A moins d’un an de la fin du quinquennat d’IBK : Plus de circonstances atténuantes !

59
Comme à l’accoutumée, tous les ans, nous avons plaisir à esquisser quelques lignes sur l’exercice annuel du régime d’IBK. Investi le 4 septembre 2013, le président de la République, Ibrahim Boubacar Keïta, a fêté ce 4 septembre 2017 le 4ème anniversaire de son accession à la magistrature suprême. Et son bilan est loin d’être à la hauteur des attentes du peuple. Les observateurs de la scène politique dénoncent logiquement un bilan négatif marqué par l’insécurité grandissante, la mauvaise gouvernance et surtout la corruption. Le processus dans l’impasse ? De la signature finale de l’accord de paix entre le gouvernement, les groupes armés et les rebelles, soit le 20 juin 2015 à nos jours, le Mali continue d’être endeuillé. Seulement pour l’année 2017, des centaines de personnes ont été tuées lors de divers incidents : attaques, explosions de mines, assassinats ciblés, violences intercommunautaires… Parmi les victimes, des civils comme des militaires, mais aussi des étrangers. En plus, un autre phénomène prend de l’ampleur : violences intercommunautaires qui occasionnent également des pertes en vies humaines. L’insécurité grandissante dans le nord, n’en parlons pas ! Arrêtons-nous seulement sur le cas du sud et du centre du Mali, où les assassinats de paisibles citoyens se font à longueur de journée. Sans compter les portés disparus, les otages, les déplacés, etc. «Ce sombre bilan post-accord de la paix ou accord d’Alger nous pousse à nous poser la question si sa signature ne s’est-elle pas muée en accord de la guerre», s’interroge Tiébilé Dramé, président du parti PARENA. Pour lui, l’insécurité a gagné le centre du pays et la mise en œuvre de l’accord pour la paix connaît un retard significatif. Pour le reste du mandat, il estime qu’Ibrahim Boubacar Keita devrait s’atteler à la bonne organisation de l’élection présidentielle pour assurer l’alternance. Ce constat est du reste partagé par Amadou Tiéoulé Diarra, avocat, chargé de cours à l’Université du Mali. À l’antenne de Studio Tamani, M. Diarra rappelle que le contexte de crise n’a pas été favorable au président IBK pendant ces quatre dernières années. Toutefois, il regrette que les promesses de lutte contre la corruption et la délinquance financière n’aient pas été à la hauteur des attentes. Selon eux, aucun calendrier de l’accord pour la paix n’a été respecté. La liberté d’expression est-elle en danger ? Le tableau de la liberté d’expression n’est pas reluisant au cours des deux dernières années de gouvernance d’IBK. Les hommes de médias et les activistes ont passé de sales moments. Pour rappel, le 17 août 2016, suite à la pression de la jeunesse dans les rues de Bamako pour la libération de l’activiste et animateur de radio Mohamed Youssouf Bathily alias Ras Bath, les autorités, pour montrer leurs muscles, n’ont rien trouvé comme moyen de dissuasion si ce n’était de bloquer les réseaux sociaux (Facebook et Twitter…) à travers tout le Mali, et cela, pendant plus de 48 heures. Nous avons également en mémoire la disparition mystérieuse d’un journaliste d’investigation, du nom de Birama Touré, depuis le 29 janvier 2016. Cette disparition a-t-elle un lien avec son métier ? Aucune hypothèse n’est à écarter. Une enquête a été ouverte depuis, mais nous sommes toujours sans nouvelle de Birama Touré, celui-là même qui s’apprêtait à faire son mariage civil. S’y ajoute le procès interminable de notre confrère Adama Dramé. Ce dernier a des ennuis judiciaires depuis plusieurs mois avec le fils du président de la République. Même si le tribunal de la Commune III avait vidé le dossier, Karim Keita continue de faire appel. Le procès Ammi Baba Cissé contre le président de l’Assemblée nationale, Issaka Sidibé, a aussi fait partie des tristes évènements de 2017. Gouvernance à terre ! IBK n’a certainement pas eu un temps de gloire en matière de gouvernance cette année. D’abord, ses ennuis ont commencé avec les multiples grèves des enseignants. Durant l’année scolaire 2016-2017, les grèves ont dépassé le record des heures standards de l’Unesco. Les agents de santé et travailleurs sociaux emprunteront le même chemin pour se faire entendre. Le syndicat national de la santé a observé une grève de 38 jours dans la période de canicule. Les agents de la direction nationale du travail et de la diplomatie sont aussi rentrés dans la danse. La question de la révision constitutionnelle a par ailleurs contribué davantage à creuser le fossé entre le président de la République et son peuple. Même si, selon ses partisans, des progrès ont été enregistrés dans plusieurs domaines, notamment la réforme de l’armée, l’emploi des jeunes et la promotion du genre. Bref, les partisans d’IBK peuvent se jouir, mais la réalité est toute autre. Zan Diarra Source : Soleil Hebdo Source : aBamako aBamako

LAISSER UN COMMENTAIRE

Please enter your comment!
Please enter your name here