Mali : les groupes armés du Nord enterrent la hache de guerre

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A Bamako, mercredi, un accord de cessez-le-feu définitif a été conclu entre les ex-rebelles indépendantistes et les groupes armés pro-gouvernementaux. Leurs affrontements paralysaient le processus de paix signé à Alger en 2015.

Les guerriers du nord du Mali ont fait la paix. Mercredi, à Bamako, des représentants de la Coordination des mouvements de l’Azawad (CMA, ex-rebelles indépendantistes) et de la Plateforme (groupes armés pro-Bamako) ont convenu d’un cessez-le-feu définitif. Autour de la ville de Kidal, depuis plus d’un an, les frères ennemis touaregs se menaient une guerre d’usure, faite d’escarmouches, d’attente dans les postes avancés du désert et de raids meurtriers. Leur rivalité, sur fond de bataille clanique, avait de fait gelé la mise en œuvre de l’accord de paix d’Alger signé en juin 2015. «Le représentant spécial de l’ONU au Mali, le Tchadien Mahamat Saleh Annadif, a fait du bon travail, indique un connaisseur du dossier. L’accord est robuste. Mais les quinze prochains jours seront cruciaux : il ne faut surtout pas de dérapages.» Durant ce délai de deux semaines, le texte prévoit notamment un retour des combattants de la Plateforme sur le site de Takalot, à 40 kilomètres de Kidal, qui était passé aux mains de la CMA. «Il s’agit d’une petite concession pour permettre au Gatia [important groupe armé de la Plateforme, ndlr] de sauver la face, poursuit le spécialiste. La CMA, en position de force, avait regagné du terrain et délogé le Gatia de toute la région de Kidal. Mais l’accord ne devait pas consacrer à 100% leur défaite.» A petits pas Le document prévoit également «la libération des détenus» (20 prisonniers seraient aux mains de la CMA, selon un cadre du mouvement), l'«engagement à ne protéger aucun auteur de crimes» et la relance du processus de paix d’Alger. A Kidal, l’organisation de patrouilles mixtes – où combattants de la CMA, de la Plateforme et soldats maliens opéreraient côte à côte – a été tant de fois repoussée qu’aucune date, cette fois-ci, n’a été gravée dans le marbre. «Mais un nouveau chronogramme a été discuté avec le gouvernement, il devrait être arrêté dans les prochaines semaines», assure un membre de la CMA. Le retour de l’Etat malien dans le nord du pays pourrait donc recommencer à avancer, à petits pas. Mardi, le gouverneur de la région de Kidal, Sidi Mohamed Ag Icharach, a pu poser ses valises dans cette ville qui échappe au contrôle de Bamako depuis que l’armée malienne en a été chassée en 2012. Une base de plusieurs centaines de soldats français de l’opération Barkhane y est implantée, ainsi que l’un des plus gros camps de la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations unies au Mali (Minusma). Malgré cette armada, la «capitale» des Touaregs est loin d’être une ville sécurisée. Les attentats revendiqués par les groupes jihadistes n’ont jamais cessé. Le jour de la signature de l’accord de paix à Bamako, une «attaque complexe» à la roquette et aux mortiers a visé simultanément le camp de la Minsuma et deux postes avancés. La veille, 130 kilomètres plus au nord, deux Casques bleus ont été tués en sautant sur une mine. Lire la suite sur:http://www.liberation.fr/planete/2017/09/22/mali-les-groupes-armes-du-no... Par Célian Macé Source : Africatime Africatime

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