Spécial 22 septembre: Protection des forêts et de la faune : L’OPNBB, un exemple de réussite

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Le parc national de la boucle du Baoulé et les réserves de faune adjacentes ont été créés entre 1954 et 1959 par l’administration coloniale. Le complexe comportait un parc national et trois réserves de faune adjacentes, dont la gestion est confiée à l’Opération parc national de la boucle de Baoulé (OPNBB), créée en 1972 et rattachée à la direction nationale des Eaux et Forêts (DNEF). Ce complexe érigé en réserve de biosphère a été classé comme patrimoine mondial de l’UNESCO en 1982. Ce statut fait de cette zone un patrimoine naturel et scientifique mondial avec des obligations internationales en matière de conservation de la diversité biologique par la mise en œuvre du plan de Séville (Espagne), celui de Madrid (Espagne) et le plan Lima (Pérou) soutenus par les Objectifs de développement durable 2017 (17-ODD). Située dans la partie sud-ouest du pays, au sud de la rivière du Baoulé, elle est à cheval sur les Régions de Kayes et de Koulikoro dans les cercles de Diéma, Kita, Kati et Kolokani. Elle s’étend sur tout le territoire de la réserve de biosphère, ainsi que sur les deux réserves de faune totale (Kéniébaoulé et Talikourou) et sur les trois forêts classées (Baoulé, Bossofala et Nafadji). La mission première de l’OPNBB est la conservation de la faune et son habitat et la protection de la diversité biologique, la programmation, la coordination, l’animation et le controle des activités du service. Elle conçoit et veille à la mise en œuvre de la politique de développement du secteur de la faune et de son habitat. La structure assure la promotion et la modernisation des filières de la faune dans le cadre d’une gestion durable des ressources fauniques. Elle élabore et veille à l’application de la réglementation relative à la faune et son habitat. D’autres missions portent sur la conception et la veille de la mise en œuvre de programmes et d’actions dans les domaines de l’appui conseil, de l’animation, de la vulgarisation, de la formation et de l’information à l’attention des acteurs de la filière. Elle centralise, traite et diffuse les informations et données statistiques se rapportant au secteur de la faune. Dans le cadre des réalisations de l’OPNBB, un total de 26 espèces de faune a été recensé au cours du suivi écologique dans la réserve. Selon le directeur de l’OPNBB, Alhassane Touré dit Sandy, l’espèce la plus répandue des 26 est le Phacochoerusaethiopicus (Phacochère) qui a été rencontrée dans presque toutes les zones de la réserve, excepté la forêt classée de Bossofala. Quant aux espèces abondantes, on retient les primates Papiopapio (Babouin de guinée) et Erythrocebus patas (Singe rouge) avec respectivement, environ 623 et 350 individus recensés. Pour améliorer ses performances, l’OPNBB mise sur le développement du partenariat public-privé. Ainsi, elle a donné la main à l’entreprise malienne de bois » EMAB « , ancienne société d’Etat, en place depuis les années 1950. Cette société est réputée dans l’ébénisterie, la menuiserie et la scierie (confection des tableaux d’art, des meubles etc.). Suite au programme d’ajustement structurel de 1988, elle fut privatisée et a pris la dénomination de Entreprise Fumagine, avant de se muer en Générale industrie de bois » G I B « . Comme l’EMAB, la GIB a poursuivi les mêmes activités d’exploitation de bois d’œuvre dans différentes zones du pays et de transformation en des produits finis et semi finis. La dégradation accélérée des ressources ligneuses est aujourd’hui une évidence, constate Moussa Touré, directeur de la GIB. Prenant conscience de cette situation, la GIB a contribué au financement des campagnes de reboisement de 2014, 2015, 2016 des directions régionales de Kayes, Koulikoro, Sikasso et du District de Bamako. En outre, elle a assuré la prise en charge de la formation des agents du district de Bamako et des exploitants forestiers conformément à la loi N° 10-028 du 12 juillet 2010 portant principe de gestion des ressources du domaine forestier national. Au regard du fait que l’activité principale de l’usine repose sur l’exploitation forestière et la transformation du bois, mais également pour une meilleure application des dispositions de cette loi, la GIB a créé la Société de gestion forestière Abdoulaye Halidou Cissé (SGFAHC). Cette dernière a pour objet de participer à l’aménagement forestier national à travers la contractualisation de la gestion forestière par le financement des études techniques d’élaboration des plans d’aménagement et de gestion des massifs du domaine forestier national ainsi que leur mise en œuvre avec la participation des collectivités territoriales et des populations riveraines. Cette société créée en 2014 s’est fixée pour mission de participer aux différentes campagnes de reboisement et la prise en charge de la formation des agents forestiers et exploitants. Grâce à ce partenariat, la Réserve de biosphère de la boucle du Baoulé prend un nouveau souffle au bénéficie de la protection du couvert végétal, de la faune et de son habitat. Ce qui a valu au service les félicitations de l’UNESCO pour les progrès réalisés. Cheick Amadou DIA Source : aBamako aBamako

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