interview accordée à jeune Afrique: Quand Soumaïla Cissé est dans l’optique de la France pour sa présence et ses thèses sur le Nord- Mali

Dans Jeune Afrique, No2951 du 30 juillet au 5 août 2017, le chef de l’opposition politique malienne, Soumaïla Cissé, a accordé une interview à cet hebdomadaire. Parmi les questions posées au chef de l’opposition sur la question du nord- Mali, deux ont été pertinentes:
Jeune Afrique: Etes-vous favorable à la présence des troupes de l’ONU et de Barkhane sur le sol malien ?
Soumaïla Cissé: Une intervention étrangère doit toujours être la plus courte possible. Mais il faut reconnaître que, sans ces soldats, la situation serait pire.
JA: Etes- vous pour un dialogue avec les jihadistes maliens, à commencer par Iyad ag Ghaly ?

Soumaïla Cissé: Qu’y a-t-il à discuter avec lui ? Iyad ag Ghaly et ses hommes sont allés trop loin dans la radicalisation. Il faut leur faire face de façon déterminée.
M.Soumaïla ne peut donner des réponses contraires à celles données dans Jeune Afrique car il avait porté les gans après les événements du 22 mars 2012 pour que la CEDEAO, l’ONU et les USA interviennent au Mali. Et il avait un soutien de taille au sein de la CEDEAO en la personne de l’ancien président burkinabè, le capitaine Blaise Compaoré. Il tenait aussi à exclure l’Algérie des négociations.

Dans la résolution sur le Mali, déposée et défendue par la France, les djihadistes sont exclus des négociations. Seuls les «domestiques» de la France défendent les positions de leurs maîtres français. La position du chef de l’opposition politique malienne nous rappelle les positions de deux anciens présidents africains sur la question de l’indépendance algérienne.

Il s’agit des présidents ivoirien, M. Félix Houphouët-Boigny, et sénégalais, Léopold Sédar Senghor. Ces deux leaders africains sont partis jusqu’à l’ONU pour défendre les thèses françaises sur l’Algérie. M. Soumaïla Cissé est sur leurs pas pour le nord de notre pays, le Mali.
Un patriote doit se battre pour avoir une armée nationale bien formée et bien équipée.
M.le chef de l’opposition malienne, vous étiez aux affaires, depuis mars 1991, sous la transition dirigée par l’aile militaire de l’ADEMA association devenue ADEMA-PASJ. Votre plus grande erreur était d’aller chez les colonialistes les plus acerbes du monde occidental pour renverser un régime africain despote. Il fallait mener le combat à l’intérieur du Mali et par des Maliens pour renverser Moussa Traoré et son régime CMLN-UDPM.
Aujourd’hui, nous payons les frais de votre imposture d’aller chez le négrier François Mitterrand du Parti socialiste français et l’ONG France-Liberté de sa femme Danielle Mitterrand pour faire le boulot. Aujourd’hui, même votre ami, le plus intellectuel de l’ADEMA-PASJ, le professeur Ali Nouhoum Diallo, ne peut argumenter contre «ses amis» français. Aujourd’hui, la France ne peut pas se blanchir même si son ambassade vient de faire un communiqué par rapport au sit-in devant son ambassade à Bamako.
La France ne peut se blanchir dans la mesure où elle était seule à aller à Kidal, en 2013, sans les troupes maliennes. Son armée avait bloqué l’armée malienne à Anéfis. Le Front pour la sauvegarde de la démocratie et la République (FDR), dont M. Soumaïla Cissé faisait partie, était au pouvoir avec le professeur Dioncounda Traoré, président intérimaire. Ce sont eux avec leur commis Diango Sissoko comme Premier ministre qui avaient donné leur aval aux Français. Ils oublient que la France est avec toi et en même temps avec ton ennemi.
Dans la crise libyenne, créée par l’ancien président Sarkozy, la France est avec le maréchal Khalifa Khaftar et avec celui de Tripoli reconnu par la communauté internationale, c’est-à-dire le monde européen et occidental. La politique française est toujours hypocrite.
Si le chef de l’opposition politique malienne trouve que «M. Iyad ag Ghaly et ses hommes sont allés trop loin dans la radicalisation. Il faut leur faire face de façon déterminée», il doit reconnaître aussi que ses maîtres français sont allés trop loin quand ils ordonnent de ne pas discuter avec d’autres Maliens quelles que soient leurs appartenances politique et religieuse.
Iyad ag Ghaly et Amadou Koufa sont des Maliens qui n’ont jamais demandé la partition du Mali. Ils ont aussi un projet de société même si ce dernier est différent de ceux des hommes politiques maliens calqués sur les projets de société du monde occidental. Une intervention de forces étrangères surtout de la puissance colonisatrice est mauvaise même si c’est un jour.
Aujourd’hui, M. Soumaïla Cissé est dans l’optique de la France quant à son projet de l’OCRS (Organisation commune des Etats riverains du Sahara) de 1957 du général De Gaulle. Aujourd’hui, ces «démocrates maliens» n’ont rien à proposer à leurs compatriotes maliens si ce ne sont les idées proposées par leurs maîtres regroupés au sein de l’Union européenne par le canal des «partenaires économiques et financiers».
Aux Maliens, vos meilleurs partenaires économiques sont la bonne gestion de vos propres ressources internes. Il faut que tous les Maliens sans exclusive payent leurs impôts et que ces impôts soient bien logés dans les caisses de l’Etat et bien gérés. Les Maliens sont des hommes qui aiment une chose et son contraire.
Regardez le secrétaire général de l’Union nationale des travailleurs du Mali (UNTM), M. Yacouba Katilé, qui appelle les militants du Syndicat des travailleurs de l’administration d’Etat (SYNTADE) à ne pas se soumettre à la loi contre l’enrichissement illicite. D’accord, il a décrié que les députés, les ministres et le président de la République ne soient pas concernés par la loi. Nul ne doit être au-dessus de la loi.
Pour nous, il doit lutter pour redresser la loi qui doit concerner tous les cadres maliens susceptibles d’enrichissement illicite. Mais aller jusqu’à appeler ses militants à ne pas se soumettre à la loi, pour cela, il est allé trop loin et il sort de la légalité et se culpabilise.
Le président Modibo Keïta, son gouvernement et son parti l’US-RDA avaient organisé «l’Opération taxi» et ça été bien fait. C’est la raison de la haine qu’avait un ancien membre du Comité militaire de libération nationale (CMLN) contre le président Modibo Keïta.
A M. le syndicaliste, Yacouba Katilé, les fonctionnaires maliens sont des agents recrutés pour servir les citoyens maliens et non se servir. La plupart ont fait leurs formations grâce aux ressources du contribuable malien. C’est une haute trahison quand un agent de l’Etat s’accapare frauduleusement du bien public pour le mettre à son service et celui de ses parents. Ce que les «démocrates maliens et patriotes sincères» ont fait pour s’accaparer à ciel ouvert des ressources maliennes, les premiers leaders qui avaient fait le sacrifice ultime pour la liberté et l’indépendance maliennes, ne l’avaient pas fait et s’ils l’avaient fait, nous ne serons pas là aujourd’hui. Si les cadres écoutent M. Katilé, nous serons peut-être dans l’Etat du philosophe anarchiste Bakounine qui disait dans sa théorie qu’«il n’y a rien.»
Il est inadmissible aujourd’hui qu’après plus de cinquante ans après la colonisation, les Africains marchent sur les pas des colons occidentaux: les Africains doivent avoir leurs armées, leurs forces de sécurité, leur justice propre à eux, leur monnaie. Quel mépris aujourd’hui pour tout le peuple malien quand la justice malienne ne peut juger un soldat français même pris en flagrant délit.
Le droit malien est calqué sur le droit français. Quand les colons venaient chez nous, même s’ils n’avaient pas trouvé de véritables Etats, il y avait au moins des embryons d’Etats comme celui du roi Famody Sissoko de Logo Sabouciré, celui du royaume bambara de Ségou et celui de l’empire peulh du Macina dont s’inspire aujourd’hui notre compatriote Amadou Koufa, l’empire de l’Almamy Samory Touré, le royaume du Kénédougou, etc.
Et pourtant, dans cet empire peulh du Macina qui s’étend sur le centre et le nord du Mali actuel, une partie du Burkina et une partie de la Mauritanie, la justice était bien rendue, les passages des animaux sont bien tracés et les mesures des céréales ont été établies. Aujourd’hui, comme les années 1970, le Mali n’a pas besoin de conseillers techniques français pour calquer le droit malien sur le droit français.
Les Maliens aiment une chose et son contraire. Ils ne veulent pas travailler et ils veulent imposer des conditions à ceux qu’ils appellent pour travailler à leurs places.
La France ne sera jamais un pays philanthropique. Pour ses intérêts économiques et stratégiques, elle est prête à marcher sur les cadavres de plusieurs millions d’africains comme elle avait eu à le faire sous la colonisation. Aujourd’hui, elle fait le holdup en plein jour .Elle est là pour ses intérêts et non pour les intérêts du peuple malien. L’ami de M. Soumaïla Cissé, l’ancien président français, M. Nicolas Sarkozy avait planifié la partition du Mali car il se proclame gaulliste.
Pour continuer le projet du général De Gaulle qui est l’OCRS, il a t

Source : aBamako

aBamako

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