Ministère de l’équipement et des transports : Quand les routes au Mali contribuent à l’enclavement

Au Mali depuis l’avènement de la démocratie, les pouvoirs publics ont fait du désenclavement leur leitmotiv pour développer le pays. Aussi entre 1992 et 2017 plus de 5000 kms de route ont été bitumées. Dans la capitale toutes les voies principales ont été goudronnées, dans les capitales régionales et les villes secondaires des infrastructures routières ont été réalisées. Mais à cause de la mauvaise qualité des matériaux et du manque d’entretien ces routes sont en passe de devenir des casses tête chinois. A Bamako il n’ya pas une route où il n’ya pas de nid de poule. Pour un pays pauvre comme le nôtre revenir chaque fois sur les routes coûte cher

Pour se rendre compte du cauchemar , il suffit d’emprunter la route qui va de Bacodjicoroni en direction de l’hôtel Olympe à Sabalibougou. A la nuit tombée, c’est les jeunes du quartier qui essayent avec leur maigre moyen de dégager le sable. Signe de la détérioration des routes la piste cyclable qui va du pont des martyrs au rond point du monument de l’Afrique. Sur cette voie les accidents sont devenus le quotidien des habitants. Il ne se passe pas une journée sans qu’on assiste à un accident mortel. Sur certaines voies, le sable à presque ensevelis la bitume, d’ailleurs on a comme l’impression que c’est les conséquences de l’avancée du désert.
Pour les routes inter-urbaines le cauchemar est encore pire. Les bus qui quittent Mopti pour rallier Gao la grande métropole du nord roulent au moins pendant quatre jours. A cause de l’état de dégradation de la route beaucoup de compagnies ont préféré changer d’itinéraire. Le tronçon est actuellement emprunté par les compagnies Nour, Tilemsi et Sonef. Ces compagnies utilisent de vieils bus. C’est le même calvaire sur le tronçon Bamako Kayes. La bête noire des chauffeurs c’est surtout le tronçon Diema Didjeni.
Les raisons de cette dégradation :

D’abord le manque de suivi de l’Etat qui n’envoie pas des experts qualifiés pour étudier la qualité des matériaux utilisés. Les Ministres en charge du domaine se contentent de simple visite. Avec le système de passation de marché les entreprises choisies sont bien obligées de verser une bonne partie de l’argent sous forme de pourboire . Aussi les entreprises surtout nationales sont souvent contraints de faire un mauvais travail pour faire de magnifiques bénéfices. L’Etat et ces entreprises font un mauvais travail sans aucune dose de conscience. Les entreprises chinoises eux font le boulot en fonction des fonds octroyés.

Quelques exemples suffisent pour illustrer ce mauvais travail la route qui relie l’intersection de Kalabancoro à Kalabancoura, une première fois l’entreprise a fait le travail, il a fallu encore reprendre. Si les routes sont bien faites cela peut permettre d’économiser pour le plus grand bénéfice d’autres secteurs prioritaires. Les entreprises sans souci qui se livrent à ces pratiques peu orthodoxes ne doivent pas se taper la poitrine, elles doivent avoir au contraire honte. Non seulement, elles tuent l’économie nationale mais aussi les usagers de la route au nez et à la barbe des pouvoirs publics.
Badou S. Koba

Source : aBamako

aBamako

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