Reforme du secteur de la sécurité au Mali: WANEP-Mali et DACP offrent un espace d’échange aux acteurs de la société civile

L’Hôtel Coccinelle abrite un atelier de suivi de la formation de la société civile sur la Réforme du Secteur de la Sécurité en Août 2015. La cérémonie d’ouverture de cette rencontre était placée la présidence de Ibrahima DIALLO, Commissaire au Commissariat à la Reforme du Secteur de la Sécurité. Il avait à ses côtés, la présidente du conseil d’Administration de WANEP Mali, de Ornella Moderan du Centre pour le Contrôle démocratique des forces Armées.

Dans le cadre du partenariat qui les lie depuis 2014, le Centre pour le Contrôle démocratique des Forces Armées (DCAF) et le Réseau pour l’Edification de la Paix en Afrique de l’Ouest (WANEP) au Mali ont organisé, du 11 au 13 Aout 2015, et avec la participation de Human Security Collective, un atelier de formation et de réflexion de la société civile autour du thème : « Quelle contribution de la société civile pour relever les défis de la sécurité humaine au Mali à travers la réforme du secteur de la sécurité ? ».

Cet atelier de 3 jours s’adressait aux organisations membres du WANEP au Mali, et visait à permettre une meilleure compréhension du processus de RSS par les organisations participantes, de manière à favoriser l’identification de points d’entrée pour une participation effective aux efforts nationaux de réforme du secteur de la sécurité.

L’atelier a ainsi été l’occasion pour la trentaine de participants d’acquérir une meilleure compréhension des enjeux et contours du processus de réforme du secteur de la sécurité annoncé par les autorités maliennes au sortir de la crise politico-institutionnelle de 2012, et de cerner leur rôle potentiel à cet égard.

Au terme de cet atelier, les organisations participantes ont dégagé plusieurs constats et des pistes d’action correspondantes. Forts de ces constats et des pistes d’action qui en découlent, les points focaux et organisations membres de WANEP présents lors de l’atelier ont indiqué avoir pris conscience du rôle qui leur incombe, en tant qu’acteurs de la société civile impliqués dans des initiatives de transparence, de changement et de défense des droits des populations.

Ce rôle implique notamment de faciliter l’accès des populations à l’information liée au fonctionnement du secteur de la sécurité d’une part, et relayer les préoccupations de la population vers les institutions de sécurité d’autre part. Il s’agit également de faciliter l’interaction entre usagers du service public et institutions de sécurité supposées délivrer un service public de sécurité pour toutes.

En ce sens, les points focaux et organisations membres participants à l’atelier d’Août 2015 ont, à cette occasion, profité de l’opportunité offerte par les travaux pour identifier des actions susceptibles de servir de points d’entrée vers une mise en oeuvre plus effective de leur rôle relativement à la RSS.

Prenant acte du fait que les plans d’action issus d’ateliers restent souvent lettre morte en raison de la difficulté de mobilisation des financements dédiés à leur mise en oeuvre, l’identification de ces actions s’est faite selon une méthodologie plus modeste et réaliste.

Il s’est agi, pour les participants, tout d’abord, de former des groupes fonctionnels, en se basant soit sur une zone d’intervention commune, soit sur un domaine d’action et d’expertise commun, soit sur une expérience passée ou passée de projet conjoint. Au sein de ces groupes, les participants ont ensuite exposé leurs différents projets et actions en court déjà financés, afin de définir quels ajouts ou ajustements à ces initiatives pourraient permettre d’inclure une dimension de contribution à la sécurité humaine, au lien ISS-population, à l’accès des usagers aux services de sécurité de base, ou encore à la réflexion nationale sur les priorités et modalités de la RSS, moyennant un coût financier minime voire nul.

Ces actions, quoique modestes par leur envergure, s’entendaient comme des points d’entrées destinés à favoriser l’intégration et la prise en compte des questions de sécurité dans le travail habituel des points focaux et organisations membres de WANEP-Mali, et ce en réduisant au minimum tout risque de dépendance à un financement extérieur qui pourrait nuire à la durabilité des actions en cas de non-mobilisation ou de retrait desdits financements.

Cette approche traduit dans les faits la notion de dynamique endogène, en favorisant une prise de conscience par les acteurs de la société civile malienne que certaines questions de sécurité se trouvent d’ores et déjà à leur portée ; et en encourageant une prise en main par de ces défis par les OSC, chacune selon son domaine d’expertise, ses atouts opérationnels et relationnels, les moyens dont elle dispose, et les besoins pertinents dans la localité d’intervention.

Se faisant, cette approche met aussi l’accent sur la diversité des types de contribution que peut apporter la société civile, en partant d’une auto-évaluation par chaque organisation de ses propres forces et atouts.

Deux ans après l’atelier initial d’Aout 2015, WANEP-Mali et DCAF font suite à l’engagement pris d’organiser une rencontre de suivi destinée à faire le point sur la mise en oeuvre des actions alors définies par les points focaux et organisations participants, et dégager des leçons apprises et nouvelles perspectives pour intensifier l’apport de la société civile.

Cet atelier de deux jours vise à offrir aux points focaux et organisations membres de WANEP-Mali Mali un espace d’échange, de réflexion collective et de partage d’expérience pour partager et renforcer leur rôle de contribution à la gouvernance de la sécurité au bénéfice des populations maliennes.

Cette rencontre d’échange entend également offrir aux points focaux et organisations membres de WANEP une mise à jour de l’information sur le processus de RSS, prenant en comptes les évolutions liées à la l’Accord de Paix, à la Conférence d’entente nationale, au processus de réconciliation nationale, à la mise en place d’un Commissariat à la RSS, et d’autres avancées du contexte malien ; Elle vise aussi à actualiser la réflexion sur les opportunités pour une contribution à forte valeur ajoutée de la société civile aux questions de sécurité ; actualiser en particulier la réflexion sur les apports de la société civile à la mise en oeuvre du processus de RSS ; et surtout faire le point sur ce qu’il est advenu des engagements pris par les participants lors de la session de l’atelier de 2015 qui s’intitulait « Intégrer l’approche de gouvernance sécuritaire dans les projets en cours.

À l’issue de cet atelier de de deux jours, les points focaux et représentants des organisations membres de WANEP-Mali fairont le point sur les actions entreprises à la suite de l’atelier de formation d’aout 2015 et dégageront collectivement des bonnes pratiques et leçons apprises de ces expériences ; dégagé des perspectives d’action concrète en vue de contribuer à la mise en oeuvre de la réforme du secteur de la sécurité, en s’appuyant sur les orientations prodiguées par l’Outil 6 de la Boite à Outils pour la réforme et la gouvernance du secteur de la sécurité en Afrique de l’Ouest.

Fsanogo/abamako

Source : aBamako

aBamako

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