Adema-P.A.S.J : le malaise se généralise.

Depuis la tenue du 5ème congrès ordinaire des 24, 25 et 26 mai 2015, un malaise se manifeste au sein du Parti. Ce malaise s’agrandit de jour en jour.

Le Comité Exécutif plusieurs fois interpellé sur l’absence de débats avec la base et sa remarquable discrétion sur les problèmes cruciaux de la Nation, n’a su apporter aucune amélioration dans son style de travail. Ces interpellations que certains membres du Comité Exécutif partagent peuvent se résumer ainsi qu’il suit :

Le parti manque d’assurance et de perspectives claires ;
Il y a un déficit de communication, d’animation et de débats avec la base ;
Le choix des cadres du parti devant figurer dans l’exécutif se fait en dehors de celui-ci et sur la base des critères qui lui sont inconnus ;
Les prises de position du parti sur les grandes questions de la Nation (Accord pour la Paix, menaces de partition du pays, Conférence d’Entente Nationale, projet de révision constitutionnelle…) s’est fait sans aucune concertation avec la base.

Cette attitude du Comité Exécutif a conduit de fortes personnalités, des autorités morales du parti soutenues par une frange importante de cadres et militants, à prendre position contre ce dernier en affichant une hostilité ouverte au parti lui-même.

Cette absence de collégialité du Comité Exécutif est à la base du grand mécontentement et de l’inquiétude des militants. Il est à craindre que le moral de ceux-ci ne soit affecté suite à divers phénomènes observés par ce comportement, et qu’ils s’en détournent des mots d’ordre du Comité Exécutif.

L’unité d’un parti et sa capacité de mobilisation sont largement tributaires de la mission que la base assigne à ces dirigeants. Seule, la solidité du parti et sa liaison avec les populations en vue de résoudre leurs problèmes concrets, peuvent garantir leur adhésion.

Il faut prendre en compte la redistribution des cartes qui est en train de s’opérer dans le paysage politique en fonction des grandes questions de la Nation tels que le projet de révision constitutionnelle, le bilan catastrophique du présent quinquennat, la gestion de la crise sécuritaire…

Le Comité Exécutif est un organe à l’interne défectueux. Cette défection se résume ainsi :

Le Secrétariat permanent.

Il n’est pas totalement fonctionnel par le peu d’intérêt que le Président du parti accorde aux réunions statutaires et recommandations des instances.

Le Comité Exécutif.

Il n’a jamais pu élaborer un programme de travail et l’exécuter. Cette carence est à mettre bien sûr au compte de l’ensemble du Comité Exécutif, mais principalement du Président du parti qui n’a jamais eu le temps de prendre véritablement le parti en main.

Les instances statutaires sont considérées par le Comité Exécutif comme des faits obligataires et rien de plus.

Le Comité Exécutif ne se manifeste pas correctement dans son rôle de structure d’anticipation, d’orientation sur les grandes questions de la Nation. Les doléances exprimées par les sections ne sont pas suivies. A ce jour, le fichier des structures et des militants n’a pu être établi. Aucun Groupe d’Etude et de Réflexion (GER) n’a été créé en violation flagrante des statuts du parti. Quand on sait le travail hautement appréciable qu’effectuaient les GER dans le cadre de l’animation du parti, de l’évaluation de l’action gouvernementale.

Sur les grandes questions de la Nation citées plus haut, les structures n’ont jamais été consultées encore moins associées à la prise des décisions. Elles sont totalement étrangères à ces décisions, et assistent impuissantes, à la dégradation de la situation sociopolitique qu’engendrent ses décisions. Elles en pâtissent et en payent le prix, à leur insu, contre leur gré et leur volonté, en termes de perte de crédibilité, en termes de perte de sympathie, en termes de perte de militants. Toutes ces carences se situent au niveau du Comité Exécutif qui n’en fait pas son affaire.

Sans aucune prétention, nous rappelons l’importance que revêt la collégialité dans le travail depuis le comité jusqu’au sommet. La collégialité présente de nombreux avantages dans un parti :

Elle assure la circulation correcte de l’information entre les camarades d’un même parti ;
Elle est source d’efficacité par le contrôle de chaque militant sur l’ensemble du parti ;
Enfin, la collégialité est une excellente école de démocratie et de transparence dans la conduite des affaires du parti…
C’est cette déloyauté du Comité Exécutif qui explique en grande partie le divorce progressif qui s’est installé aujourd’hui avec la base.

Cette absence de collégialité a paralysé les activités du parti, l’a rendu inefficace et incapable d’assumer les tâches que l’histoire et la Nation nous ont confiées et par-dessus, induit la suspicion et le manque de confiance entre des camarades pourtant unis, autour d’un projet de société qui leur a valu la confiance de nombreux citoyens.

Notre parti et par voie de conséquence le gouvernement malien payent à présent un lourd tribu à un tel style de travail. C’est le cas de la gestion de l’Accord pour la Paix, des Autorités intérimaires, de la Conférence d’Entente nationale, du projet de révision constitutionnelle.

Sachons en tirer toutes les leçons pour conforter la démocratie malienne.

M. Oumar SOW, militant Adema-P.A.S.J.

de la Commune V du district de Bamako.

Source : aBamako

aBamako

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