Kemi Séba : « Le franc CFA est un viol économique et politique »

La jeunesse africaine continue son combat contre l’impérialisme et le néocolonisme. Avec des acteurs engagés pour la cause, la maison de presse a abrité une conférence de presse visant à édifier les confrères sur les enjeux liés au franc CFA.

Notre compatriote Etienne Fakaba Sissoko, économiste de son Etat, Kemi Séba, un activiste politique sénégalais, Ismaël Youssef de l’Agence panafricaniste au Mali et Ibrahima Kebe de Faso Kanu. D’entrée de jeu, Kemi Séba indexe la responsabilité des peuples africains : « Il faut s’inspirer des expériences, au lieu d’accuser les chefs d’état, il faut s’accuser soi-même d’abord. » Un combat contre le franc CFA qui entre dans le cadre de l’éveil des consciences.
Ensuite, il a fustigé le comportement des autorités maliennes qui auraient refusé de le recevoir : « les autorités maliennes ne m’ont pas reçu à cause la pression de la France. C’est la première fois que cela m’arrive en Afrique. Je suis venu pour parler des principes de souveraineté. L’ambassade a convoqué des jeunes afin de comprendre la présence de Kemi Séba. C’est inadmissible qu’un pays applique un Droit de veto pour empêcher à un autre pays de se prendre en charge. »
Pour lui, c’est bien clair, la France prend le Mali comme sa bijouterie, comme si celui-ci était son département. Effleurant la situation liée au referendum, il observe une position de neutralité. Il dira que ce n’est pas de son rôle de dire ce qui est bon pour le Mali. Chaque histoire a un début et une fin, c’est la fin de la paupérisation de l’Afrique. Il continuera à mener cette lutte jusqu’à son terme et il jure de ne jamais se taire.
Quant au Dr Etienne Fakaba Sissoko, la première des souverainetés, c’est celle monétaire. Les dirigeants africains ont déjà examiné le processus de création de leurs propres monnaies, mais le courage n’est pas encore au rendez-vous : « les chefs d’Etat ont fait une conférence qui leur offrait la possibilité de sortir de ce CFA. Aucun chef d’Etat n’a le courage d’enclencher la procédure. Modibo l’a voulu, il l’a fait et par la suite, a été assassiné. La question n’est pas de sortir ou pas. » Tous ceux qui se sont attaqués à cette question de franc CFA se sont retrouvés les pieds joints quelque part. C’est quel leader pour mener ce combat.
Même argumentation de Kemi Séba, les rencontres avec les autorités tchadiennes lui ont permis de comprendre qu’Idriss Deby veut sortir du CFA. Mais le blocage est toujours causé par la France. Tous ceux qui l’ont fait ou essayé de le faire ont été assassinés. « Etre chef d’Etat, ce n’est pas servir des forces exogènes. C’est une monnaie de singe le franc CFA. Notre Afrique est considérée comme une porcherie » conclut l’activiste.
L’Alternative, que la présence néocoloniste déguerpisse de l’Afrique. Si Macron ne peut pas avoir d’enfant, c’est son choix, nous avons la chance d’avoir des femmes fertiles et qui doivent être respectées, insiste Kemi Séba.
Ibrahima Kebe a rappelé une réflexion de Modibo Keita, l’ancien Président du Mali pour qui, les problèmes, il faut les régler, à force d’arranger, on finit par déranger la république. Le franc CFA est incompatible avec notre dignité, la façon dont nous voulons faire.
Le drapeau et l‘hymne national sont des signes de souveraineté. Le franc CFA est fabriqué en France et garanti par la France. IDH (indice de développement humain), sur 10 pays, les 8 utilisent le franc CFA, dira Etienne. Il n’y aucun représentant de l’Afrique au sein de la banque de France, ni malien ni sénégalais ni béninois, Kemi Séba trouve cela injuste et insultant.
Pour arriver concrètement à sortir du CFA, trois phases s’imposent : la décision politique d’abord, ensuite les détails techniques et enfin la phase émission de nouveaux billets dans le circuit. Il y aura pour un début deux monnaies en circulation. Les institutions financières feront une rétention progressive des anciennes monnaies jusqu’à leur disparition totale sur le marché. Échanger les billets. L’inflation n’est pas liée à la monnaie, c’est lié à la saison.
Préconisation de l’activiste, il faut changer le marionnettiste, c’est-à-dire le peuple. La solution n’est pas chez IBK, elle n’est pas chez Macky Sall, elle est avec le peuple. Ce que les élites africaines ne font pas au peuple, le peuple le fera lui-même.
« Le franc CFA est un viol économique, un viol politique ». Le Mali est la capitale du néocolonisme, où quand Macron vient, il ne va pas même pas saluer à Bamako. IL EST TEMPS QUE NOUS CESSIONS D’ETRE LES PROSTITUEES DE L’HUMANITE » conseille le jeune activiste.
Djeneba Samaké

Source : aBamako

aBamako

LAISSER UN COMMENTAIRE

Please enter your comment!
Please enter your name here