Révision constitutionnelle, est-ce l’accalmie avant la tempête ?: IBK attendu pour préserver l’unité et la cohésion nationales

Les observateurs s’accordent aujourd’hui à dire qu’après la Révolution populaire de 1991, c’est la deuxième fois que le Mali connait une telle ébullition autour d’une question d’intérêt national. La classe politique est divisée en deux camps, celui du Oui et celui du Non sur le projet de révision de la Constitution. Comme le début d’un match de football, chaque équipe a fait sa démonstration de force sur le terrain. Il reste maintenant à l’arbitre, qui est le Président de la République, de donner le coup d’envoi ou d’annuler le match à cause du risque de débordement. IBK est fortement attendu pour prendre une décision qui préservera l’unité et la cohésion nationales.

Le Mali semble désormais être à un tournant décisif de son histoire de jeune nation. Les risques de division n’ont jamais été aussi patents que maintenant. Pour rappel, du coup d’Etat du 22 mars 2012 jusqu’à l’élection d’IBK à la magistrature suprême en 2013, la classe politique malienne a été à couteaux tirés même sur les questions existentielles du pays. C’est dans cette atmosphère sociopolitique délétère, que le Président IBK a initié son projet de révision constitutionnelle. Cette initiative a été la goutte d’eau qui a fait déborder le vase déjà plein de mécontentement et de colère. L’Opposition et une partie de la société Civile ont formé un front, celui du non et le gouvernement a constitué celui du Oui. Pendant près de deux mois, les deux camps ont mobilisé leurs partisans avec des fortunes diverses. La plateforme An Té A Bana ou le camp du non, a organisé deux grandes marches et un meeting géant pour expliquer le pourquoi du non, tandis que les tenants du Oui ont eu à leur actif un meeting au Palais des Sports et des tournées à l’intérieur et à l’extérieur du pays pour expliquer le contenu du texte constitutionnel. Quand les deux camps rivalisaient d’ardeur pour convaincre les Maliens sur le terrain, la Cour Constitutionnelle avait été saisie aux fins d’arrêter le processus pour son inconstitutionnalité. Sans grande surprise «les neuf sages » ont confirmé leur précédent arrêt en déboutant les plaignants. Ce qui raviva l’opposition entre les protagonistes. Tous ces tiraillements se sont déroulés sous le regard attentif du gardien de l’unité et la cohésion de la nation, le Chef de l’Etat. Il lui revient, donc, aujourd’hui, à la lumière de ce qu’il a vu et entendu, de trancher pas en faveur du non, ni à celui du oui, mais dans l’intérêt supérieur du Mali et de tous les Maliens.

En conclusion, la balle est dans le camp du Président de la République. Sa décision devrait sonner la fin de la belligérance au sud et permettre à toutes les forces vives de la nation de se retrouver pour poser le véritable diagnostic du mal malien, afin d’y apporter la thérapie nécessaire pour sa guérison.

Youssouf Sissoko

Source : aBamako

aBamako

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