G5 Sahel : Epreuve diplomatique pour IBK

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Commandant en chef d’une force qui a besoin d’argent, IBK aura surement du pain sur la planche à New York pour convaincre les puissances qui détiennent le cordon de la bourse. Sur les 277 milliards de francs CFA nécessaires à l’opérationnalisation de la force du G5 Sahel, seulement 71 milliards ont été mobilisés. Présents à New York pour défendre la cause de cette force, Ibrahim Boubacar Keïta et ses homologues de la sous-région arriveront-ils à ouvrir les vannes du robinet pour un Sahel en détresse? La Mali, comme les autres pays du G5 Sahel, ne veut plus perdre de temps après l’inauguration, le 9 septembre 2017 à Sévaré, de la base du commandement de la force. Ses troupes doivent venir des cinq pays membres: le Niger, le Burkina Faso, la Mauritanie, le Tchad et le Mali. Alors que les premières opérations devraient débuter octobre prochain, les groupes terroristes multiplient les menaces et les attaques. Le financement du G5 Sahel est une priorité parmi les priorités pour la sous-région et particulièrement le Mali. Il est prévu en marge de la rencontre, une réunion spécifique consacrée à la mise en place de la force conjointe qui a besoin du coup de pousse financier de pays plus nantis que la France qui est déjà en première ligne pour concrétiser ladite force. Malgré la faiblesse des moyens, la force sous régionale se montre déterminée à combattre les groupes terroristes. Sa mission consistera à traquer et débusquer les mouvements terroristes locaux. Des questions se posent toutefois sur l’efficacité de cette force dont les domaines d’intervention pourraient se confondre avec d’autres forces comme les casques bleus de l’ONU et la force française de Barkhane. Selon des observateurs, le défi financier reste le point faible du G5 Sahel qui n’a su mobiliser jusqu’ici que 71 milliards de francs CFA sur les 277 milliards nécessaires à l’opérationnalisation de la force. C’est ainsi que les promoteurs du G5 Sahel, dont la France, attendent beaucoup de la réunion de l’ONU en cours. Emmanuel Macron et ses homologues de la région comptent notamment sur la contribution des États-Unis et d’autres partenaires. L’administration Trump avait salué la création de la force multinationale africaine. Mais aucune aide financière n'avait été proposée par Washington qui contribue à près de 70% au budget de l’ONU. Londres est également cité parmi les ays réticents au financement de cette force qui est pourtant salué par tous les acteurs du processus de stabilisation du Mali. Autre défi pour la délégation d’IBK, c’est l’accélération du processus de paix au Mali. Dans la délégation présidentielle malienne se trouvent des responsables de groupes armés de la CMA et de la Plate-forme. Et peu avant cette réunion de l’ONU, il y a eu l’adoption par le Conseil de sécurité d’un régime sanctions contre ceux qui entraveront le processus de mise en œuvre de l’accord pour la paix et la réconciliation. Ce rendez-vous de New York met à l’épreuve le président IBK qui a entrepris un ballet diplomatique depuis plusieurs semaines. L’on se demande ce que représentera le G5 Sahel si les autres pays n’apportent pas la contribution financière attendue d’eux. Et par extension, quelle paix y aura-t-il au Mali avec des divergences d’approche sécuritaire? Soumaila T. Diarra Source : aBamako aBamako

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