Sommet extraordinaire des chefs d’Etats du G5 Sahel : Le train fantôme d’IBK refait surface

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« Le train de la paix avance ». Voici là, l’un des vers du discours du président malien Ibrahim Boubacar Keita, à la cérémonie d’ouverture du sommet extraordinaire des chefs d’Etats du G5 sahel. Voici qu’une fois de plus, le Président IBK fait allusion à son train. Il s’agit d’un train qui dans l’illusion perpétuelle existe dans les pensées du président de la république du Mali. Ce train appelé celui de la paix avance. Seulement si le président pouvait dire à son peuple comment il avance, pour quelle destination et à quelle vitesse ?

De l’éclatement de la crise politico sécuritaire de 2012 à maintenant, l’intégrité territoriale du pays est menacée. Certaines localités du Nord et du centre, sortent du contrôle du gouvernement malien. L’Etat malien est totalement absent dans lesdites localités. Parmi elles, il faut noter la région de Kidal, des parties des régions de Tombouctou, Gao, Mopti et Ségou. De 2012 à aujourd’hui, la peur, la terreur règnent dans ces zones. Ce n’est pas les habitants des communes de Dina gourou et de Djondjori dans la région de Mopti, des communes de Sokolo et de Matomo, dans la région de Ségou qui diront le contraire. De jour en jour ces populations vivent avec la peur au ventre, la peur d’être la cible d’un groupe de bandits armés et autres terroristes. Ces gens, ne croiront jamais, à l’existence d’un train, appelé celui de la paix. C’est encore dans ces zones que des conflits intercommunautaires éclatent à chaque fois. C’est dans ces localités qu’on vous dira, qu’il y’a peut-être un train qui avance pour les groupes armés, les parties signataires de l’accord pour la paix et la réconciliation nationale, issu du processus d’Alger. Les populations de ces localités, vous diront aussi que s’il y’a un train qui avance, c’est celui du malheur qui se dirige directement sur elles, pauvres populations.

Néanmoins, le président IBK, n’a pas tort quand il affirme que le train de la paix avance. IBK se souvient toujours de la signature d’un accord, appelé « accord pour la paix et la réconciliation nationale » issu du processus d’Alger. Les dispositions de ce document s’exécutent tant bien que mal. Le Mali a tenu, la conférence d’entente nationale, les autorités intérimaires ont été installées, le Mali se prépare au référendum constitutionnel. Avec l’accomplissement des dispositions de l’accord, IBK a bien raison de penser qu’un train avance. Peut-être que le président de la république du Mali, minimise le fait que la paix ne s’écrit pas en lettres mais se sent dans les comportements. S’il est vrai que ce train avance, il faut dire à son conducteur, qu’il est temps, de passer par Kidal, en embarquant le gouverneur, les préfets, et sous-préfets de cette région aussi bien que d’autres symboles de la république malienne. Qu’il soit en train d’avancer ou pas, le conducteur du train doit aussi comprendre que les passagers à bord sont fatigués de rester dans un train en pas de caméléon, un train qui s’arrête à chaque fois qu’un passager de la CMA voudrait se faire voir. Allez y dire au conducteur du train, que tant qu’il ne fait que trop bavarder au volant du train, il serait difficile pour les conventionnaires de son train de prendre au sérieux ses doléances.

Dans tous les cas, le peuple malien a soif de la paix et de la réconciliation nationale. Car la situation n’a fait que trop durée.

Guedjouma

Source : aBamako

aBamako

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