L’ADEMA en quête d’un candidat rassembleur et consensuel : Les opposants au soutien à une éventuelle candidature d’IBK piégés

Depuis plusieurs mois, des responsables ADEMA se sont mis en mission pour tenter de présenter un candidat rouge et blanc à la présidentielle de 2018. D’importants moyens financiers ont été mobilisés par ce groupe, à la faveur de la Conférence nationale du parti, tenue le 25 mars dernier, pour amener cette instance à prendre cette décision ici et maintenant. Malheureusement pour cette alliance, conduite par un certain Hamada Soukouna, parce que cette instance n’est pas allée dans cette direction. En revanche, elle a demandé « d’enclencher, dans les meilleurs délais le processus de désignation de son candidat à l’élection présidentielle de 2018 ».

C’est bien dans cette optique, que le Comité exécutif de l’ADEMA-PASJ s’est réuni, à titre exceptionnel, à l’hôtel Timbouctou, le samedi 22 juillet (de 10h à 20h 15). Malgré le grand bruit fait par les opposants à un éventuel soutien du parti à IBK, à travers des interviews dans la presse, des déclarations pompeuses et des messages véhiculés sur les réseaux sociaux, la montagne a accouché d’une souris.

Pire, ils ont même été piégés par leurs camarades d’en face, avec comme tête de pont, Adama T. Diarra, ministre et universitaire de son état. Son groupe a su maintenir la cadence du débat, avant de faire approuver le projet de déclaration politique, en sa faveur. Le « Camarade Tiémogo Sangaré ne s’est pas assumé », nous a-t-on dit. Pour d’autres « il a joué à la neutralité, en raison des critiques de Mme Conté ». En tout cas, « il n’a pas pris part aux débats, il n’a fait qu’écouter les uns et les autres ». Ce qui a déçu plus d’un intervenant.
La principale information de cette pronunciamiento est ainsi libellée : « …Cette plateforme servira de base de négociation autour des conditions de soutien au candidat rassembleur et consensuel issu des rangs du parti, le cas échéant, du candidat issu de la coalition d’un ensemble de partis politiques ».

En clair, pour que le parti de l’abeille puisse aligner un candidat sur la ligne de départ en 2018, il faudra remplir, avant tout, deux conditions : être rassembleur et consensuel. Certains pensent déjà à Dioncounda Traoré, lequel avait dit à qui veut l’entendre qu’il ne sera jamais candidat contre IBK. En dehors de ce grand Monsieur, aucun cadre du parti ne peut faire l’objet de consensus dans la mesure où les clivages sont bien accentués.
Dans ce contexte, la quête au consensus est quasi-introuvable. D’où le piège dans lequel sont tombés les opposants au soutien du PASJ à une éventuelle candidature d’IBK. Ils sont donc bien piégés et pour en sortir, il faudra un « candidat issu de la coalition d’un ensemble de partis politiques ». Tout porte à croire que ça serait le candidat de la mouvance présidentielle actuelle, Ibrahim Boubacar Keita. Une forte coalition dans laquelle siège l’ADEMA depuis l’accession d’IBK au pouvoir en 2013.

Maintenant, si le groupe de Hamada Soukouna refuse ce principe, il se pourrait qu’il aille vers d’autres horizons, laissant derrière lui le signe ADEMA-PASJ. Les personnalités, qui composent cette « union sacrée », ont par le passé abandonné le candidat choisi par la Ruche, en l’occurrence, Soumaïla Cissé, pour soutenir ATT. C’était le « groupe des dix », piloté alors par Ibrahima N’Diaye. Ironie de l’histoire, ce dernier est actuellement le plus proche collaborateur de « Soumi, le champion ». Soukouna et ses proches pourraient donc récidiver au risque de porter atteinte à l’unité et à la cohésion des Abeilles.

Aujourd’hui, il revient à Koulouba de soutenir à fond ceux qui lui sont favorables afin qu’ils se mettent déjà au travail, au niveau de leurs bases respectives. C’est bien la course contre la montre. Le temps est précieux, il nous échappe. Il ne peut point suspendre son vol. Lamartine ne dira pas contraire. A suivre.
Chahana Takiou

Source : aBamako

aBamako

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