Abdoul Karim Koné, chef du département communication de la SOMAGEP-SA : « Nous demandons aux populations de rationaliser la gestion de l’eau et d’éviter le gaspillage… »

Dans une interview qu’il nous a accordée, Abdoul Karim Koné, chef du département communication de la SOMAGEP-SA se prononce sur les nombreuses coupures d’eau que connaissent les populations ces derniers temps, malgré l’installation de l’hivernage. Lisez plutôt.

Le Tjikan : Pourquoi il y’a tant de coupures d’eau actuellement ?

Abdoul Karim Koné : Présentement, c’est l’hivernage et paradoxalement, il y a des coupures d’eau. Cela s’explique par plusieurs facteurs. Nous pouvons retenir le principal qui est qu’aujourd’hui, avec la saison des pluies, la turbidité au niveau du fleuve est très élevée. C’est-à-dire, quand il y’a de la pluie, les eaux de ruissellement se retrouvent déversées dans le fleuve avec beaucoup d’impuretés et de matière en suspension. Ce qui complique la tâche dans le traitement de l’eau. Nous obligeant ainsi à réduire la quantité d’eau produite pour pouvoir sortir en qualité. Par exemple, en temps normal, la station de Djicoroni-para produit 150 millions de litres d’eau par jour. Mais en cette période, elle ne fournit que 140 millions de litres d’eau. Sans oublier les coupures d’électricité qui font que souvent, les usines sont à l’arrêt.

Quelles sont les solutions possibles ?

Ce que nous demandons aux gens, c’est d’accepter de faire toujours l’économie de l’eau parce que nous avons une situation très difficile due au comportement des populations vis-à-vis du fleuve Niger dont nous nous servons. Il suffit qu’il commence à pleuvoir seulement pour que les gens sortent avec leurs ordures pour les jeter dans les caniveaux. Et l’eau de ruissellement les conduit dans le fleuve. La première solution est que les gens doivent éviter un certain nombre de comportements pour protéger le fleuve. Ce qui fera moins de turbidité et à notre tour, nous aurons moins de difficultés pour traiter l’eau et sortir avec la quantité requise. La seconde alternative est d’éviter le gaspillage de l’eau à la maison ainsi qu’au niveau des services.

Dans certains quartiers de Bamako, l’eau est permanente mais dans d’autres, les populations n’ont accès à l’eau que tard dans la nuit. Qu’est-ce qui explique cela ?

Ce sont les zones qui sont situées très loin de nos unités de production. Par exemple Yirimadio et Niamana ne sont pas servis par les mêmes stations. Nous avons des difficultés à ce niveau. Effectivement, les sites qui sont proches de nos unités de production sont les premiers servis. L’eau ne monte pas facilement sur les sites en altitude car il faut que ceux qui sont en bas ferment leurs robinets d’abord. Et pour cela, il faut forcement attendre la nuit.

Avez-vous un appel à lancer aux populations ?

Je demande aux populations de rationaliser la gestion de l’eau et d’éviter le gaspillage. Au moment où l’on gaspille l’eau, nos voisins en ont besoin. Il faut que les gens comprennent aussi que nous on ne fait pas exprès pour couper l’eau. C’est parce que nous n’avons pas assez de moyens au-delà même de l’hivernage. Et il faut que les gens acceptent aussi d’accompagner la SOMAGEP. Nous sommes là pour nos clients. En période de chaleur, nous avons des difficultés mais en fin 2018 début 2019, il y’a le projet de Kabala qui va renforcer la capacité de la société jusqu’à 288 millions de litres d’eau par jour. Ce qui fera que nous allons carrément conjuguer au passé, tous ces stresses.

Propos recueillis par Adiarra Coulibaly

Source : aBamako

aBamako

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