Révision constitutionnelle : le sursis du bon sens

Un bon conseil reste intemporel. Ainsi il y a trois cents ans, le poète disait : «Seigneur, que l'intérêt de tant de gens de bien Vous fasse au moins surseoir ce voyage funeste». Ainsi en acceptant de surseoir à ce projet en écoutant les conseils avisés et non les laudateurs, le président de la République nous évite un voyage funeste et cela est à saluer, car le respect du peuple et l’humilité sont deux grands atouts pour qui entend bien gouverner.
Ce qui me rend particulièrement heureux dans la situation présente, est qu’elle vérifie un vieil adage voulant que les peuples aient les dirigeants qu’ils méritent. Ainsi, par son engagement le peuple malien a montré qu’il méritait d’être écouté. S’il s’était comporté en mouton, il aurait été traité comme tel. Pour autant, nous partisans du non devons également avoir le triomphe modeste car le sage a dit : «une grande équipe sait gagner avec humilité et perdre avec fierté». Quant à ceux qui veulent le pouvoir, maintenant que ce projet de révision est je l’espère enterré, ils doivent le conquérir par les urnes. Nous devons rester profondément démocrates. Irrémédiablement légalistes, définitivement républicains et résolument patriotes.
Un grand Africain disait : «Comme le dit le bon sens, ce n’est pas au loup que l’agneau confie le soin de le défendre». Nous devrions avoir compris depuis longtemps que les solutions des 30 dernières années n’ont pas marché. Bon élève de la Banque Mondiale, FMI, et toutes ces autres organisations chargées de distribuer les bons points, cela ne veut rien dire tant que nous sommes dépendants. Ils font de nous ce qu’ils veulent.
Mais cela n’est possible que parce que nous n’avons jamais réussi à nous assumer, nous peuples d’Afrique, nous supposées élites africaines. Toujours à quémander auprès du «loup» ce que nous ne prenons pas la responsabilité de produire. Toujours victimes, toujours apitoyés sur nous mêmes…
Pour vaincre, pour se développer, il faut une mentalité de gagnant. Mais cela seul ne suffit pas, il faut prouver par nos actions que nous pouvons enregistrer des résultats. 7% de taux de croissance suffit à nous gonfler d’orgueil, alors qu’il est anormal qu’un pays africain fasse moins de 10%. Même cela, ce sont des broutilles au regard de la distance qui nous sépare des objectifs.
Pourtant, je reste optimiste et sais que s’il y a un réel éveil des consciences, une prise en compte véritable des enjeux, au-delà des slogans et un leadership constant au-delà du populisme, il ne faut pas trois ans pour qu’un pays décolle. Pour cela, nous ne devons plus être des assistés, mais des peuples qui prennent leur destin en main. Dieu veille.
Madani TALL

Source : aBamako

aBamako

LAISSER UN COMMENTAIRE

Please enter your comment!
Please enter your name here