Retour de l’administration à Kidal; De 20 en 20 au risque d’aller en 2020

Ce n'est pas la première fois que la Cma foule aux pieds ses engagements. Avant les dates du 20 juin et 20 juillet, elle a fait échec au Forum de Kidal entièrement financé par le gouvernement, qui devrait faciliter la cohabitation entre la Cma et la plateforme et permettre le retour de l'administration.
Pour des problèmes d'organisation supposés, la Coordination des mouvements de l’Azawad (Cma) a trouvé le moyen d'avorter le retour de l'administration à Kidal. À cet échec, s'ajoutent les 20 juin et 20 juillet 2017. Tenez-vous bien, la date du 20 juin avait été arrêtée de commun accord avec Ould Sidatty, mandaté par la Cma, en présence du gouvernement et de la communauté internationale. Les raisons invoquées à l’ajournement du retour de l’Etat à Kidal, le 20 juin, tiendraient au fait que M. Ibrahim Ould Sidatty n'est pas habilité à signer le retour de l'Etat à Kidal. Du moins, selon Alghabass Ag Intalla. Même en étant le président de la Cma.
Un report d’un mois a été obtenu : la date du 20 juillet 2017 pour le retour du Mali à Kidal. Retour renvoyé aux calendes grecques, puisque des affrontements entre la Cma et la plateforme sont survenus entre-temps. À l’analyse, il est très clair que chaque fois que la situation est susceptible de se normaliser à Kidal, la Cma, en parfaite harmonie avec la communauté internationale et la force Barkhane, trouve des arguments pour briser le rêve de 17 millions de Maliens.
Pourtant, par ailleurs, il n’y a guère eu de problème. Dans la mise en œuvre du Moc à Gao, par exemple, où il n’y a eu aucune difficulté. Il n’y a pas eu grand problème pour l'installation du Mécanisme opérationnel de coordination (Moc) dans les autres régions. Mais chaque fois qu'il en est question à Kidal, la Cma crée des circonstances pour contrarier l’installation du Moc. Evidemment que la Cma, notamment Alghabass Ag Intalla, reçoit des ordres sans réfléchir d'une main invisible.
Question : qui n'a pas intérêt à voir le Moc à Kidal ? La Cma étant partie prenante de l'accord d’Alger est certainement soutenue par la force Barkhane et le groupe terroriste dirigé par Iyad Ag Rhly. Chacun de ses groupes a sa part de responsabilité. Pour la Cma, cette situation lui est favorable pour la simple raison qu'elle gère tout ce qui est destiné aux populations de la ville : vivres et produits pharmaceutiques. En un mot, tout ce que les ONG donnent. Même les emplois à la Minusma. Elle gère politiquement et militairement la ville de Kidal sans le consentement de qui que ce soit.
Grâce à ce business prolifique, des responsables de la Cma sont en train de construire des villas ; ils envoient étudier ailleurs leurs enfants. Ce sont ces mêmes responsables de la Cma qui bloquent, par tous les moyens, la reprise de l'école à Kidal. La force Barkhane, faut-il le préciser, est impliquée à 80% dans l'échec des opérations des forces armées maliennes à Kidal, notamment la formation et l'équipement d'une unité dite antiterroriste à Taglit, située à 35 Km d'Aguelhok et composée à 100% d’éléments du Mnla.
Le 21 mai 2014, après la défaite de la Cma à Kidal, une unité de Serval dirigée par le commandant Eric, au cours d'un appel téléphonique, a reçu des ordres qui lui étaient transmis par le général qui commande la force Serval à Bamako. Celui-ci demandait au général Didier Dakouo, à l'époque chef d'état-major général adjoint des armées, d'arrêter les hostilités avec les combattants du Mnla pour permettre aux civils de quitter la ville, «ou on ne va pas passer par autre chose». Passer par autre chose : est-ce que cela confirme les bruits des armes d'amateurs devenus professionnels, la location des positions des généraux Didier Dakouo et El Hadj Gamou, et les hélicos qui survolaient les positions des Fama ? Étaient-ils en mission ? Et les renforts de jihadistes de la Mauritanie, du Niger et de l'Algérie, ont-ils eu l'aval de Serval avant d'apporter main-forte à la Cma et faciliter le départ de l'armée malienne de Kidal ?
Le retour de l'administration et de l'armée maliennes à Kidal serait un blocage aux missions que Barkhane mène actuellement dans la région, sans aucune communication. Le retour de l'Etat mettrait fin à la naissance d'un autre Etat au Mali. Pour ce qui est des jihadistes, ce groupe ne saurait accepter le retour de l'administration à Kidal, à cause de la laïcité de l’Etat. Ils ne veulent pas être combattus par l'armée, ce qui n'augure aucune chance d'application de la charia.
Comme dans une sorte de jeu à trois, la règle simple : la Cma attaque la plateforme, Iyad et ses terroristes apportent main-forte à la Cma, la force Barkhane ferme les yeux. En somme, cette situation ne permet pas à l'Etat malien de revenir à Kidal. Ce qui veut dire que la Cma peut prendre mille engagements qu'elle ne pourra jamais les honorer sans l'aval des mains cachées comme Barkhane et Iyad.
De ce fait, il appartient à l'Etat d'être plus intelligent et savoir piéger la Cma. L'Etat doit se doter de techniciens qui maîtrisent la situation afin d'imposer le retour de l'armée républicaine sur toute l'étendue du territoire national. L'Etat ne doit pas être le seul bon élève dans l'application de l'accord, sinon de 20 en 20, nous risquons d'aller en 2020.
Sidi El Mehdi Ag ALBAKA

Source : aBamako

aBamako

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