L’ORTM : Le bouc-émissaire ?

Malgré les efforts engagés par le DG de l’ORTM, Sidiki N’Fa Konaté, les critiques et les accusations mettant en cause son impartialité ne faiblissent pas. Comme par le passé, aujourd’hui l’ORTM continue de faire l’objet de la colère de bon nombre de nos concitoyens qui voient en lui, un allié du pouvoir en place. Pour les uns, la télévision nationale évite soigneusement de couvrir les évènements qui ne sont pas du goût du pouvoir, et pour d’autres la couverture de ces évènements est partielle et victime de censure. Tous ces points de vue ressemblent fort bien à un procès d’intention motivé par la volonté d’inscrire ce média sur la liste noire des structures vouées au mépris. Les mésententes et les dissensions politiques ressurgissent sur les médias d’Etat qui pour la plupart du temps œuvrent entre le marteau et l’enclume. L’ORTM est victime d’un éternel débat politique et social mal résolu qui ressurgit en permanence au gré des évènements. La prise à partie de l’ORTM relève plus d’une campagne visant à contrôler ce médias d’Etat qu’à une réelle volonté de le contraindre à servir loyalement le pays. Le contrôle de l’ORTM a été et sera toujours un enjeu qui opposera majorité et opposition dans ce pays. C’est dans cet environnement défavorable que l’office de Radio et Télévision Nationale fait de son mieux, avec les moyens dont elle dispose pour traduire dans les faits son slogan « Chaque malien compte». La diversité de son nouvel programme et l’effort de réhabilitation de toutes les stations relevant de sa responsabilité sont des signes d’une évolution qui tend vers la prise en compte des avis de toutes les composantes de la société. Dès lors, les manipulations pour enfiler le costume d’allié du pouvoir à l’ORTM doivent s’estomper. Elle est la télévision de tous les Maliens et nul ne peut en restreindre ou interdire son accès à un Malien quel que soit le bord ou le courant de pensée politique. S’il y’a combat légitime aujourd’hui, ce combat doit s’orienter vers le statut de la télévision nationale et la commission de l’accès égal aux médias d’état. En plus de sa mission d’information, l’ORTM est engagé aussi sur les sentiers de la sensibilisation, de l’éducation et la formation citoyenne, somme toute des choses indispensables à la paix et à la stabilité du pays. Cela lui impose une impartialité certes mais aussi le devoir de discernement sans porter préjudice à la liberté d’opinion et d’expression de la population. Présentement, il est indéniable que la station nationale œuvre dans les limites définies par la loi. L’ORTM est mise en avant lors des évènements circonstanciels, la plupart de temps, ses accusateurs sont branchés sur les grandes chaînes de l’étranger. Le débat qui fait rage autour de la prestation de l’ORTM et de la gestion de son DG n’est autre qu’une manœuvre visant à déplacer un problème global lié à la législation. Le droit à l’information ne peut se résumer à une question de majorité ou d’opposition. La liberté d’un media d’état ne se règle pas par humeur mais par une solidarité agissante vers la consolidation des acquis et la construction d’un climat législatif favorable. L’ORTM est le bouc émissaire éternel entre pouvoir et opposition qui détourne la population de ses vraies préoccupations, si qualificatif y a-t-il c’est bien du mépris aux autres maliens qui ne sont ni de l’opposition ni de la majorité, ont aussi le droit d’y se retrouver en l’ORTM. Sinon tout le reste de considération envisagée par l’opposition montre qu’elle distrait le peuple et détourne de ses réalités vécues au quotidien. Le DG actuel mérite le soutien de tous dans sa dynamique de rénovation et du rehaussement de la qualité des prestations. Faute de quoi nous encourons le risque de jeter le bébé avec l’eau du bain. A bon entendeur, salut ! Sidiki Sangaré Source : aBamako aBamako

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