« Dérives » à la faveur de la révision constitutionnelle : Non à la perversion et au radicalisme politique

Les leaders religieux musulmans, réunis jeudi à la Grande mosquée de Bamako, sous la houlette du Haut Conseil Islamique, ont appelé les Maliens à la retenue, à l’union et la cohésion sociale. Une façon pour eux de dire : ça suffit !
Le projet de révision constitutionnelle initié par le président de la République, son droit garanti par la Constitution de 1992, est secoué par des campagnes d’intox et des dérives sans précédent qui appellent à prendre du recul sur notre société. La situation qui prévaut amène à poser la question sur les motivations réelles de ces mouvements spontanés de société civile et certains responsables de la classe politique malienne. De la perversion ! Voilà ce que voient les paisibles citoyens chaque jour dans la rue et sur les réseaux sociaux à la faveur du processus de révision constitutionnelle.
L’occasion faisant le larron et par un prétendu exercice de droit démocratique, des démocrates convaincus et sincères d’hier ont fini par créer un terrain propice aux déviances morales qui ne présagent rien de bon. L’immoralité des uns et le radicalisme des autres prennent les devants sur la citoyenneté et l’amour de la patrie. La situation interpelle et il est apparu bon de réagir et au bon moment.
La montée en puissance de la violence verbale et physique, notamment à travers les réseaux sociaux contre des personnalités politiques et même religieuses très respectées ne laisse aucune sensibilité indifférente. L’heure est au sens élevé de responsabilité de toutes les composantes de la société pour une sortie honorable de la crise multiforme que le Mali a connue au lieu d’une quelconque division et des attaques contre nature au nom d’un projet de révision constitutionnelle qui, du moins n’est qu’un exercice démocratique.
C’est dans cette dynamique, qu’après le Groupement des associations des marchés de Bamako et l’Association nationale des chasseurs du Mali qui ont dénoncé les dérives en cours sur les réseaux sociaux, c’est au tour du Groupement des leaders religieux de sonner le holà sur ces dérapages. Sans doute inspirés et craignant la perversion de nos riches valeurs sociales et républicaines, les leaders religieux, à l’appel du Haut conseil islamique, se sont donné rendez-vous le jeudi à la Grande mosquée pour dire : ça suffit !
Ils ont lancé, de vive voix, l’appel à tout le peuple à la retenue, à l’union et la cohésion sociale. Contrairement à certains esprits qui attribuaient à cette rencontre une position de la communauté sur la Réforme constitutionnelle, les leaders religieux du Mali sont derrière l’essentiel : la préservation de nos valeurs sociales, religieuses et coutumières ainsi que la paix sociale.
D’une seule voix, ils ont dénoncé les dérives constatées tant dans le prêche dans certaines mosquées que sur les places publiques et sur les réseaux sociaux tout en invoquant les vertus de dialogue et de la concertation comme moyens de résolution des conflits. Dans une déclaration attribuée à toute la communauté musulmane, les chefs religieux appellent la classe politique, les Organisations de la Société civile, les groupes armés et les organes de presse au sens de la responsabilité et à mettre l’intérêt général de la nation au-dessus de toute autre considération.
Haro donc sur les dérives ! Les utilisateurs des réseaux sociaux ont été invités au strict respect de nos coutumes, mœurs et autres valeurs sociétales et les prêcheurs à tenir des propos empreints de respect et de douceur et à privilégier les thèmes visant à renforcer les rapprochements des différentes sensibilités religieuses. N’est-ce pas que c’est de la responsabilité de l’Etat aussi d’imposer ce respect par son autorité ?
Daniel KOURIBA

Source : aBamako

aBamako

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