Nouvelle constitution taillée sur mesure : Le référendum qui risque d’écourter le mandat d’IBK

Au Mali, une nouvelle tension vient de prendre forme suite à la volonté du Président de la République IBK et ses commis de modifier la constitution de 1992. Impopulaire, rejetée par l’écrasante majorité des Maliens, la proposition l’est pour la simple raison que dès son adoption par l’assemblée nationale et la date du 09 juillet callée pour le référendum, une plateforme a vu le jour. Appelée AN TE A BANNA ‘’Touche pas ma constitution’’, elle a enregistré l’adhésion de centaine d’associations, une quarantaine de partis politiques, des activistes, des artistes, des centrales syndicales, des religieux, la société civile… Cette étape a été suivie par une marche qui a impressionné le monde entier compte tenu de la mobilisation et la détermination de ceux-là qui ont pris part à cette manifestation patriotique. Elle n’est comparable qu’à la révolution de 91, estiment plusieurs acteurs de cette révolution support de notre constitution qui est source de menace grave par le dessein malsain de l’actuel régime à la modifier. Toutes stratégies pour tuer le poussin dans l’œuf furent orchestrées par le pouvoir sans succès. Et au regard de la tension qui prenait de l’ampleur, les défenseurs sans arguments poignants de ce fameux projet décident de le reporter lors d’un conseil des ministres à une date ultérieure. Est-ce à dire que le message du peuple, c’est-à-dire le camp du NON a reçu un écho favorable ?

Apparemment non. Les serviteurs d’IBK qui pensent qu’ils doivent leur existence au président de la République ont entrepris des démarches de sensibilisation à l’intérieur du pays, passé par des espaces publics dans la capitale et des supports médiatiques pour tenter de convaincre. Dans cette logique, ils s’en prennent à l’opposition comme si c’est elle l’instigatrice de la plateforme dans l’optique de renverser le régime. Cela est faux ! La composition de la plateforme (avec les syndicats, la société civile, les religieux etc.) et la présence massive des artistes et activistes en témoignent de la représentativité équilibrée de toutes les sensibilités du Mali. Donc l’opposition ne saurait manipuler tout ce peuple qui a décidé de prendre son destin en main.

Le camp du OUI tient au référendum. La plateforme AN SON NA, le ministre des droits de l’homme et les reformes de l’Etat, Me Kassoum Tapo, le président de la commission Loi, l’honorable Me Zoumana N’Tji Doumbia, le premier vice-président de l’Assemblée Nationale, honorable Moussa Timbiné… affirment clairement que le referendum aura lieu malgré l’opposition d’une partie importante du peuple malien au projet. Dans leurs argumentaires, ils minimisent même tout ce monde qui s’est dressé contre le contenu mais aussi le contexte dans lequel ce projet est soumis : l’intégrité du territoire avec la violation de l’article 118, les pouvoirs démesurés qui seront accordés au président, l’affaire des homosexuels…

La proposition du camp du NON de ranger ce projet et s’atteler à recouvrer l’intégrité du territoire, est tombé dans l’oreille d’un sourd.

Le Président de la République, Ibrahim Boubacar Keïta, comme pour montrer qu’il est l’empereur et le peuple malien son esclave, donc quand il demande, on doit s’exécuter, a profité de la présence du président français, Macron à Bamako, pour se prononcer sur la question. IBK est ferme. Le referendum aura lieu car c’est une recommandation de l’accord d’Alger qui à l’en croire a été validé par le peuple malien. Mais de quel peuple parle-t-il ? IBK avait-il soumis l’accord à l’appréciation du peuple malien avant sa signature pour oser faire une telle affirmation gratuite ? NON ! NON ! NON ! L’accord d’Alger n’a jamais fait l’unanimité au Mali. Au contraire, il a été rejeté par l’écrasante majorité du peuple et les réserves émises hier se manifestent malheureusement aujourd’hui sur le terrain suite aux dégâts sur tous les plans dont nous assistons impuissamment.

Par ailleurs, aucune recommandation de l’accord d’Alger n’est prise en compte dans ce projet de constitution à part le SENAT qui est d’ailleurs antérieur à l’accord d’Alger car proposé dans le projet de constitution de Daba Diawara en 2011.

Les deux démonstrations de force du camp du NON au Mali et à travers le monde (marche et meeting) semblent ne pas dissuader le régime.

Pourquoi IBK refuse d’écouter son peuple, ce même peuple qui l’a élu à 77% ? IBK le méprise tout en faisant fi du principe selon lequel c’est le peuple qui délègue son pouvoir.

IBK tient fermement à son referendum et veut engager un bras de fer avec son peuple. Une chose est certaine, s’il ne renonce pas ses jours sont comptés au pouvoir. La nouvelle date qui sera fixée, elle sera le point de départ de sa chute progressive.

Boubacar Yalkoué

Source : aBamako

aBamako

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