Affrontement intercommunautaire à Mopti : Préoccupé par un ‘’génocide’’, Issa Togo tire la sonnette d’alarme

Tout a commencé le dimanche 18 juin 2017, après la découverte du corps sans vie d’un dogon tué à Douna, village situé à une quarantaine de kilomètres de Koro, dans la région de Mopti. Un conflit opposant des éleveurs peuls à des cultivateurs dogons a fait plusieurs morts (au moins 80 personnes auraient été tuées et/ou blessés). La tension est toujours très vive. Toute chose qui fait craindre le député Issa Togo qui appelle les autorités à avoir un œil sur cette situation, afin d’éviter un génocide qui se profile à l’horizon.

Les affrontements entre les deux communautés ont pour le moment cessé, mais la tension reste vive. Une mission des forces de sécurité a été dépêchée sur place par le gouverneur de Mopti. Les élus de la localité appellent au calme et dénoncent l’absence de l’Etat dans cette partie du pays. Le président du groupe parlementaire Adema/Pasj, Issa Togo, est en ce moment très préoccupé par la situation dans sa circonscription électorale. Pour essayer de parer à un éventuel génocide en pays Dogon, il souhaite que les autorités se saisissent de ce dossier pour en faire une préoccupation nationale. Ceci permettra de stopper le nettoyage ethnique en cours dans diverses régions du pays. La situation dans le cercle de Koro est très préoccupante. Issa Togo invite les autorités d’envisager les voies et moyens permettant de contenir la dégradation de la situation et surtout assurer la sécurité des populations civiles. «Tous les signes montrent que la haine ethnique et le ciblage des civils peuvent déboucher sur un génocide si rien n’est fait pour l’empêcher», a alerté un diplomate onusien pour qui le pays risque sérieusement de sombrer. Le président du groupe parlementaire qui est de la localité et qui a récemment séjourné dans le cadre de la restitution parlementaire, a pu rencontrer les principaux chefs coutumiers et tribaux, dresse un bilan sombre de la situation. « Partout où nous nous sommes rendus dans le cercle, nous avons entendu des villageois très en colère et prêts à tout pour sauvegarder leurs terres… ». Avant d’ajouter qu’il risque d’avoir «une répétition des conflits si l’administration ne fait pas son retour…Et cette situation risque d’empirer, notamment avec la faim extrême, pour cause de destruction des champs ». Selon lui, tout est réuni pour qu’une bonne partie de la région de Mopti s’engage sur le chemin emprunté par le Rwanda il y a un peu plus de deux décennies. Les conflits interethniques que vit le Mali trouvent aussi leur origine dans la crise sans précédent que connaît le pays depuis 2012. Selon un responsable humanitaire de l’ONU, «plus de 700.000 personnes se sont déplacées à l’intérieur du pays et 300 mille personnes se sont réfugiées dans les pays voisins : au Burkina-Faso, en Mauritanie et au Niger.»

Au moment où on continue de pleurer les victimes des affrontements interethniques opposant une partie de la communauté Dogon aux Peulhs à Koro, même son de cloche dans la région de Ségou avec le conflit entre Bambaras et Peulhs à Macina. Au moment où la bataille des idéologies a pignon sur rue à Bamako et dans les capitales régionales, à cause de la révision constitutionnelle. L’on oublie que les conflits intercommunautaires ou ethniques sont une véritable bombe pour la cohésion sociale au Mali. La multiplication des groupes armés et l’incapacité apparente de l’État à maintenir la sécurité renvoient à un débat plus général sur l’État dans notre pays. Les conséquences sont énormes. Les risques sont devenus plus grands pour cette localité jadis pacifique. Y a-t-il des raisons à cette subite montée de la violence ? La gestion de la crise a-t-elle échappé aux autorités ? En tout état de cause, le député Issa Togo sonne l’alerte. Il appartient aux autorités de s’assumer pour éviter un prochain bain de sang à Koro, pour ne pas dire un prochain conflit interethnique.

Paul N’GUESSAN

Source : aBamako

aBamako

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