Un hélicoptère allemand de la Minusma s’écrase au Mali

75

Bamako, 26 juil 2017 (AFP) - Un hélicoptère d'attaque du contingent
allemand de la Mission des Nations unies au Mali (Minusma) s'est écrasé
accidentellement mercredi dans le nord du pays avec à son bord deux membres
d'équipage, ont annoncé les Nations unies.
"Pour nous, c'est un accident", a déclaré à l'AFP sous couvert de
l'anonymat un responsable de la Minusma à Gao, dans le nord du Mali.
"L'hélicoptère appartient au contingent allemand de La Minusma", a-t-il
précisé. "Le crash s'est déroulé dans la localité de Ilouk", à quelque 130 km
au sud de Gao. "Rien ne permet à ce stade de dire que l'appareil a été abattu
ou qu'il a été victime de tirs", a-t-il poursuivi.
Deux membres d'équipage se trouvaient à son bord, a précisé un porte-parole
de l'ONU, Farhan Haq, du siège des Nations unies à New York.
Des diplomates de l'ONU ont également indiqué que l'équipage et l'appareil
avaient été fournis à la Minusma par l'Allemagne.
M. Haq a ajouté que la Minusma avait dépêché une équipe sur les lieux du
crash pour déterminer le sort de l'équipage et préciser les circonstances du
drame.
Mais il a d'ores et déjà expliqué que l'hélicoptère s'était écrasé alors
qu'il "surveillait des affrontements au sol" et que "le site doit être
sécurisé avant qu'une équipe puisse se rendre sur place".
En mars 2015, deux militaires néerlandais de la Minusma avaient déjà péri
dans un accident d'hélicoptère, également près de Gao. Ils se trouvaient dans
un appareil qui était en phase d'atterrissage à une vingtaine de kilomètres de
la ville avant de s'écraser.
Le nord du Mali était tombé en mars-avril 2012 sous la coupe de groupes
jihadistes liés à Al-Qaïda. Ces groupes ont été en grande partie chassés par
une opération militaire internationale lancée en janvier 2013, à l'initiative
de la France, qui se poursuit actuellement.
Mais des zones entières du pays échappent encore au contrôle des forces
maliennes, françaises et de la Minusma (forte de 12.000 hommes), régulièrement
visées par des attaques, malgré la signature en mai-juin 2015 d'un accord de
paix, censé isoler définitivement les jihadistes.
Depuis 2015, ces attaques se sont étendues au centre et au sud du Mali et
le phénomène gagne les pays voisins, en particulier le Burkina Faso et le
Niger.
L'armée allemande a renforcé depuis le début de l'année sa présence au
Mali, avec l'arrivée de huit hélicoptères et de plusieurs centaines d'hommes,
une décision emblématique de la montée en puissance européenne que la France
appelle de ses voeux en Afrique.
Le contingent allemand de la Minusma compte actuellement 639 membres, selon
le décompte de l'ONU. Il constitue le plus gros déploiement de la Bundeswehr à
l'étranger, devant la mission en Afghanistan. Son mandat a été prolongé en
début d'année par le Parlement allemand jusqu'en janvier 2018.
Les quatre hélicoptères de combat Tigre ont pour fonction d'assurer la
sécurité rapprochée des troupes et de participer à des missions de
reconnaissance, au côtés de blindés légers et de xdrones allemands.
Par ailleurs, début juillet, les dirigeants des pays du G5 Sahel (Mali,
Tchad, Mauritanie, Burkina Faso et Niger), aiguillonnés par le président
français Emmanuel Macron, ont acté la constitution d'une force antijihadiste
conjointe et débloqué des fonds pour commencer son déploiement en
septembre-octobre.
Réunis à Bamako, ils ont promis d'apporter chacun 10 millions d'euros, qui
s'ajouteront aux 50 millions d'euros promis par l'Union européenne.
Déployée dans un premier temps aux confins du Mali, du Burkina Faso et du
Niger, avec un effectif initial de 5.000 hommes, basée à Sévaré (centre du
Mali), la nouvelle force s'ajoutera aux troupes de l'opération Barkhane et de
la Minusma.
sd-siu/jh

Source : aBamako

aBamako

LAISSER UN COMMENTAIRE

Please enter your comment!
Please enter your name here