La revision constitutionnelle : Une nécessite au Mali, mais à quelles conditions ?

Le Président de la République, lors d’une interview sur la chaine de télévision nationale, a dit que : « Nul ne peut s’opposer à ce que le peuple malien exerce son droit de vote ». Dans un Etat normal ce droit est garanti pour chaque citoyen. Mais dans un Etat anormal pour plusieurs raisons, cela parait comme un forcing. Le Mali actuel n’est pas au mieux de sa forme parce que l’autorité centrale n’est pas représentée au vrai sens du terme sur toute l’étendue du territoire nationale, à travers ses symboles .
Les frontières sont poreuses et ouvrent la voie aux différents mouvements terroristes et djihadistes dans le but d’occuper une bonne partie du territoire malien sans que l’état puisse apporter la moindre réponse à cet afflux djihadiste. Ils profitent surtout de l’absence de l’Etat car la nature a horreur du vide Nous concevons l’état contemporain comme une communauté humaine qui dans les limites d’un territoire déterminé (la notion de territoire étant une de ses caractéristiques) revendique avec succès pour son propre compte le monopole de la violence physique légitime et qu’aucun Etat n’accorde à aucun autre groupe soit-il organisé ou à un individu fut-il important le droit de faire appel à la violence que dans la mesure où il le tolère.
Celui-ci passe donc pour l’unique source du ‘’droit’’ à la violence. Malheureusement les 2/3 sinon plus du territoire national sont actuellement occupés par des groupes qui ne sont pas munis d’une autorisation de l’Etat dans ce sens.
Un référendum constitutionnel se fait dans un Etat possédant un territoire avec des frontières dans lesquelles s’exerce son autorité, disposant d’une identité nationale c’est-à-dire les nationaux se reconnaissent, comme des citoyens à part entière. La CMA, les djihadistes et les terroristes se sentent-ils vraiment maliens ? La réponse est non, car ils veulent créer leur propre territoire. Ils ont déjà leur drapeau et leur hymne. Un Etat pour réaliser un référendum constitutionnel, doit être souverain. C’est-à-dire disposer d’une justice d’une police et d’une armée pour faire respecter ses lois, ses instructions et garantir ses frontières. Le Président IBK et sa Cour Constitutionnelle sont-ils conscients de ce que le Mali vit dans son septentrion ?
Le Président IBK a-t-il oublié ce qui est un pouvoir politique ? Le pouvoir politique au sens strict du terme s’exerce sur l’ensemble de la société. Il dispose à cet effet, de pouvoir régalien pour contraindre ses citoyens à travers une administration chargée d’appliquer et de faire respecter ses décisions. Divers éléments symbolisent l’Etat : le drapeau, l’hymne national, la monnaie, le chef de l’Etat, etc… Au nord du Mali, dans la région de Kidal, IBK est-il reconnu là-bas comme le chef de l’Etat du Mali, par ceux qui ont pris les armes contre lui et son armée ?
Nous ne le pensons pas dans la mesure où IBK lors de sa tournée dans la région de Ségou en 2016 a dit : qu’aucune fanfaronnade ne l’amènera à fouler le sol de Kidal. Depuis que ces mots ont été prononcés, il n’a plus été question pour lui de faire une visite à Kidal. C’est le président du Haut Conseil Islamique du Mali (HCIM), l’honorable Mahmoud DICKO qui est commis pour cela. D’ailleurs il vient de séjourner dans cette ville, il y a une semaine afin de négocier au nom du Chef de l’Etat le retour de l’administration malienne à Kidal la ville rebelle.
Dans ces conditions aller à un référendum dans une zone sur laquelle ne s’exerce pas l’autorité centrale signifie qu’IBK veut sacrifier le Mali pour son propre intérêt, et non pas pour l’intérêt du pays . Qui l’aurait cru ?
Badou S KOBA

Source : aBamako

aBamako

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