CEDEAO: la trahison des parlementaires

Lors d’une rencontre régionale sur la démographie, samedi dernier, à Ouagadougou, «les parlementaires de la CEDEAO, de la Mauritanie et du Tchad ont convenu que, d’ici 2030, les parlements devaient inciter les gouvernements à mettre en place des politiques tendant à faire en sorte que chaque femme ait au plus trois enfants pour maîtriser le boom démographique», a déclaré le président du Parlement burkinabè, Salifou DIALLO. Et d’ajouter : «Nous estimons que quand on a des taux de croissance économique des pays qui est de l’ordre de 5 à 6% avec un taux de fécondité située à 6 ou 7%, nous sommes dans une situation de démographie non maîtrisée et nous ne pouvons pas espérer de développement avec une telle situation».
Il enfonce le clou en soutenant qu’avec un taux de fécondité général de 5,6 enfants par femme, le plus élevé au monde, la population de l’espace CEDEAO se situera, en 2050, autour d’un milliard d’habitants, dont la moitié sera constituée de jeunes, selon les Nations unies.
Pour le président de la Commission de la CEDEAO, Marcel De SOUZA, il s’agira de faire «baisser de moitié» le taux de fécondité et «d’arrimer le taux de croissance démographique, trop fort, avec le taux de croissance économique trop modéré».
En prenant cette décision, qui confirme la soumission de la classe politique africaine au projet du Président français Emmanuel MACRON, les parlementaires de la CEDEAO font fi des réalités socioculturelles de leurs pays et des aspirations de leurs mandants.
Il n’est un secret pour personne que c’’est le nombre qui fait le développement.
L’exemple du cas du Nigeria, qui par sa population estimée à plus de 100 millions, a déboulonné l’Afrique du Sud de la place de la première puissance économique du Continent.
Aussi, est-il avéré, ce sont l’éducation et le niveau de vie qui influent sur la natalité. La preuve est que les soldats, aux conditions de vie précaires, ont plus d’enfants que les officiers.
D’ailleurs, en Afrique, le fait d’avoir beaucoup d’enfants est non seulement culturel, mais également signe de richesse et de notoriété.
En réalité, peut-on parler de forte croissance démographique des pays de la CEDEAO, excepté le Nigeria ? Certainement Non pour preuve: le Mali, qui vaut 7 fois la France, compte seulement 14 millions de personnes contre 70 millions pour la France. Où est le surpeuplement ?
Alors en demandant aux Africains de limiter leurs enfants à 3, les parlementaires de la CEDEAO la Mauritanie et le Tchad (ce qui n’est pas fortuit) font preuve de trahison de leurs peuples, en pactisant avec le diable avec effet de retarder le développement du Continent.
Sinon comment comprendre, au moment où la Chine, pays le plus peuplé du monde, à la suite du vieillissement rapide de sa population, a progressivement assoupli la politique de l’enfant unique pour l’aboli en octobre 2015, que les parlementaires de la CEDEAO appellent à limiter les naissances, après l’échec des diverses politiques de la santé de la reproduction, axées sur «l’espacement des naissances».
En tout cas déjà, des voix se font entendre pour dénoncer cette décision et de réitérer le droit de chaque couple africain à décider du nombre d’enfant qu’il veut mettre au monde car personne n’a à lui imposer un calendrier. A moins, que les parlements de la CEDEAO ne s’adjugent ce droit en disant ce que les couples qui ont déjà plus de 3 enfants feront du «surplus».
Contrairement à qu’ils pensent, c’est notre sous-peuplement qui est à la base de notre sous-développement. Ce qui est, malheureusement, entretenu manifestement par les Occidents avec la complicité avérée de certains cupides dirigeants africains. Ces derniers peuvent continuer prendre l’argent des Occidents, mais ils ne pourront jamais dicter la conduite à tenir à leurs peuples, car c’est clair, on n’apprend pas à un vieux singe comment grimper un arbre.

Par Sékou CAMARA

Source : aBamako

aBamako

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