Négocier avec Iyad Ag Ghali : « Un mal nécessaire pour le retour de la paix au Mali », selon un colonel à la retraite

Si la question de négocier avec Iyad Ag Ghali semble révolue dès lors que le président de la République, Ibrahim Boubacar Kéita, a clairement fait savoir qu’il ne négocierait jamais avec lui, les soldats et les officiers de l’armée malienne ayant maté, avec ce renard du désert reconverti en terroriste, des velléités insurrectionnelles de certains rebelles touareg dans les années 1990 à 1997 dans le grand Nord malien pensent tout le contraire de la position affichée par le chef suprême des Armées du Mali !

Dans ce lot, se trouve un colonel à la retraite qui soutient, sans mordicus, que Iyad Ag Ghali, l’homme qui semble être aujourd’hui l’ennemi numéro un des Etats engagés dans la lutte contre le terrorisme, n’est pas, malgré tout ce qu’il a fait, un « monstre » comme d’aucuns le prétendent.

« Quoi qu’on fasse, Iyad Ag Ghali reste un malien, et je serais étonné d’apprendre qu’il a aussi facilement perdu la fibre patriotique qui brûle en lui, et qui l’a toujours amené à combattre d’autres « frères » touareg aux côtés de l’armée malienne pour l’intérêt supérieur de la République du Mali », nous dit notre colonel à la retraite, qui dit avoir côtoyé et combattu avec Iyad dans les montagnes de Taghargar pour mater des velléités de soulèvement de certains touareg du Nord. « Si Iyad Ag Ghali est devenu un « montre », je crois que ce monstre a été fabriqué par l’Etat malien », nous dit-il amer.

A la question de savoir pourquoi ? Il déclare sèchement : « Parce que tout simplement sa loyauté et son engagement pour le Mali n’ont pas été bien récompensés par les autorités maliennes », qui n’ont pas su, à l’époque, exploiter le trésor qu’il constituait pour l’Etat du Mali dans la maitrise du grand Nord malien, et qui, comme pour le jeter en pâtir, ont préféré l’ « expédier » loin du Mali.

En faisant cela, certainement dans le sombre espoir de mener leur règne loin de cet homme qui comptait pour les régions du Nord, « on a oublié qu’on coupait Iyad Ag Ghali de son milieu naturel, qu’on désagrégeait tout le respect et l’aura qu’il s’était forgé au Nord. Avec en sus la mémoire de tous ces hommes qui, même sans faire partir des effectifs de l’armée malienne, ont sacrifié leur vie pour lui, je veux notamment parler de ce jeune civil du nom Loya qui protégeait le transport du carburant de l’armée malienne de l’Algérie au nord du Mali, ou encore du commandant Ibrahim, cet officier qui commandait le camp de Tombouctou et qui avait fini par attaquer ce camp et tout emporter, mais qui fut mobilisé de nouveau par Iyad pour combattre les ennemis qu’il avait rejoint… Ce commandant Ibrahim qui fut par la suite réhabilité avant de se voir affecté à Sikasso, et qui mourra suite à un accident sur la route du grand Nord suite à une visite de Kadhafi au Mali… »

Pour notre colonel à la retraite, il n’y a pas milles solutions pour ramener la paix au Mali : il faut négocier avec Iyad ! Pour lui, les occidentaux qui nous chantent au quotidien qu’ils ne négocient pas avec les terroristes sont ceux qui alimentent les comptes des terroristes avec des rançons qu’ils leur payent suite à des négociations dans l’ombre…

« Ne pas négocier avec Iyad Ag Ghali profite plus à ceux-là qui nous interdisent de négocier avec lui. Qu’on demande aux Algériens comment ils ont réussi à combattre le terrorisme chez-eux, et comment ils ont fini par venir à bout du Groupe Salafice pour la Prédication et le Combat ! En tout cas, nous qui avons combattu avec Iyad au Nord savent qu’il y a aujourd’hui beaucoup de gens qui lui crient haro, mais qui ne sont pas du tout plus patriotes que lui ! Iyad ne peut pas renier le Mali, son pays, il faut par conséquent négocier avec lui, si l’on veut vraiment avoir la paix au Mali… », a conclu notre colonel à la retraite, pour qui, il y aurait aussi de milliers de cadres maliens victimes des gouvernants successifs du Mali, mais qui n’ont pas, contrairement à Iyad, aucun moyen de porter leurs voix !

Moussa Koné

Source : aBamako

aBamako

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