop souvent sur des choses faciles à comprendre), n’a jamais respecté ce qu’il dit et après, on nous accuse, nous, les taximan d’être des gens difficiles, alors que le patron ce qui lui importe, c’est recevoir sa recette qu’importe que je sois malade ou pas…(entre temps, je suis arrivé chez moi).
Moi: Ah Sidibé, je suis arrivé. Merci. Est ce que je peux avoir ton numéro ? (On a échangé nos numéros de téléphone).
Le Taximan: (dans une rigolade bien structurée, je lui ai donné cinq cents (500) Francs CFA de plus, et il ajouta): Koro je pense que tu es de ce régime. Vous «luisez bien» et vous donnez un peu plus que le prix normal, ah c’est pour que je me taise (J’ai gloussé sans rien dire.).
Je n’étais pas très satisfait, car l’occasion était bonne pour prolonger la conversation, mais malheureusement mon domicile était proche. La conversation n’a pas eu un fil de conduite rectiligne, mais je promets de rechercher Sidibé et de lui proposer de m’accompagner à l’aéroport pour avoir une distance suffisante pour qu’il sache que je ne suis pas de ce régime et que je suis étranger à ce système qui depuis la fin du régime de Modibo Keita (premier président), nous abaisse.
A peine, mon portail franchis, je vois un message de mon viber qui me dit «Bonsoir Cous !». (C’est ma cousine, Madame Sylla qui vient juste d’accoucher d’un joli garçon.).
J’entame une conversation.
Moi: Cous comment vas-tu ? tu ne dors pas, il fait tard et monsieur il va bien ?
Cous: Cous ça ne va pas, dans ce pays rien ne va, le bébé ne dort pas et cela fait deux jours pratiquement que je ne dors plus, il ne fait que pleurer et je suis inapte pour résoudre son problème.
Moi: (ahuri) Quel est son problème ?
Cous: Cous, son problème c’est son pays, c’est le Mali mal gouverné, corrompu qui risque de ne rien léguer à ses petits enfants qui sont nos enfants (Cous est une intellectuelle qui manipule bien la langue de Vaugelas). Depuis le crépuscule, il y a coupure d’électricité et ici comme nous sommes dans une zone proche des collines, la chaleur s’amplifie.
En plus quand l’électricité revient, à peine on commence à la sentir qu’elle repart avec son lot de destruction de nos appareils, Cous peux tu dire à IBK de tout faire pour que ses petits fils ne l’anathématise et de dire aux gens de l’EDM, Allah Kama! (A cause de dieu) de nous envoyer l’électricité au moins la nuit ?
Moi: Cousine, comment pourrai je le lui dire ça, je n ai pas accès à lui, sinon, Cous tu sais que je pourrais le lui dire. Cous, je te jure je viens de finir une conversation avec un taximan qui se plaignait aussi de l’électricité et du gouvernement.
Cous: Ah, Cous, merci dieu ! Il commence à pleuvoir, dieu ne nous laissera pas dans les griffes de ces barbares qui nous dirigent aujourd’hui, merci de m’accorder ces quelques minutes, je pense que dieu a entendu le cri du bébé, cette pluie va nous rafraichir un peu et j’espère que je pourrai être dans les bras de Morphée avec le bébé.
Moi: Cous, l’EDM nous prive d’électricité mais Dieu nous envoie son eau. A plus.
C’est à partir de cet instant que j ai décidé d’écrire une lettre dans les journaux pour dénoncer le comportement de non proposition réelle des dirigeants de l’EDM pour sortir de cette calamité de coupure intempestive qui bousille tous nos appareils.
Franchement si les dirigeants de l’EDM pour une fois dans leur vie essaient de nous dire clairement quand il y a délestage et que l’on nous donne au moins un programme de fourniture d’électricité, on serait au moins prudent pour nous préparer à débrancher nos appareils. Ce pays a beaucoup d’urgences qui ne sont pas ces acrobaties superfétatoires dans lesquelles certains, sans vergogne, veulent conduire le pays.
Nous finissons par cette phrase de Louis Auguste Martin :
«Le silence d’un peuple n’est qu’un effet de contrainte et non pas une adhésion volontaire à la servitude ; c’est, le plus souvent, le couvre-feu d’une révolte à venir.»

Monsieur le directeur rénovateur de l’EDM,
Le mois passé à plusieurs reprises de la journée ou de la nuit, il y a eu une série de coupures sur le réseau électrique de Bamako en Commune I et particulièrement à Korofina le quartier dans lequel j’habite.
Ces coupures répétitives ont eu pour conséquence d’endommager sérieusement mes appareils électriques [dont climatiseur, réfrigérateur et certaines ampoules dites ampoules économiques] qui, désormais, sont donc hors d’état de fonctionner.
Devant ces faits, il est clair que vous ne vous vous acquittez de vos obligations contractuelles et que le service que vous me fournissez ne me permet pas de faire un usage normal de mon abonnement à l’électricité, abonnement que, je le rappelle, je paie tous les mois comme le stipule mon contrat.
Par conséquent, je vous demande de respecter ce pour quoi vous vous êtes contractuellement engagé et de rétablir au plus tôt le bon fonctionnement de ma distribution électrique de manière à ce que je puisse en user sans restriction comme convenu dans les conditions générales, mais surtout sans que cela ne nuise à mes appareils électriques.
En comptant sur votre probité, je vous prie d’agréer, Monsieur, mes salutations plus ou moins distinguées.
Ousmane Mohamed, ex-président de la Nouvelle Jeunesse Africaine

Source : aBamako

aBamako

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