Persécution et rétention des immigres maliens dans des camps de concentration en Algérie : Le Csdm dénonce le silence des autorités maliennes face à ce désastre

Afin d’alerter l’opinion publique malienne sur les conditions exécrables des Maliens refoulés d’Algérie, le président du Conseil supérieur de la diaspora malienne (Csdm), Mohamed Chérif Haïdara, a animé une conférence de presse le samedi 30 septembre à son siège aux 300 logements. Au cours de laquelle, il a exprimé son indignation et son incompréhension face aux graves atteintes aux droits de l’homme perpétrées en Algérie contre nos compatriotes maliens. Pour la circonstance, il était entouré de son secrétaire administratif, Mahamoud Farka Maïga, ainsi que de plusieurs membres de son organisation. Selon le conférencier, il était très difficile de voir l’État algérien refouler nos compatriotes africains candidats à l’immigration, en particulier les Maliens. Mais ces derniers temps, ce phénomène est récurrent de la part de notre grand voisin du nord. Pour le président du Csdm, bien que l’Algérie soit un État souverain, elle n’a jamais exigé la carte de séjour aux Maliens vivant sur son sol. Mais subitement, elle a décidé de refouler tous les immigrés illégaux y compris les Maliens. “Nous avons interpelé plusieurs fois la Délégation des Maliens de l’Extérieur afin qu’elle puisse prendre des dispositions pour faire face à la catastrophe que l’Algérie prépare. Et si rien n’est fait, nos compatriotes seront traqués, arrêtés et entassés dans un camp non loin de Tamanrasset en vue de leur future expulsion. Et ce, depuis le début de la construction de ce camp. Malheureusement, cela n’a pas été entendu, malgré que nous ayons reçu des garanties de la part de la Délégation des Maliens de l’Extérieur à travers une correspondance. Nos frères et sœurs sont dans ce camp depuis plus de deux mois. Nous avons enregistré plus de trois décès”, a-t-il déploré. Indignation et incompréhension du Csdm face aux graves atteintes À ce titre, le Csdm exprime son indignation et son incompréhension face à ces atteintes graves aux droits de l’homme perpétrées en Algérie contre nos frères africains, en particulier contre nos compatriotes maliens. Avant d’exprimer son incompréhension à propos du silence des autorités maliennes face à ce désastre humanitaire qui s’abat sur nos compatriotes retenus dans un camp de concentration en Algérie. Et de poursuivre qu’à l’issue de différentes rencontres, le Csdm a compris que la Délégation des Maliens de l’Extérieur n’est pas impliquée dans la gestion de nos compatriotes établis en dehors de nos frontières. “Le ministre des Maliens de l’Extérieur effectue ses voyages, fait ses tournées, sans la présence d’un seul journaliste. Il rencontre les Maliens de la diaspora qui étalent leurs doléances. Et à son retour, il fait des comptes-rendus qu’il veut, sans qu’il y ait le moindre reportage d’un organe de presse censé relayer les réelles préoccupations des Maliens de l’Extérieur. Nous pensons que cette attitude du Ministre est à dénoncer. Cela fait plus de quatre ans qu’il est à poste, nous n’avons jamais eu de problèmes que pendant ces quatre dernières années”, a-t-il laissé entendre. Il a saisi l’occasion pour inviter l’État algérien au respect strict des conventions internationales par rapport au respect des droits des immigrés. “Les relations entre nos deux pays sont si denses et diverses qu’elles valent à l’Algérie d’être désignée médiateur en chef pour un retour définitif de la paix au Mali. Nous invitons nos plus hautes autorités à saisir celles d’Algérie afin que celles-ci mettent fin aux violences récurrentes sur les citoyens maliens“, a fulminé le président du Csdm. Mesures urgentes pour le retour rapide des Maliens concernés Il ajoutera que son organisation redoute une dégradation de la situation au regard de la réaction parfois tardive des services humanitaires internationaux aux procédures fastidieuses. C’est pourquoi, dit-il, le Csdm exhorte le gouvernement malien à prendre les mesures urgentes pour un retour rapide des Maliens concernés dans les meilleures conditions de dignité. À sa suite, le secrétaire administratif du Csdm a rappelé que, depuis quelques jours, les immigrés africains subissent une résurgence de maltraitance en Algérie. Selon lui, des centaines de personnes dont des femmes et des enfants sont littéralement persécutés et jetés sans ménagement dans la zone frontalière de Tamanrasset. “Les conditions infernales de vie dans ce désert aride sont connues de tous et laissent présager d’énormes souffrances que vivent ces innocents si rien n’est entrepris très rapidement”, s’est-il indigné. Respect des conventions et traités relatifs aux droits des immigrés À ses dires, le Csdm a toujours fait le choix de bien assumer la défense des intérêts matériels et moraux des Maliens de la diaspora en toutes circonstances, à travers sa contribution à la mise en œuvre de la Politique nationale de la migration. Le Conseil travail également en synergie avec les représentations diplomatiques et consulaires dans la défense et la protection des Maliens de la diaspora. “Nous portons assistance à nos compatriotes de l’Extérieur à travers des actions de solidarité et d’entraide susceptibles d’améliorer leur condition de vie. Nous participons aux différentes campagnes de vulgarisation et de sensibilisation sur le respect des conventions et traités auxquels le Mali a adhéré et qui ont trait à la migration, à la protection des migrants et à tout autre domaine ou sujet se rapportant aux intérêts du pays et de la diaspora malienne”, a-t-il conclu. Boubacar PAÏTAO Source : aBamako aBamako

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