« An tè, A Bana » hausse le ton : Le compte à rebours !

L’ultimatum lancé au président Ibrahim Boubacar Keïta, le mardi dernier, par la Plateforme « An tè, A Bana. Touche pas à ma constitution ! » expire demain, mardi 15 août 2017 à minuit. Passé ce délai, ce mouvement qui conteste contre la révision constitutionnelle projette une série d’actions, dont la première est une grande marche sur l’Assemblée nationale pour demander la mise en accusation d’IBK pour haute trahison. Aussi, la plateforme « An tè, A Bana. » envisage d’autres actions s’inscrivant dans le « cadre de la légalité ». Pour donner le ton de l’offensive qui se prépare et afficher leur détermination, les membres du directoire de la Plateforme se sont expliqués devant la presse, le jeudi dernier. Compte rendu.

Selon Amadou Thiam, vice-président de la Plateforme, face au mépris affiché du président IBK et sa volonté de faire, coûte que coûte, cette révision, la plateforme reste unie et engagée. Ainsi, elle a décidé de lancer un ultimatum au président de la République. « Nous avons décidé à l’unanimité lors de notre Assemblée générale du 7 Août 2017 d’exiger du président de la République, le retrait pur et simple de son projet de révision constitutionnelle au plus tard le mardi 15 août 2017 à minuit. Cet ultimatum a déjà fait son effet. Le président IBK, à travers une correspondance (mercredi dans l’après-midi) du secrétaire général à la présidence, Soumeylou Boubèye Maïga, demande à rencontrer la Plateforme. Ladite rencontre doit se tenir la semaine prochaine. Nous lui avons demandé de nous adresser une lettre. Et cette correspondance sera analysée par le directoire. Mais notre position reste inchangée, à savoir le retrait pur et simple du projet de révision constitutionnelle. A l’expiration de cet ultimatum, nous utiliserons tous les moyens constitutionnels pour faire prévaloir nos revendications », a-t-il déclaré. Le vice-président réfute l’argument du chef de l’Etat faisant de la révision constitutionnelle la pierre angulaire du processus de paix au nord du pays. «Le Mécanisme opérationnel de coordination (MOC) n’est pas opérationnel, la conférence d’entente nationale n’a pas pu trouver une solution au problème de l’Azawad. Tenir le referendum dans ces conditions serait trahir l’accord de paix et le peuple malien… Si nous allons au referendum dans ces conditions, Youwarou, Kidal et d’autres localités qui n’ont pas d’administration ne pourront pas voter. Le président de la République va les priver de leur droit de vote. Voilà pourquoi la plateforme s’insurge contre le référendum afin que toutes les conditions soient réunies pour que tout le monde puisse voter… », a expliqué l’élu de la commune V.

Pour Dr Brahima Fomba, membre de la Plateforme « An tè, A Bana » est un mouvement républicain ; c’est pour cela qu’il inscrit toutes ses actions dans le respect des lois de la République. « Nous allons utiliser tous les moyens que la constitution nous offre. La gamme supérieure est la désobéissance civile (article 121 de la constitution de 1992). L’Etat de droit est le respect de la constitution, et on révise cette constitution en violation de l’article 118 », a-t-il martelé. Selon lui, la Cour constitutionnelle s’est mise dans une situation intenable. « Nous invitons le président IBK à surseoir à cette révision constitutionnelle. Nous invitons le président IBK d’avoir la sagesse », a déclaré Dr Fomba.

Pour sa part, le chroniqueur Ras Bath, a souligné que le retrait de ce texte sera salutaire car le pays n’a pas les moyens d’en supporter le coût. «Me Cecalldi a dit que le Mali n’a pas les moyens financiers pour supporter le coût de la décentralisation inclue dans cette révision constitutionnelle. IBK s’est engagé devant la communauté internationale à réviser la constitution avant le 31 octobre. Il est dans le déni de démocratie », a affirmé Ras Bath.

À l’expiration du délai, la plateforme projette une marche, de la Place de l’indépendance à l’Assemblée nationale, pour y remettre une requête de mise en accusation du président de la République, Ibrahim Boubacar Keïta, pour haute trahison.

Cette décision a été prise, le samedi dernier, lors d’une réunion du directoire de la Plateforme.

Mémé Sanogo

Source : aBamako

aBamako

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