Deux soldats allemands tués au Mali

Les militaires, des pilotes engagés dans la force de l'ONU, sont morts mercredi dans la chute sans doute accidentelle de leur hélicoptère. Ces décès pourraient relancer en Allemagne le débat l'implication de la Bundeswehr au Sahel.
L'Allemagne vient de perdre deux de ses soldats au Mali. Les deux hommes, des pilotes engagés dans la force de maintien de la paix de l'ONU (Minusma), sont morts mercredi dans le crash de leur hélicoptère Tigre.
Selon les premiers éléments de l'enquête de la Bundeswehr, rapportés par l'hebdomadaire allemand Der Spiegel, l'appareil aurait été victime «d'une défaillance technique massive» et non d'un tir ennemi. «Les indications préliminaires font état d'une défaillance technique», affirme aussi la Minusma.
L'équipage du second «Tigre», qui suivait l'engin accidenté, a expliqué avoir vu l'hélicoptère s'incliner puis brusquement piquer du nez vers le sol. Les pilotes n'ont lancé aucun message d'alerte. L'accident s'est déroulé vers 12h20, à 70 km de Gao. Les «Tigres» venaient de décoller de cette ville, où ils sont basés, pour une mission de surveillance près du village de Tabankort où des combats entre milices touarègues étaient signalés.
Ces premiers décès, même s'ils sont accidentels, tombent mal et pourraient relancer en Allemagne le débat sur l'envoi de soldats allemands au Mali. La présence de 639 soldats au sein de la Minusma, le plus gros contingent allemand à l'étranger, est déjà critiquée par certains à Berlin. «Nous avons la triste certitude que deux soldats de la Bundeswehr ont donné leur vie pour notre pays», a simplement réagi la ministre allemande de la Défense, Ursula von der Leyen.
Une aide accrue de l'Allemagne souhaitée par Paris

Or, la Minusma et ses 12 000 soldats sont déjà dans une position très difficile, souffrant d'un manque d'hommes bien formés et de matériels. Elle est la cible d'attaques régulières et déplore plus de 150 morts, les plus grandes pertes affichées par une mission de casques bleus depuis des décennies. La force allemande représente son contingent de loin le plus solide, et les quatre «Tigres» allemands ses seuls hélicoptères de combat. Plusieurs pays, à commencer par la France qui, elle, maintient plus de 4 000 hommes au Sahel dans le cadre de la force Barkhane, rêve donc de voir la Bundeswehr monter en puissance. Paris souhaite que l'Allemagne apporte un plus grand soutien, notamment logistique, aux troupes engagées et plus particulièrement à celles du G5 Sahel. Cette force de 5000 hommes, qui a été formellement créée en juillet, est composée d'hommes de cinq pays de région (Mali, Tchad, Mauritanie, Niger et Burkina Faso) mais est largement dépourvue. Une aide allemande pour lui construire des bases, les approvisionner ou effectuer des transports serait la bienvenue.
Une plus grande implication de Berlin dans l'ONU au Mali serait d'autant mieux vue que la situation sécuritaire est loin de s'y arranger. Les accords de paix d'Alger, signés il y a plus de deux ans, sont encore très peu appliqués. L'hélicoptère a d'ailleurs chuté alors qu'il tentait d'observer un affrontement entre deux groupes signataires des accords.
Ces combats ont opposé, dans la journée de mercredi le Groupe d'autodéfense touareg Imghad et alliés (Gatia), un mouvement considéré comme progouvernemental, et la Coordination des mouvements de l'Azawad (CMA), ex-rébellion à dominante elle aussi touarègue, mais majoritairement issue du clan des Ighoras. Les belligérants qui, interrogés séparément par l'AFP, se sont rejeté la responsabilité s'opposent pour le contrôle de Kidal. La grande ville de l'extrême nord du Mali, point stratégique, est extrêmement disputée depuis le début de la guerre au Mali en 2013. Mais selon une source malienne haut placée, ces luttes stratégiques en cachent d'autres. La Gatia comme la CMA guerroient largement pour la mainmise sur des routes de trafics.

En savoir plus sur : http://www.lefigaro.fr/international/2017/07/27/01003-20170727ARTFIG0021...


Source : Africatime

Africatime

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