Assurance au Mali : le secteur ne représente que 0,45% du PIB

Les premiers états généraux de l’assurance au Mali ont eu lieu du 25 au 27 juillet à l’hôtel de l’Amitié de Bamako. Organisés par le ministre de l’Economie et des Finances en étroite collaboration avec tous les acteurs du marché, le thème de ces états généraux de l’assurance au Mali portait sur «quelle assurance pour accompagner le développement économique et social du Mali». La cérémonie d’ouverture des travaux était présidée par le ministre de l’Economie et des Finances, Dr. Boubou Cissé, en présence du Directeur national du Trésor et de la comptabilité publique, Sidi Al Moctar Oumar, et de la représentante du Cabinet Finactu, Géraldine Mermoux. L’idée d’organiser ces premiers états généraux de l’assurance au Mali émane du département de l’Economie et des Finances, suite aux constats formulés par les autorités de régulation et de supervision, ainsi que les partenaires au développement, à l’instar de la Banque mondiale à travers le projet de développement du secteur financier (Psf). Pour permettre sa bonne tenue, le Cabinet Finactu a été choisi par les acteurs du marché en relation avec la direction nationale du trésor et de la comptabilité publique pour faire un état des lieux par rapport aux indicateurs de solvabilité et à l’environnement sous régional. Selon le ministre de l’Economie et des Finances, Dr. Boubou Cissé, au cours de l’année 2015, l’économie malienne a évolué dans un environnement international marqué par la baisse du cours du pétrole qui a contribué au ralentissement de l’activité économique mondiale. Ainsi, dit-il, le taux de croissance s’est établi à 4,2% en 2015 contre 4,6% en 2014, soit une chute de 0,4 point. Au plan national, le ministre a noté que le taux de croissance est resté positif, mais a légèrement fléchi, passant de 5,8% en 2014 à 5,4 en 2015. Tout en indiquant que le Mali présente l’une des meilleures dynamiques de développement en termes de Pib et de croissance démographique au cours des cinq dernières années, alors que le taux de pénétration de l’assurance a régressé sur la même période. Toute chose, selon Dr. Boubou Cissé, qui prouve à suffisance que l’assurance au Mali ne reflète pas les performances de l’économie et que le potentiel latent à libérer, en termes de marge de progression, demeure énorme et considérable. Il a en outre souligné que l’assurance ne représente que 0,45% du Pib malien en 2015, contre 1,05% pour l’ensemble de la conférence interafricaine des marchés et assurance (Cima). Avant d’expliquer que seuls le Tchad et la Centrafrique ont des taux de pénétration plus faibles que le Mali. Par ailleurs, Dr. Cissé a fait savoir que l’industrie des assurances au Mali compte 12 sociétés anonymes dont 3 sociétés vie et 9 sociétés non vie. Il dira en sus que le secteur des assurances est également animé par 33 courtiers autorisés par son département et par plus de 190 agents généraux et agents mandataires. Ce nombre, souligne-t-il, ne comprend pas les agents des banques habilités à présenter les opérations d’assurances qui sont considérés comme des intermédiaires d’assurances au regard des dispositions du code des assurances des Etats membres de la Cima. D’ailleurs, selon une étude de Finactu, le Mali est le pays de l’UEMOA ayant le plus grand nombre d’intermédiaires, alors que son marché est l’un des plus étroits en termes de chiffre d’affaires. En plus, d’autres corps de métiers interviennent sur le marché malien de l’assurance, a déclaré le ministre Cissé. Il s’agit entre autres des experts maritimes, des experts automobiles, des experts médicaux et les avocats dont le rôle est primordial dans la procédure d’indemnisation des victimes. Toutes ces corporations, selon lui, souffrent souvent d’une absence d’organisation et d’un manque de coordination qui sont de nature à influencer la qualité de la prestation des entreprises d’assurance. Au sujet des primes émises, c’est-à-dire le chiffre d’affaires des sociétés d’assurance, aux dires du ministre de l’Economie et des Finances, elles s’élèvent à 29,604 milliards de Fcfa en 2013, 32,968 milliards en 2014 et 35,165 milliards en 2015. Pendant la période de référence, le Burkina, le Togo et le Bénin, qui sont loin derrière la Côte d’Ivoire et le Sénégal, affichent respectivement un chiffre d’affaires de 57,913 milliards, 48,320 milliards et 46,703 milliards de Fcfa sur les comptes arrêtés au 31/12/2015 contre 35,165 milliards pour le Mali. La différence est plus que remarquable en matière d’assurance vie, où le Togo et le Burkina affichent une production annuelle qui dépasse de plus de deux fois celle du Mali. «Cette situation contraste avec la place qu’occupe notre pays au sein de notre espace économique qu’est l’UEMOA. En tant que ministre en charge du secteur des assurances, je voudrais que cette situation change et elle doit changer en fonction de notre fort potentiel de développement sous-tendu par l’agriculture et l’élevage, le secteur minier et autres services qui ont assuré une croissance dynamique au cours des 05 dernières années», a souhaité Boubou Cissé. Selon le Directeur national du Trésor et de la comptabilité publique, Sidi Al Moctar Oumar, pendant longtemps, le Mali a consacré ses efforts à la problématique de la gestion des finances publiques. D’où l’heure est venue de procéder à la même démarche pour une meilleure situation du secteur de l’assurance. Il a indiqué que ces dernières années, quelques mesures certes insuffisantes ont été prises, mais qui ont abouti à un chiffre d’affaires de plus de 41 milliards de Fcfa en 2016, soit un taux de plus de 17,5% supérieur au taux moyen de la zone Uemoa. Pendant trois jours, les participants aux états généraux de l’assurance ont passé en revue tous les segments de l’industrie des assurances au Mali en vue de faire un bon diagnostic et de proposer les solutions appropriées. Diango COULIBALY Source : aBamako aBamako

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