Forces Armées et Médias : Pour une meilleure lisibilité de la communication de défense

Les journalistes doivent éviter de livrer des informations qui peuvent contrarier le bon fonctionnement d’un quelconque segment du dispositif militaire

Afin de contribuer à accroître l’intérêt de la presse pour les questions de défense et de sécurité le ministère de la Défense et des Anciens Combattants a initié du 10 au 14 août dernier, un atelier de sensibilisation et d’information des médias. Ces retrouvailles de Ségou qui se sont déroulées au Centre Gabriel Cissé, autour du thème : « Enjeux de la communication de défense au Mali, rôle et responsabilité des médias ». La rencontre a regroupé plus d’une trentaine de journalistes venus de Bamako et de certaines régions du pays, des professionnels de la communication du monde militaire et de quelques départements ministériels.

La cérémonie d’ouverture de l’atelier était co-présidée par le ministre de la Défense et des Anciens Combattants Tiénan Coulibaly et son collègue de l’Economie numérique et de la Communication Arouna Modibo Touré. C’était en présence du gouverneur de la région Georges Togo, du maire de la ville, Nouhoum Diarra et du député Yacouba Traoré, un élu de la localité.

Le ministère de la Défense et des Anciens Combattants a organisé cet atelier pour faire l’état des lieux de la communication de défense en période de crise, tout en sensibilisant les professionnels des médias sur la spécificité et la sensibilité de l’information de défense. L’atelier ainsi permis d’identifier les contraintes et enjeux de la communication de défense en période de crise ; de créer un cadre de concertation entre l’institution militaire et les médias et la mise en place d’un réseau de journalistes spécialistes des questions de défense.

Les communications ont porté sur des thématiques relatives à : la Communication de défense : défis, enjeux et contraintes opérationnels ; Rôle et responsabilité sociale du journaliste ; les Médias et construction citoyenne, relation : armée-nation ; la Crise malienne : les médias, acteurs de paix ou d’instabilité ? ou Médias et information sensible, quels rapports avec les Forces de défense et de sécurité ?; la Gestion de l’information militaire en temps de crise : En guise d’éléments de langage ; Problématique de l’intégration dans les structures de défense et de sécurité ; Loi de programmation militaire (Lopm) et opérations militaires : efforts consentis par l’Etat, les populations et les médias. Ces différentes communications ont été animées par des experts à la matière.

Plusieurs interventions ont marqué la cérémonie d’ouverture de l’atelier. Le bal a été ouvert par le Maire de la ville. Après avoir dit sa satisfaction pour le choix porté sur sa commune, Nouhoum Diarra a souhaité la bienvenue aux participants. « La question de défense et de sécurité reste une préoccupation de tout bon citoyen » a-t-il ajouté. Le maire garde l’espoir de voir un jour nos forces armées et de sécurité relever les défis auxquels elles sont aujourd’hui confrontées.

Le ministre de l’Economie numérique et de la Communication a expliqué que sa présence dénote d’un accompagnement fort de son secteur à nos forces armées et de sécurité. Par cet acte, le gouvernement à travers le département de la défense et des anciens combattants, vient de témoigner son engagement fort à créer un cadre d’échange avec les professionnels des médias dira le ministre Arouna Modibo Touré. « Vous venez de matérialiser par cette action, un engagement citoyen qui consiste à vous rapprocher des médias » a avancé le ministre Touré à l’endroit de son collègue. Il a émis le vœu de voir ces genres de réflexion briser le mythe qui existe entre les militaires et les journalistes.

Des efforts étatiques pour restructurer l’Armée : Pour le ministre de la Défense et des Anciens combattants, l’objectif recherché par la tenue de cet atelier est d’éviter de livrer des informations qui peuvent contrarier le bon fonctionnement d’un quelconque segment du dispositif militaire. Bien que celui-ci est destiné à préserver le territoire national, les personnes et leurs biens. « Face aux menaces adverses et dans l’urgence, le rôle primordial pour les journalistes de notre point de vue, doit être prioritairement et essentiellement d’assurer les populations et de contribuer au réarmement moral des troupes, à la promotion de la paix et de la sécurité » a-t-il ajouté.

Selon le ministre Tiénan Coulibaly, toute politique de développement suppose respect et adhésion à des valeurs qui contribuent à établir la cohésion de la nation. Ces valeurs ne sont pas toujours intelligibles pour tous les citoyens. Elles sont parfois même mises en cause et deviennent source de conflit dans des sociétés en mutation comme le Mali a-t-il regretté. Le processus de Désarmement, Démobilisation, et Réinsertion (DDR) est un vaste chantier qui nécessite de grands investissements humains et financiers. Pour ce faire, sa réussite fait appel à la contribution de tous les acteurs dans un esprit de confiance réciproque et d’engagement patriotique a estimé le ministre Tiénan Coulibaly.

Concernant les reformes en cours à l’endroit de nos Forces armées et de Sécurité (FAMAS), le chef de département de la Défense dira qu’elles relèvent de l’engagement et de la détermination de l’Etat à mettre celles-ci, en phase avec les exigences du temps et les impératifs politiques et sécuritaires du pays. « Cette volonté politique se traduit par de grandes mutations au sein de nos forces armées et de sécurité : équipement des corps et réarmement moral des troupes ; réorganisation de la chaîne de commandement mise en condition et préparation opérationnelle de celles-ci, renforcement des effectifs ; amélioration des conditions de vie et de travail des militaires et de leurs familles » a expliqué le ministre Tiénan Coulibaly.

Quant à ce premier cadre d’échange avec les hommes des médias, le ministre de la Défense estimera que c’est un acte citoyen qui traduit leur volonté de puiser dans l’énergie et dans leur foi en l’avenir de notre pays de relever le défi de la reconstruction de notre nation. De ce fait, les ministères en charge de la Défense et de la Sécurité considèrent les médias comme des partenaires de poids. Pour cela, il est nécessaire, voire urgent d’établir des relations viables pour assurer la circulation d’informations pertinentes, exactes et opportunes. Le ministre a rassuré l’auditoire de l’intérêt particulier qu’il accordera aux résultats issus des travaux de cet atelier.

Diakalia M. DEMBELE

Envoyé spécial

Source : aBamako

aBamako

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