Leçon de géopolitique : De terribles révélations sur la crise malienne refont surface

Timing suspect ou simple coïncidence ? Telle est la question que l’on pourrait se poser à la lumière des révélations qui reviennent de faire surface sur le web par l’intermédiaire du site d’informations en ligne, MarocLeaks. L’article très sulfureux accuse l’ex président français, Nicolas Sarkozy et ses ministres d’alors, Alain Juppé et François Fillon d’être les principaux instigateurs du déclenchement de la crise malienne avec la complicité active du président Amadou Toumani Touré. Si ces allégations ne sont pas à leur première mise en lumière, le timing de sa publication, un peu plus de 48 heures avant la célébration de la fête nationale du Mali, peut paraitre suspect. Selon l’article écrit par Julie Amadis, la Françafrique est l’auteur du scénario de la crise malienne. Les acteurs étaient les rebelles du MNLA et les terroristes islamistes, et le héros du film, l’armée française qui viendrait sauver le peuple malien livré à lui-même après la faille de l’appareil étatique du pays. Tout cela ne serait qu’un énorme complot qui n’aurait qu’une seule visée pour l’Hexagone, avoir le monopole des immenses richesses du septentrion malien tout en signant son grand retour sur le continent africain. Après l’élimination de Mouammar Kadhafi, la France aurait demandé aux rebelles du MNLA d’accueillir dans leurs rangs, leurs frères membres de la légion touarègue de l’armée libyenne lourdement armés. Et cela pour objectif, de combattre l’armée malienne. La France aurait alors promis aux rebelles du MNLA l’indépendance de l’Azawad en contrepartie d’une maitrise exclusive des richesses du nord malien. L’auteur de l’article ne cesse de citer des journaux pour apporter la preuve de ces allégations. Par exemple, elle cite le journal New York times qui révèle que l’Europe est en quelque sorte le bras financier d’AQMI avec 105 millions de dollars remis au groupe armé terroriste pour la libération des différents otages occidentaux. La France, elle seule, aurait remis 58 millions de dollars depuis 2008. La journaliste cite également dans son article le témoignage d’un ami du capitaine Sékou Traoré en opération au nord à l’époque. Selon ce dernier, dans la matinée du 20 janvier 2012, un téléphone satellitaire récupéré sur les terroristes sonnait. Et celui qui était au bout du fil était le président ATT. Celui-ci pensait trouver un des terroristes mais c’était le capitaine Sékou Traoré qui répondit. Pour l’ami du capitaine, sans aucun doute, cet épisode compromettant et inattendu, est à la base du massacre d’Aguelhok du 24 janvier pendant lequel le capitaine Traoré fut tué. Ces informations, sont bien évidemment à prendre avec des pincettes, vu leur extrême gravité. Mais, si l’on peut difficilement vérifier la véracité de telles accusations, l’on peut, tout au moins, s’interroger sur son timing. Pourquoi publier de telles informations maintenant ? Pour rappel, elles avaient déjà été distillées en 2013. Qu’elles soient vraies ou fausses, la présence même d’autant de forces armées étrangères sur le sol malien pour assurer l’intégrité du territoire du Mali prouve à suffisance que le pays est loin de la volonté d’indépendance tant souhaité par les devanciers. Que la France revienne en force dans une de ses ex colonies pour lui sauver la vie a de quoi, faire sursauter nos pères de l’indépendance et nos illustres aïeux, tant patriotes et fiers à la fois. Aujourd’hui, le Mali a 57 ans. Et il se cherche toujours. Doit-on toujours accuser l’autre de tous nos maux alors que dans le même temps, nous prenons le contrepied de la gouvernance vertueuse ? Car, ne l’oublions pas, si l’Occident pille l’Afrique, c’est pour l’intérêt de son peuple, alors que les dirigeants du continent pille leur peuple pour s’enrichir eux-mêmes. Et devant ce spectacle si désolant, l’on accuse les occidentaux de vouloir nous piller, tout en trouvant normal le vol des deniers publics par nos dirigeants. Peut-on avoir pitié d’un peuple qui n’a pas pitié de lui-même ? Triste anniversaire d’indépendance pour le Mali, plus que jamais occupé par des forces étrangères. Ahmed M. Thiam Source : aBamako aBamako

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