Commune rurale de Baguinéda-Camp : Sous-développée malgré ses énormes potentialités

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La commune rurale de Baguinéda-Camp est située à 35 km de la capitale. Avec une superficie de 987,04 km2, sa population est estimée à plus 27.000 habitants. Elle est composée de 33 villages. Commune du cercle de Kati dans la région de Koulikoro, Baguinéda est une zone d’agriculture par excellence. Mais malgré ses énormes potentialités, elle peine à se développer à causede la mauvaise politique de gestion des autorités locales. La commune dispose de ressources naturelles importantes avec une forêt classée appelée la Faya sur une superficie de 80.000 hectares. Les produits de cueillette sont en abondance et bien commercialisés tout au long des routes. Les populations de la commune rurale de Baguinéda-camp vivent essentiellement des produits de l’agriculture. La partie Nord, bordant le fleuve Niger, se consacre à la culture du riz sur des terres aménagées par l’Office du Périmètre Irrigué de Baguinéda (OPIB). Baguinéda-Camp regorge des potentialités énormes et diversifiées dans plusieurs domaines de la vie sociale, économique et culturelle. Les industries de transformation et les petites unités alimentaires y sont implantées. Elle possède une plaine rizicole qui s’étend sur 40 km avec une couverture zonale de 19.708 hectares. Les cultures importantes sont le riz, le sorgho et le mil. Le canal favorise l’irrigation des terres aménagées pour 22 villages de la commune avec une irrigation basée sur la maîtrise totale de l’eau. La production de riz dans le périmètre irrigué fait plus de 700.000 tonnes par an. La production de mangues est estimée à 10 tonnes par hectare. Sans oublier un cheptel important et assez diversifié ainsi que l’existence de matériaux de construction (gravier, sable, argile latérite et les moellons). Malgré ses diverses potentialités et sa particularité par sa proximité avec la capitale, la commune de Baguinéda-camp fait face à d’énormes problèmes qui freinent son développement. Sa proximité avec la capitale influence les habitudes et les comportements des populations majoritairement jeunes qui sont tentées par l’immigration, à la recherche d’un mieux-être. Riche mais sous-développée Il faut ajouter également l’exploitation abusive des ressources forestières de la commune par les populations urbaines. La déforestation joue beaucoup sur la qualité et la quantité des produits de cueillette. Il y a aussi la faible mobilisation des ressources financières pour le développement en passant par la mauvaise organisation du système de commercialisation des fruits et légumes et la faible transformation des produits maraîchers et fruitiers. La spéculation foncière demeure l’un des problèmes majeurs de la commune. Les terres agricoles se confondent avec les habitations. Si les autorités communales et administratives ne se ressaisissentpas à temps, la commune n’aura plus de terres agricoles. Or, c’est une zone d’agriculture par excellence. Les jeunes qui sont restés dans la commune sont devenus des géomètres à la mairie sans aucune formation ni autorisation en la matière. Ils s’adonnent à des morcèlements abusifs souvent en complicité avec les enfants des propriétaires des champs pour mener une vie de luxe. Fodé Sissoko, un conseiller du chef de village et représentant de Toguna Agro-industrie à Baguinéda a expliqué que la campagne agricole de cette année a bien démarré contrairement à celle de l’année précédente où les champs de riz ont été victimes des diverses maladies malgré les traitements, causant ainsi une mauvaise récolte. Selon lui, cette situation a causé d’énormes dommages aux agriculteurs, mais l’OPIB a su calmer le jeu en annulant le payement des redevances eau. C’est pourquoi, cette année, les agents de l’OPIB ont été déployés sur le terrain pour assister les paysans afin de corriger les erreurs de l’année passée. Nous y reviendrons. Moussa Sékou Diaby Source : aBamako aBamako

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