Référendum: le dessous des cartes

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La marche pacifique des partisans du ‘’Non’’ à la révision constitutionnelle a été, il faut le reconnaître, une grande réussite. Cette réussite, chacun sait, est à mettre moins au crédit d’une Opposition éclectique et monstrueusement divisée que des mouvements de jeunes et de la société civile comme ‘’An tè son, a bana’’, ‘’Trop c’est trop’’, les fans de Ras Bath, les fidèles de Chouala Bayaya… Mais, voilà à peine la marche finie, les opposants, jusqu’ici cachés derrière les associations, se tirent la couverture. Récupération politicienne, quand tu nous tiens !

Deux jours après la marche des partisans du ‘’NON’’ à la révision constitutionnelle, les commentaires vont bon train. Dans les compartiments de l’Opposition qui s’est alliée, pour les besoins de la cause, des associations, on jubile, on extrapole et on se met même à rêver à des scenarios improbables. Au même moment, comme angoissés par une marche concoctée à grands frais, certains maillons de la Majorité cèdent au chant de sirène négatif et entonnent la philharmonique du retrait ou sa reprise pour plus d’inclusivité. La politique, une question de conviction ou d’intérêt ? D’idéal ou d’ambition ?
La principale revendication des marcheurs de samedi dernier était d’obtenir du Président de la République, initiateur du projet, le retrait pur et simple du texte révisé de la Constitution du 25 Février 1992. Au-delà de cette motivation centrale (et certainement des ressentiments envers IBK), pas grand-chose ne lie la singulière coalition de circonstance qui comprend des politiciens, des religieux (aux côtés de l’Opposition qui s’immiscent aussi dans la politique), des activistes des réseaux sociaux, des mouvements de jeunes, des artistes et des transfuges de la Majorité.

Le diagnostic
C’est pourquoi il convient de passer au scanner le ‘’NON’’ brandi par la Plateforme à la lumière de l’engagement légitime des uns et de l’ambition moins avouable des autres.
A court d’informations en amont du projet piloté dans la froideur des bureaux officiels (il faut le déplorer), beaucoup de Maliens ont été abreuvés à la source de la désinformation et de la manipulation savamment orchestrées par une Opposition qui perpétuellement embusquée pour sonner le tocsin à un régime dont le seul tort est d’avoir conjugué au passé le « consensus » qui a maintenu en vie la plupart de ses membres.
Tous les marcheurs de samedi dernier, toutes les personnes et tous les mouvements qui ont rallié la Plateforme du ‘’NON’’ à la révision constitutionnelle ont-ils été manipulés ? En tout cas, beaucoup de personnes ont battu le pavé parce qu’elles ne sont pas suffisamment informées. Nombre de nos compatriotes restent encore dans le flou sur les réelles motivations et les vrais enjeux de la révision de la Constitution.
À l’opposé de ceux-ci, c’est pleinement informés et au fait des choses que notamment les responsables de l’Opposition prêchent le faux et dans le faux, tentent d’instrumentaliser les Maliens et de mettre IBK sur le ban de ses compatriotes. Comme, par exemple le fait de lancer la rumeur selon laquelle qu’après la révision de la Constitution, le Mali va devenir un royaume, qu’il y aura une succession dynastique au pouvoir, qu’IBK va légaliser le mariage homosexuel au Mali.
Par-delà le caractère grossier et caustique de la désinformation (la vérité finit toujours par triompher), dans quel cadre faut-il mettre l’acharnement de l’Opposition à exiger le retrait du texte ?

1- Pour compliquer davantage la situation à IBK (Accord – accélération de la mise en œuvre, le report signifie blocage et peut-être même reprise des hostilités)
L’arrêt du processus de révision du texte serait tout simplement un blocage à la mise en œuvre de l’Accord pour la paix et de la réconciliation. Sachant bien que certains points dans cette nouvelle Constitution sont pris en compte par le célèbre document qui est gage de la stabilité de notre pays, nous ne pourrons plus reculer pour faire plaisir ou gérer les humeurs d’une tierce personne qui brandit des arguments peu convaincants. On appelle cette attitude un égoïsme politique, si on voit les ténors qui font surgir la rue sur du néant. Car, ils ont bel et bien connaissance du contenu de cette Constitution qui fait l’objet de toutes les incompréhensions de la part des populations lambda malmenées par une Opposition déchirée par un égocentrisme qui ne dit pas nom.

Pour revenir à la mise en mise en œuvre de la paix et de la réconciliation, la situation d’insécurité est telle au Mali qu’on ne sait plus qui fait quoi. Une adhésion totale des parties armées serait sans doute une occasion pour défaire les terroristes et certains groupes malintentionnés qui sont des amis celés de ces terroristes qui font des exactions à ciel ouvert. La preuve, pas plus tard que de dimanche passé à hier, notre pays a été secoué par des séries d’attaques qualifiées de terroristes à Bamako et à l’intérieur du pays. Le referendum du 09 juillet va conduire le Mali vers la paix tant recherchée. En tout cas, les Médiateurs et la Communauté internationale seront témoins que le Gouvernement du Mali a respecté sa part de contrat. Son report plongerait par conséquent le pays dans un blocage et peut être des hostilités au Mali.

2. elle sait qu’elle va perdre, que le ‘’Oui’’ va largement gagner. Ce qui politiquement enterre son rêve d’alternance
L’intox de l’Opposition qui fait passer de mauvaises informations sur le contenu du texte révisé de la Constitution et les tapages dans les rues sont juste une tentative de décourager les exécutifs pour la tenue de ce referendum combien important pour notre démocratie et la stabilité du pays. Le ‘’Oui’’ va gagner pour la simple raison que la stratégie de convaincre les Maliens est plus sérieuse que celle de l’Opposition. Depuis le vote du texte, nous assistons à des séances de meetings et des marches qui en disent long sur la sincérité de ces hommes politiques iconoclastes qui sont dépourvus de tout patriotisme. Comme le dit l’adage : « c’est le tonneau vide qui fait beaucoup de bruit ». L’Opposition est un tonneau vide de toute conviction politique. Le ‘’Oui’’ va l’emporter parce que les partisans de la rue et non moins les amis de quelques minutes ne sont ni militants, ni des alliés sûrs des urnes. Pire, le vote ne se fait pas sur les réseaux sociaux. Tout atteste que le ‘’Oui’’ va l’emporter sur le non ; car au lieu des tapages dans les rues ou sur Facebook, le Gouvernement est à pied d’œuvre pour informer, sensibiliser et éduquer les populations sur la nouvelle Constitution. Ce débat franc est un gage de confiance entre le Gouvernement et sa population.

3-Quid des ralliements des certains partis de la Majorité ?
Depuis la marche de l’Opposition l’effet de la propagande de l’opposition n’a pas épargné certains partis de la Convention de la majorité présidentielle qui n’ont pas pu montrer leur vraie face vis-à-vis de ce projet de révision constitutionnelle. Tandis que le Parti Yéléma parle d’un report du référendum, le CNID/FYT parle d’une relecture du texte déjà voté à l’hémicycle. Sans pour autant se désolidariser du parti présidentiel, cette attitude des alliés du Gouvernement fait croire, sans nul doute que le bluff de l’Opposition, celui de faire échouer le ‘’Oui’’, a marché chez eux.

Simple faux calcul si ce n’est un repositionnement
Cette frayeur chez les alliés du Gouvernement les amène à un calcul insolvable. Un faux calcul qui ne tombe jamais ; car ces ténors de l’Opposition n’ont aucune garantie de leur acte hypocrite. Car, le débat orchestré aujourd’hui par l’Opposition est animé de mauvaise foi en vue de faire entorse au processus en cours. Elle ne se prête jamais à un débat contradictoire sur cette réforme constitutionnelle pour démontrer à l’opinion nationale en quoi le nouveau texte divise le pays ou met en cause les valeurs démocratiques. Tant qu’elle sera incapable à s’adonner à cet exercice, notre Opposition assistera, avec amertume, à l’arrivée à bon port de ce projet de révision constitutionnelle.

Par CHRISTELLE KONE

Source : aBamako

aBamako

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