Désenclavement des zones rurales : ‘’Une nouvelle initiative de plus de 45 milliards, pour l’aménagement de 1700 km de pistes rurales et la création de 144 000emplois en 5 ans’’.

Le Ministère l’Equipement et du Désenclavement s’apprête à lancer d’ici la fin de l’année 2017, un vaste projet de désenclavement des zones rurales. Le PAAR, Projet d’Appui à l’Accessibilité Rurale, a pour objectif d’améliorer et de pérenniser l’accès routier des communautés paysannes aux marchés et aux services de base. Les détails sur cette nouvelle initiative, énième exemple d’un Mali qui bouge en matière de développement des infrastructures, avec Madame TRAORE Seynabou DIOP. Interview. Le Flambeau : Quels sont les grands axes de ce projet ? Le PAAR est financé par la Banque Mondiale à hauteur de 41 981 248 000 F CFA et le Gouvernement du Mali pour un montant 3 300 000 000 F CFA, soit un financement total de45 281 248 000 F CFA. Il s’inscrit dans le cadre de la mise en œuvre de la Politique Nationale des Transports, des Infrastructures de Transports et du Désenclavement (PNTITD), adoptée en Octobre 2015 par le Gouvernement du Mali. Sur les 8 axes stratégiques de la PNTITD, 5 sont prises en compte par le PAAR. Il s’agit, entre autres, de : l’entretien et la réhabilitation des équipements et infrastructures existants ; la poursuite du désenclavement intérieur et extérieur par la construction de nouvelles infrastructures de qualité et le changement des caractéristiques techniques ; le développement et la promotion du transport rural ; le renforcement du mécanisme de financement de l’entretien routier et ; la promotion de la sécurité et de la sûreté des transports. Le Projet d’Appui à l’Accessibilité Rurale, en droite ligne de la vision du Président de la République et des orientations du Premier ministre, va impacter directement sur la vie des communautés paysannes concernées, soit environ 650 000 personnes dont 51% de femmes. Il créera environ 144 000 emplois en cinq ans. Le Flambeau : Quelles sont les différentes composantes du projet ? Le projet compte 3 composantes. La première composante porte sur l’Aménagement des Pistes Rurales, dont 1700 km, pour relier les zones de productions aux zones de consommation. Cette composante, à travers différentes sous-composantes, vise la réalisation d’aménagements connexes de base dans les villages le long des pistes du projet dont : les périmètres maraichers et plates-formes multifonctionnelles pour les femmes, les points d’eau, les magasins, les hangars des marchés, les parkings, les clôtures, la réhabilitation de salles de classe et les salles de classe additionnelles pour les écoles, la réhabilitation des centres de santé. La Composante 2, portant sur l’Entretien Courant et la Sécurité Routière, vise unAppui à la mise en place d’un mécanisme durable d’entretien à travers la mise en place des mesures d’accompagnement nécessaires pour assurer l’entretien courant des pistes rurales déjà améliorées par la méthode Haute Intensité de Main d’œuvre (HIMO). Les activités spécifiques de cette deuxième composante porteront, entre autres, sur : le renforcement des capacités des services techniques de l’Etat et des collectivités à travers l’acquisition d’équipement, la formation sur la préservation du patrimoine des pistes rurales, les mécanismes innovants de financement et l’utilisation des nouveaux matériaux de construction pour les travaux de pistes rurales ; la formation en classe et chantier école pour les associations villageoises en charge de l’entretien des pistes ; l’acquisition d’outils, de kits de soins et d’équipements de protection ; et des prestations d’intermédiation sociale et de coordination des activités. Elle intègre également la conception et la diffusion des outils pédagogiques dans 100 établissements scolaires, la formation et la sensibilisation de 100 chauffeurs et conducteurs routiers, le développement des instruments de collecte et d’analyse de données, la formation de 10 agents en audit et inspection en sécurité routière, l’acquisition de 100 ambulances tricycles médicalisées et 10 000 réflecteurs sur les Moyens Intermédiaires de Transports. La Composante 3 est relative à la Gestion du Projet, au Suivi Environnemental et Social ainsi qu’à l’Engagement Citoyen. Les activités de cette composante sont la coordination de la mise en œuvre du projet y compris: le suivi et évaluation, la gestion fiduciaire du projet qui inclus les audits, la mise en œuvre et le suivi des mesures environnementales et sociales. Cette composante vise aussi à renforcer la participation et l’engagement des bénéficiaires pour assurer une meilleure pérennisation des résultats de développement du projet. La Composante 4 porte sur l’Intervention d’Urgence. Elle sera activée s’il y a lieu de réallouer les ressources du projet dans l’avenir à travers une restructuration ou d’autres projets de la Banque dans le portefeuille du Mali. Ces ressources seraient mises à disposition pour financer des activités d’intervention d’urgence afin de faire face aux situations de crise et d’urgence et d’éviter au Gouvernement les longs temps de préparation de projet. Le Flambeau : Quels sont les différents acteurs du Projet ? L’arrangement institutionnel de préparation et de mise en œuvre du projet prévoit la mise en place et le maintien des organes suivants : Un Comité de Pilotage, un Comité Technique ainsi qu’une Unité Nationale de Coordination. Le Comité de pilotage assure la supervision globale du projet, veille à la cohérence des activités avec la stratégie sectorielle et la coordination intersectorielle avecles collectivités territoriales des régions de Koulikoro et de Sikasso. Il approuve les plans de travail et le budget annuel du projet. Le Comité technique est chargé du suivi de la mise en œuvre technique du projet et entre autres de l’établissement et le suivi des plans de travail et budget annuels. Le comité technique sera présidé par le Coordinateur de l’Unité Nationale de Coordination et comprend les points focaux de la Direction Nationale des Routes, de l’Autorité Routière, de l’Agence Nationale de Sécurité Routière, les services techniques du Ministère de l’agriculture, les Conseils Régionaux de Koulikoro et Sikasso et les Agences d’exécution. L’Unité Nationale de Coordination assurera la coordination de la mise en œuvre du projet, la gestion fiduciaire, la mise en œuvre des mesures de sauvegarde environnementale et sociale, le suivi et l’évaluation. Le Flambeau : Quel est le chronogramme de mise en œuvre du Projet ? Après la ratification de l’accord de prêt par le Gouvernement, les activités attendent la mise en vigueur pour démarrer pleinement. Il faut noter que les 1700 km de pistes seront réalisés en quatre phases d’environ 400 km chacune. Pour la première phase qui est de 445 km, les études techniques ont été réalisées, le bureau de suivi et contrôle choisi, et le DAO des travaux est prêt pour être lancé. Les deux conventions de maitrise d’ouvrage déléguée (une par région) sont prêtes pour la signature et le démarrage des travaux est prévu avant la fin de l’année 2017.La première phase portera sur la réalisation de 445 km dans les régions de Koulikoro et Sikasso. Propos recueillis par Bintou DIARRA Source : aBamako aBamako

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