Suspension de la révision constitutionnelle : Et maintenant …

Et maintenant assoiffés du pouvoir, ‘‘aigris’’ et opportunistes, qu’allez-vous faire ? Il fallait bien s’y attendre ! La suspension du processus de révision constitutionnelle n’est qu’une demi-surprise avec la tournure qu’avaient prise les contestations. Si la situation avait continué de la sorte c’est le pouvoir d’en place qui allait ramasser les pots cassés et cette décision du président IBK ne saurait être que sage et salutaire pour avoir privilégié cette option qui consiste à la suspension. Par contre ce sont de grands espoirs qui viennent d’être bisés : Ces politiques’ qui préparaient déjà les présidentielles de 2018, ces frustrés qui vouaient régler le compte avec le pouvoir et ces opportunistes qui avaient su saisir l’occasion pour se faire des sous pour défendre une cause qui était d’avance perdue.
Pas plus que le Week-end dernier des localités du Mali, à l’image de Fana dans le cercle du Dioïla, ont vibré au son du ‘‘Oui’’ pour le processus de révision constitutionnelle qui était encore en cours. Ce climat entretenu par le parti au pouvoir dans plusieurs localités du pays à l’intérieur, avait plus l’air d’une précampagne électorale qu’une simple sensibilisation référendaire, bien entendu, en cette veille des élections présidentielles de 2018.
Il nous revient que le parti présidentiel, dans ces différents rassemblements à Bamako qu’à l’intérieur, parlait plus de ces quelques petits acquis du régime actuel que du contenu du document voté par les députés le 2 juin dernier. Histoire de faire croire à ces populations du Mali profond que ceux qui sont contre la révision constitutionnelle sont des ‘‘Jaloux’’ du pouvoir et qu’ils ne veulent que la tête du président IBK. C’était d’ailleurs le discours favori dans ces meetings et autres manifestations initiées par les partisans. Avaient-ils totalement tort ?
Certainement pas non ! L’ultimatum donné par le front du ‘‘Non’’ au président de la République et qui, semble avoir abouti à la suspension du processus, en dit long sur la question. Dans cette foulée, on le sait bien, ils étaient plus nombreux ceux-là qui voulaient en découdre avec le pouvoir d’en place que ceux qui se manifestaient contre la question référendaire. Des frustrés de la gouvernance actuelle qui voulaient en finir avec tout avec la bénédiction d’un autre clan d’hommes politiques. Finalement, l’on était en face de deux clans politiques, l’un à la quête du pouvoir et l’autre cherchant à sauver son fauteuil.
Beaucoup de millions en l’air
C’est une évidence, le budget de l’Etat a saigné pendant cette période dans la tentative de convaincre le malien sur la question tandis que les priorités demeurent au Mali. Le malien cherche à tirer le diable par la queue, le prix des denrées de première nécessités prennent l’ascenseur. Mais au même moment des voyages se multipliaient pour faire adhérer les gens à la cause du oui. La conscience des enfants, jeunes et vieux est achetée à travers des grandes mobilisations à Bamako et environnant. Et même à l’étranger, une somme importante a été envoyée non pas pour parler du contenu de la nouvelle constitution mais pour faire adhérer les gens à la cause.
A Bamako dans la capitale où tout se négociait, l’on a assisté entre autres à l’organisation d’atelier, de conférence débats, de presse ; de distribution de liasses de banques octroyées aux différentes associations crées pour la circonstance. D’où sont sortis les sous destinés pour ses rencontres. Certainement dans les caisses…
Ce ne sont pas seulement les partisans du oui qui étaient à craindre, d’autres également qui étaient trapus dans leur coin cherchaient à faire monter leur cote de popularité.
Que va donc devenir l’accord ?
Mais déjà une seule question doit tarauder l’esprit des maliens. Le Mali ne connaitra-t-il plus la paix ? Difficile d’y répondre quand on sait que l’argumentaire avancé par les partisans du oui avec en tête de liste le président Ibrahim Boubacar Kéita, était que le pays n’allait pas connaitre la paix sans une nouvelle constitution « l’Assemblée nationale a voté le projet de loi référendaire. “Il s’inscrit dans le cadre de la mise en œuvre de l’Accord pour la paix et la réconciliation, issu du processus d’Alger. Tout le monde a été consulté lors de l’élaboration du projet » disait IBK lors d’une de ses sorties médiatiques. Ainsi si l’on en croit au président IBK, le pire est à craindre car, ne pas partir au référendum selon lui relevait aujourd’hui d’une violation pure de l’accord pour la paix.
Heureusement que la CMA, en panne d’inspiration s’est aussi invitée dans la danse pour couper court à ce que le président argumentait. Bilal Ag Cherif, au cours d’un point de presse animé par la coordination des Mouvements de l’Azawad, les responsables ont signalé que « le projet de révision constitutionnelle ne comporte pas les points essentiels inscrits dans l’accord. Les dispositions de l’accord ne figurent pas dans le projet de révision constitutionnelle telle que la régionalisation ou libre administration. L’accord doit être pris dans la loi fondamentale. La CMA ne se voit pas dans ce projet de révision constitutionnelle. Le plus important est d’avoir un projet consensuel ». Alors de quoi se basait IBK pour dire qu’il fallait coute que coute aller vers un referendum ? Voulait-il se démarquer des autres pour dire qu’il a passé là où les autres ont failli ? Le président IBK est toujours dans les détails, or il n’est un secret pour personne que le diable est dans les détails.
Djibi Samaké

Source : aBamako

aBamako

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