Graves menaces sur la liberté d’expression au Mali : Tollé général après la tentative d’assassinat contre le chroniqueur Madou Kanté

Le mardi 25 juillet 2017, vers 1 heure du matin, le webactiviste et chroniqueur célèbre Madou Kanté dit Maréchal a été victime d’une tentative d’assassinat à Boulkassoumbougou. Cette grave entorse à la liberté d’expression au Mali a provoqué un tollé général au Mali et à l’étranger. Les associations de presse, les leaders politiques et de la société civile, les mouvements des jeunes…ont condamné cette tentative d’assassinat qui survient au moment ou on n’est sans nouvelle du journaliste malien Birama Touré qui a disparu dans des conditions mystérieuses il y a de cela presque deux ans.

Les membres de la Plateforme « Antè A bana » ont vivement condamné la tentative d’assassinat du journaliste Madou Kanté, directeur de « Madou Ka Journal ». C’était lors d’une assemblée générale extraordinaire organisée le 25 juillet devant la Bourse du travail où une foule en colère a soutenu le journaliste et exprimé sa détermination à poursuivre le combat. De nombreuses victimes de violence ont aussi témoigné. Selon le député Amadou Thiam, vice-président de la Plateforme, des lettres ont été adressées à des représentations diplomatiques basées à Bamako dont l’ambassade des Etats-Unis, l’ambassade de France et le représentant du secrétaire général des Nations Unies. « Nous leur avons montré que ce qui vient de commencer au Mali, depuis 1950 le pays n’avait jamais connu ça. Tirer à bout portant sur une personne à cause de ses opinions, c’est inquiétant ! Ça c’est une atteinte au droit à la vie », a fait savoir Amadou Thiam.

Amadou Ombotimbé, un des militants de la Plateforme a attiré l’attention sur les nombreux cas de violence auxquels les opposants au projet de révision sont confrontés. « Nous devons savoir que ce qui est arrivé à Madou peut arriver à chacun d’entre nous. Les intimidations ont commencé d’abord avec les travailleurs de l’administration publique. J’en suis une victime, mais je m’en réjouis parce que j’ai été libéré, on a libéré ma parole », a affirmé Amadou Ombotimbé qui a été limogé de son poste de chargé de mission au ministère de l’Education pour avoir osé afficher son soutien à ceux qui contestent la révision constitutionnelle.

Pour certains membres de la Plateforme, la tenue de l’assemblée générale d’information devant la Bourse du travail est le début d’une nouvelle phase de la lutte contre le référendum constitutionnel engagé par IBK. « Au moment où nous étions en train de nous battre contre Moussa Traoré, ceux qui sont au pouvoir aujourd’hui se baladaient en France. Ils ne savent pas ce signifie la lutte. Ils téléphonent aux gens, ils téléphonent aux épouses des gens ou aux sœurs de gens pour leur dire qu’ils vont tuer leurs parents », a témoigné Nouhoum Togo, le responsable de la Commission communication de la Plateforme.

Le premier responsable de cette situation, a fait savoir Togo, c’est le président Ibrahim Boubacar Keïta qui est censé être le garant de la liberté des citoyens. « Il est le premier responsable, il est le chef de l’Etat, il est le chef suprême des armées du Mali. Et le président de la République doit répondre devant le peuple malien. Et je demande à la sécurité d’Etat, à la gendarmerie, à la garde nationale et à la police nationale d’être neutre dans cette affaire parce qu’elles sont la police et la sécurité du peuple », a poursuivi Nouhoum Togo.

Plusieurs intervenants ont proposé à la Plateforme de mener des actions à chaud pour montrer leur mécontentement et faire barrage au projet de révision une fois pour toute. En attendant, la coordination a promis de diffuser sa réponse à travers une conférence de presse aujourd’hui à la Maison de la presse.

Soumaila T. Diarra


Source : Africatime

Africatime

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